Voyager pour la forme

La forme, c’est aussi régénérer l’esprit par la méditation, le yoga ou des massages.
Photo: iStock La forme, c’est aussi régénérer l’esprit par la méditation, le yoga ou des massages.

Les voyages sont souvent des ennemis de la forme physique. On part en bonne condition, on revient la tête reposée… mais le corps fatigué. Comment garder, en déplacement, une forme bâtie notamment à force d’entraînement ?

Les longs déplacements, en avion, en train, en autocar ou en voiture, peuvent causer des problèmes de dos. Des entraîneurs recommandent alors de garder la colonne vertébrale à un angle de 110 degrés (20 degrés de moins que la verticale), ce qui réduit la pression sur les vertèbres et les muscles dorsaux.

On peut aussi maintenir les pieds dans une position élevée et faire des étirements pour favoriser la circulation sanguine. Et ne pas manquer une occasion de marcher et de prendre l’air, sauf en avion, bien sûr !

À l’arrivée, toutefois, c’est le repos et non l’activité physique qu’il faut privilégier pour rester en forme. La fatigue du voyage ajoutée à celle de l’exercice pourrait affaiblir une personne au point de la rendre vulnérable à contracter un rhume, une grippe ou un autre problème lié à une lassitude.

Photo: Benoit Legault Une randonnée d'exploration dans les Badlands de l'Alberta

Néanmoins, il est toujours souhaitable de faire des étirements, même si on est épuisé.

Le lendemain de l’arrivée, après un bon repos et un bon repas, on pourra alors entreprendre une activité physique.

Déplacements actifs

Certains déplacements permettent de voir du pays tout en bougeant : marche rapide, jogging, patin à roues alignées ou même canot et kayak pour aller d’un point à l’autre d’une destination.

Il y a des systèmes de vélopartage, du genre Bixi, dans la plupart des villes du monde occidental.

Avant de partir, vérifiez quels sont les réseaux de pistes cyclables et planifiez votre voyage en conséquence. Par exemple, à San Antonio, au Texas, il est possible depuis peu de rejoindre les missions espagnoles au sud de la ville par une belle piste cyclable qui longe une rivière depuis le centre-ville.

L’été dernier à Lausanne, en Suisse, courir sur huit kilomètres depuis le centre-ville m’a permis de voir des portions du lac Léman inaccessibles en voiture et même à vélo.

Photo: iStock

Et pour faire du jogging à l’extérieur, mieux vaut s’entraîner le matin, alors que le niveau de pollution est au plus bas dans les endroits très pollués, comme en Asie.

En hiver, le traîneau à chiens, la raquette et le ski sont des occasions d’explorer des attraits touristiques nordiques moins faciles d’accès autrement. Tandis que le patin permet de bien profiter de certains aménagements hivernaux remarquables.

On pense bien sûr à la patinoire du canal Rideau, à Ottawa, mais aussi à celle de la rivière L’Assomption, à Joliette, à moins d’une heure de Montréal.

Certains voyages sont carrément axés sur le sport. Pensons au Grand Tour Desjardins, qui fera cette année pédaler les cyclistes du Saint-Laurent aux Appalaches.

Aussi, le Club Med Sandpiper de la Floride se veut la plus grande école de sport au monde. Quant aux forfaits de golf, ils ne manquent pas dans le monde.

 

Forme contemplative

La forme, c’est aussi régénérer l’esprit par la méditation, le yoga ou des massages. Certains pays d’Asie, la Thaïlande en particulier, proposent de tels services, meilleurs et moins chers que partout ailleurs. Aux États-Unis, l’Arizona est une grande destination de mise en forme grâce à ses spas remarquables (comme le Well Being Spa du Fairmont Scottsdale Princess). L’État compte aussi des lieux d’exception, comme Sedona, une ville réputée comme centre énergétique (un vortex) par les amateurs de yoga. L’air sec de l’Arizona favorise également une mise en forme agréable et confortable.

Photo: Benoît Legault De nombreux centres de villégiature mettent des embarcations à la dispositions des voyageurs.

