Il court, il court, le sentier

Nathalie Schneider Collaboration spéciale
La Traversée de Charlevoix fait partie intégrante du Sentier national depuis 1998.
Photo: Dominique Caron La Traversée de Charlevoix fait partie intégrante du Sentier national depuis 1998.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Le Sentier national se déploie sur 1697 km à travers neuf régions du Québec. Un incroyable terrain de jeu pour les amoureux de randonnée.

Créer un trait d’union entre les deux océans,d’un bout à l’autre du pays, consacré à la randonnée pédestre : c’est le rêve un peu fou que partagent quelques amoureux de plein air dans les années 1970. L’idée de départ, c’est de réaliser un immense sentier linéaire traversant les provinces canadiennes. L’Association canadienne du Sentier national voit le jour en 1977 et quelques sections sont achevées notamment dans l’Ouest et du côté d’Ottawa. Mais c’est au Québec que le projetavance le plus vite, porté par une forte communauté de mordus de randonnée. Jusque dans les années 2000, d’ailleurs, les deniers publics du Québec sont mis à contribution pour soutenir le traçage puis la création de sentiers et d’infrastructures liés auréseau national. Mais cet engagement ne dure pas et le projet dépend peu à peu de l’implication bénévole.

1697 km à travers le Québec

Depuis trois ans, Rando Québec, le promoteur du Sentier national, travaille sur le raccordement de tronçonsqui traversent des parcs nationaux ou régionaux, des réserves fauniques ou des zones d’exploitation contrôlée (ZEC),dans les milieux montagneux des régions situées au nord du Saint-Laurent. Mais, avec le temps, la vision de Rando Québec a quelque peu évolué par rapport au plan initial : « La linéarité à tout prix, c’est une idée qu’on a dû s’enlever de la tête, explique Grégory Flayol, coordonnateur du Sentier national au Québec, chez Rando Québec. On a compris que le Sentier national devait être conçu comme un sentier de longue randonnée qui englobe d’autres régions, comme les Cantons-de-l’Est, qui ne figuraient pas dans le projet d’origine. »

L’idée, selon Rando Québec, est de ramifier la « colonne vertébrale » du Québec pédestre avec d’autres boucles régionales pour en faire un vaste réseau interrégional.

Image: Rando Québec

Miser sur la pérennité

Créer des sentiers et les entretenir, ça coûte cher : en 2017, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur octroie à Rando Québec une enveloppe de 434 000 $, vouée au développement du Sentier national. « Ce budget nous a permis de mobiliser les Unités régionales de loisir et de sport pour agir comme les leaders de tables de concertation régionales autour du Sentier national, indique Grégory Flayol. L’objectif était que le projet repose sur une véritable implication des acteurs régionaux. »

En outre, depuis 2019, en vertu du Programme de soutien à la mise à niveau et à l’amélioration des sentiers et des sites de pratique d’activités de plein air, les gestionnaires de territoires voués au plein air ont pu bénéficier d’une subvention gouvernementale de cinq millions de dollars. Car si certaines municipalités peuvent se montrer généreuses à l’égard des lieux de pratique du plein air, d’autres n’accordent aucune aide financière. « Dans certaines MRC, on continue à voir le plein air comme un secteur qui coûte cher et qui ne rapporte pas grand-chose », résume le coordonnateur du Sentier national. Pourtant, l’idée de sillonner le territoire à pied est, en soi, un formidable produit d’appel touristique, car cela renvoie à une tradition : autochtone, d’abord, mais aussi reliée à la colonisation et aux coureurs des bois. « Pas nécessaire d’être un marcheur au long cours pour s’imprégner de ce qui fait le charme de la randonnée : les parfums des sous-bois, les feuilles qui craquent sous les pas, le vent qui joue dans les arbres », résume Grégory Flayol.

Quelques randonnées

La boucle du refuge La Faille (Charlevoix)

Ce sentier de 6 km, de niveau intermédiaire, fait partie du magnifique sentier des Caps de Charlevoix. Il est ainsi nommé parce qu’il permet d’observer une vaste faille géologique et passe par un refuge parfait pour une halte dîner. Son atout majeur : la multitude de points de vue sur le fleuve, L’Isle-aux-Grues et sur les montagnes charlevoisiennes.

Le sentier du mont Ouareau (Lanaudière)

Ce circuit linéaire de 13 km se fait tout en douceur avec une ascension progressive croisant plusieurs lacs : Archambault, Ouareau et Lemieux. Au sommet, la vue sur les lacs et sur la mer de montagnes qui se déploie devant soi est spectaculaire.

Le sentier des Falaises (région de Québec)

De niveau avancé, ce sentier linéaire de 17 km se parcourt en deux jours avec nuit en refuge. Il est particulièrement spectaculaire en panoramas, mais au prix d’une ascension plutôt sérieuse (573 m de dénivelé positif). La nuit en refuge, à 600 m d’altitude, est une expérience inoubliable.


 

Rando Québec propose des fiches « Prêt-à-partir » qui détaillent des sections du réseau en randonnées d’un ou de plusieurs jours, avec carte et information complète (accès, dénivelé, hébergement, etc.).