Le charme au naturel du Témiscamingue

Nathalie Schneider Collaboration spéciale
Le parc national d’Opémican, le dernier-né du réseau de la SEPAQ, a ouvert ses portes en 2018.
Photo: Alija Bos Le parc national d’Opémican, le dernier-né du réseau de la SEPAQ, a ouvert ses portes en 2018.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Il a quelque chose qui touche à l’humilité, ce territoire qui ne fait guère parler de lui. Accolé à l’Abitibi, dont il partage la frontière et la région administrative, le Témiscamingue est fait pour ceux qui préfèrent l’authenticité à l’éclat, et la sérénité à l’agitation. Bienvenue au cœur de forêts à perte de vue, de lacs miroitants et de rivières impétueuses. Moins d’un habitant par kilomètre carré et tout ce qu’il faut pour vous charmer : une plaine agricole infinie, une nature omniprésente et quelques villes et villages qui vous parlent au cœur, même sans le faire exprès. Les petits secrets bien gardés y sont légion. Et le plein air se pratique ici bien souvent en autonomie et dans une intimité rare avec la nature. Voici quelques pistes pour vous donner l’envie d’explorer une partie de ce far west québécois qu’on ne connaît pas assez.

Randonnée Récré-Eau des Quinze

Ce réseau de sentiers de randonnée de 25 km suit le bassin hydrographique formé par la rivière des Outaouais et le réservoir des Quinze, avec une multitude de points de vue sur les paysages lacustres. Tantôt sous couvert forestier, tantôt au bord de l’eau, il raconte à lui seul l’histoire ancienne de l’occupation du territoire. Celle des Anichinabés qui l’arpentaient pour la chasse ou la trappe, et celle des premiers colons qui y faisaient commerce. Celle, encore, du développement hydroélectrique dont on aperçoit encore la trace avec les petites centrales Rapides-des-Quinze et Rapides-des-Îles.

Véloboucles témiscamiennes

Sur les 230 km de ce réseau cyclable, il y a certainement plusieurs sections à même de séduire l’amateur de cyclotourisme. Comme la boucle Notre-Dame-du-Nord, qui passe par Guérin et Angliers, avant de revenir à son point de départ, 61 km plus loin. Ou celle de Ville-Marie, la charmante cité nichée au bord du lac Témiscamingue, qui traverse Saint-Bruno-de-Guigues, Laverlochère et Lorrainville. Les paysages y sont champêtres à souhait, ce qui impose de multiplier les arrêts pour les contempler. En tout, sept circuits composent le réseau et le faible dénivelé de la route asphaltée permet de les recommander à tous.

Canot au Parc national d’Opémican

Ce vaste territoire lacustre, marqué par la présence des Anichinabés et par l’histoire du flottage de bois, est situé entre les grands lacs Témiscamingue et Kipawa. Quatre secteurs morcelés composent ce dernier-né du réseau de la SEPAQ. Celui de la Rivière-Kipawa, particulièrement sauvage, est le décor idéal pour mener une expédition en canot ou en kayak sur l’immensité du lac éponyme, ponctué d’un dédale d’îles et d’îlots. Des dépôts de canots permettent de commencer la descente à plusieurs endroits stratégiques. En fin de journée, on plante sa tente sur un emplacement désigné, sur le rivage ou sur une île « privée », et on saisit l’instant avec le chant du huard en trame sonore.

Randonnée sur le circuit des Conduites forcées

Si vous demandez à des locaux de vous dévoiler leur petit trésor caché, ils vous parleront sûrement de ce sentier de Témiscaming, reflet de la vocation industrielle de la région. Celui-ci emprunte le parcours des grandes conduites dans lesquelles circulait l’eau depuis le barrage de Lumsden jusqu’à la centrale hydroélectrique Kipawa. Cette mise en valeur des vestiges industriels en dit long sur la volonté de la municipalité de renforcer son attractivité touristique. Le long du parcours, le sentier promet des coups d’œil sur le lac Témiscamingue jusqu’à un belvédère panoramique.

Kayak autour de l’île rémignoise

Fondée il y a tout juste 100 ans au nord du Témiscamingue, la municipalité de Rémigny compte 17 lacs, dont le lac des Quinze et le lac Rémigny. En trois ou quatre jours, on peut en faire le tour en kayak de mer et contempler ce milieu naturel à l’écart du monde et de l’animation. En chemin, ce ne sont qu’escarpements rocheux sur lesquels poser sa tente (mieux : dormir à la belle étoile !), plages de sable fin et forêts de grands pins et de bouleaux jaunes. Un petit paradis isolé où l’on dort autour du feu, sur des sites de campement désignés, bercé par le hurlement des loups. Il n’est pas rare d’y observer un orignal s’abreuvant au petit matin.

Randonnée à la Pointe-aux-Roches

Elle semble plonger dans le magnifique lac des Quinze, alimenté par la rivière Ottawa, cette pointe où serpente un réseau de sentiers multifonctionnels de 10 km, qu’on prend à pied ou à vélo depuis le charmant village de Latulipe. Si certains tronçons sont d’accès facile, d’autres, comme ceux du Sommet ou de la Pointe panoramique, certains exigent un peu plus d’effort, répartis qu’ils sont en milieu montagneux. Les cinq points de vue sur le lac sont à couper le souffle. Ce parcours admirable pénètre au cœur d’une forêt mixte ancienne.

Une coopérative pour organiser ses vacances

La toute récente Coop de l’arrière-pays, située au Témiscamingue, conçoit et organise des escapades et des séjours en pleine nature selon les besoins de sa clientèle : des forfaits d’aventure avec service de transport de bagages, hébergement et, même, service de livraison de nourriture d’expédition. Un service de location d’équipement est également offert (canot, vélo, sac à dos et tente de camping).

   

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