Installations existantes

Les hôtels, ceux de luxe en particulier, offrent des installations ludiques qui permettent parfois d’avoir des points de vue nouveaux sur les destinations. Ainsi, la piscine extérieure de l’hôtel Chelsea de Toronto, un établissement 3 étoiles, offre des vues imprenables sur le centre-ville. À Québec, la piscine du Hilton est chauffée à l’année, tout comme celle du Hilton Lac-Leamy à Gatineau. Aussi, les grands hôtels ont de bonnes salles d’entraînement.

D’autres ont des piscines intérieures si grandes et si belles qu’elles méritent un séjour juste pour elles. Celle du Fairmont Château Laurier d’Ottawa est célèbre pour son architecture Art déco. C’était l’habituelle piscine de mise en forme de l’athlétique ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

Trudeau père aimait bien aussi faire du canot. Le kayak de mer, plus efficace, l’a souvent remplacé, mais le canot reste un moyen ludique et plus confortable d’explorer la nature exceptionnelle du pays. De nombreux hôtels et centres de villégiature mettent des embarcations à la disposition des clients.

Dans le Sud, plusieurs d’entre eux ont au moins un court de tennis. Mieux vaut apporter sa raquette et ses balles pour rester autonome. Prendre des leçons y est souvent moins cher qu’au Canada.

Photo: Benoît Legault Une partie de hockey improvisée sur la patinoire publique du centre-ville de London, en Ontario

Sentiers non battus

La forme physique, ce n’est pas seulement le cardiovasculaire, la musculation et les étirements. Une personne sportive doit conserver une excellente coordination. Il faut donc faire des activités inhabituelles pour forcer le cerveau à sortir de sa zone de confort. Ça pourrait être, par exemple, de jouer au tennis de la main gauche pour un droitier, ou encore de faire des activités spéciales.

Pourquoi ne pas essayer de jouer aux quilles ou au curling ? C’est bon pour la coordination, la forme, et ça permet de rencontrer des gens à l’étranger — une belle richesse à une époque où les voyages redeviennent de plus en plus basés sur la rencontre avec l’autre.

Enfin, la danse est une activité physique formidable, car elle favorise à la fois la forme et la coordination. Et ce ne sont pas les occasions de danser qui manquent en voyage.
 

L’aéroport, c’est du sport

Dans l’immense aéroport Baltimore Washington International, on a ouvert la semaine dernière le seul gym situé dans la zone sécurisée d’un aéroport américain. Vingt autres aéroports états-uniens devraient être dotés de pareilles installations d’ici 2020.

Les aéroports sont reconnus pour être des lieux stressants où des voyageurs confinés à des lieux exigus attendent de passer dans un environnement encore moins sain : un avion de ligne. Toutefois, ça change. L’aéroport de Singapour ressemble à un jardin botanique. Le parisien Charles-de-Gaulle comprend un espace extérieur, dans la zone sécurisée, où on peut prendre l’air et du soleil.

Les Américains, eux, réclament et obtiennent de salles de sport et de yoga, et même des pistes de jogging. « Beaucoup de voyageurs arrivent de la côte ouest vers 6 h 30 le matin par des vols de nuit. Trop tôt pour s’enregistrer à l’hôtel. Notre gym leur permet de faire du sport et leur toilette avant de se présenter à une réunion d’affaires », expliquait récemment sur ABC News Cynthia Sandall, directrice du gym ROAM Fitness à l’aéroport Baltimore Washington International.

Les salles sportives aéroportuaires fonctionnent bien dans des plaques tournantes, comme Toronto, avec son gym GoodLife Fitness. Alors que celui de l’aéroport de Las Vegas a fermé, car c’est une destination plutôt qu’une plaque tournante, rapporte aussi ABC News.

L’aéroport Dallas-Fort Worth International comporte un studio de yoga, une piste de marche rapide et deux escaliers de 55 pieds qui procurent un défi cardiovasculaire. Tandis qu’au Baltimore Washington International, on peut aussi louer des vélos et parcourir une piste de quelque 20 kilomètres tout près de l’aéroport.

La mise en forme dans les aéroports est une tendance lourde. Il était temps.