Un peu de «slow» jardinage en attendant les premiers gels

Dany Bouchard
Jardinier et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
D’ici quelques semaines, nous sortirons tous les légumes racines (dont les carottes) qui restent au potager.
Photo: Getty Images D’ici quelques semaines, nous sortirons tous les légumes racines (dont les carottes) qui restent au potager.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

La température de cet automne a été des plus chaudes. Les nuits sous les dix degrés Celsius ont été très rares dans plusieurs régions du Québec, et ce, jusqu’à la mi-octobre. Alors que les premiers gels arrivent normalement à la fin septembre en Estrie, ils se faisaient encore attendre au moment où cette chronique était écrite. Sans tomber dans une analyse complète des bulletins météo, on peut dire que les cultures encore au potager en ont profité.

L’un des avantages d’avoir encore des cultures au jardin à cette période de l’année est qu’elles poussent désormais très lentement. Elles nécessitent donc peu d’entretien et d’arrosage. La concurrence des herbes indésirables, les fameuses mauvaises herbes, n’est plus ce qu’elle était en juin. Les insectes ravageurs se préparent à hiberner et causent donc peu de dommages. Ainsi, le potager agit comme un garde-manger jusqu’à la récolte.

D’ici quelques semaines, nous sortirons tous les légumes racines qui restent au potager. Ce sont majoritairement des légumes pour la conservation longue. La tradition ne date pas d’hier. Les caves étaient remplies dans pratiquement toutes les maisons de campagne il n’y a pas si longtemps ! Aujourd’hui, comme on connaît davantage de cultures qui se prêtent bien à ce type d’entreposage, il est possible de profiter d’une diversité plus grande qu’à l’époque. Parfois, avoir la possibilité d’alterner deux variétés de betteraves en hiver permet d’ajouter couleurs et saveurs à nos assiettes. Les radis melons et leur couleur éclatante transforment un plat en une œuvre d’art. L’hiver est loin d’être gris lorsqu’on regarde l’éventail de choix que nous offrent les légumes d’ici.

Laver ou ne pas laver ?

Une des questions qu’on me pose souvent avec l’entreposage des légumes racines concerne le lavage de ceux-ci. Est-il préférable de les laver avant de les entreposer ou de les laver seulement lorsqu’on les utilise ? Autrement dit, quelle méthode permet de préserver leur qualité le plus longtemps possible ?

Il existe deux écoles de pensée à ce sujet. Prenons les carottes comme exemple. D’un côté, laisser la terre sur les carottes offre une protection et une zone tampon pour l’humidité. La terre joue le rôle d’une éponge qui transmet ou retient l’humidité à la carotte selon ses besoins. À la récolte, c’est une approche très simple, et elle permet de retarder le lavage à un moment où on aura plus de temps : au creux de l’hiver.

De l’autre côté, lors de la récolte, la terre qui entoure les légumes est légèrement humide. C’est à ce moment qu’il est le plus facile de les nettoyer, car la terre s’enlève facilement, sans brosse. Un jet d’eau est suffisant pour la déloger. Attention à ne pas les abîmer à cette étape, car leur durée de conservation en serait réduite. Si vous empruntez cette avenue, il faudra laisser l’eau sur les carottes sécher avant de les entreposer. Déposez-les dans un contenant ouvert dans le réfrigérateur pendant quelques jours. Ensuite, fermez votre contenant.

Je préfère personnellement les laver d’un seul coup à l’automne. Je m’évite alors de devoir brosser hebdomadairement mes légumes. Cela permet aussi de salir un seul endroit, une seule fois, et ensuite d’utiliser ces précieuses récoltes pour créer des plats réconfortants tout l’hiver.

Faire ses provisions autrement

Depuis quelques années, nous assistons à une forte augmentation de l’offre de légumes provenant de fermes locales et biologiques en plein hiver par l’entremise des paniers d’hiver. C’est une excellente manière de faire des provisions et de rester lié à la saisonnalité. Comme ils sont généralement livrés toutes les deux semaines, vous n’aurez pas à vous soucier de l’entreposage longue durée ; ce sont les maraîchers qui y veilleront pour vous !

En plus des légumes de conservation, on y trouve parfois des verdurettes fraîches cultivées dans des serres avec très peu de chauffage d’appoint. C’est un savoir-faire qui se développe et qui est très prometteur.

Faites vite ! Les places s’envolent rapidement. Visitez fermierdefamille.org pour en savoir plus.

 

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