Vous êtes impatients de faire votre potager? Pas trop vite!

Vincent Marcoux
Maraîcher et formateur à l’Académie potagère, academiepotagere.com
Pour ceux et celles qui ont déjà une parcelle de jardin prête à être cultivée, le signal pour commencer la préparation est principalement lié au drainage de l’eau.
Photo: Getty Images Pour ceux et celles qui ont déjà une parcelle de jardin prête à être cultivée, le signal pour commencer la préparation est principalement lié au drainage de l’eau.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Fin avril, déjà… ou plutôt enfin ! Les prairies et pelouses verdissent à vue d’œil depuis quelque temps. Pour ceux et celles qui ont eu la chance de démarrer leurs plantes à l’intérieur, celles-ci auront bientôt besoin de plus d’espace et il est grand temps de commencer la préparation du potager. Et dans tous les cas, l’envie d’amorcer la saison brûle les doigts de plusieurs !

La préparation du potager au printemps est toujours un grand moment pour les jardiniers. On sort les outils de jardinage de leur longue hibernation dans la remise, on commence à visualiser de mieux en mieux notre futur et imminent jardin ! Pour ma part, le moment que je préfère par-dessus tout, c’est lorsque je peux enfin faire le premier travail du sol, aussi léger soit-il, sous le soleil du printemps.

Le sol est encore froid, à peine réveillé (sous les 10 degrés Celsius, la vie du sol est au ralenti, et les bactéries ne font guère plus que survivre), et il ne nous reste plus qu’à l’activer pour sonner le grand départ de la saison.

Mais n’allons pas trop vite !

Déterminer le coup d’envoi

Pour ceux et celles qui ont déjà une parcelle de jardin prête à être cultivée, le signal pour commencer la préparation est principalement lié au drainage de l’eau. C’est un peu le moment qu’on attend tous et toutes !

Bien que le printemps actuel soit vraiment sec et donne déjà un avant-goût de l’été, il ne faut pas oublier que cela varie d’année en année. Dans ce contexte, la règle du pouce est de faire un test maison qu’on appelle, dans le jargon maraîcher, le « test de la motte ». En gros, l’idée est de prendre une poignée de terre et d’en faire une « motte » en la compressant légèrement dans une main. Nous la laissons ensuite tomber en tendant le bras devant nous et si elle éclate facilement et en plusieurs morceaux en touchant le sol, on passe le test : le sol peut être travaillé.

Évidemment, comme nous n’utilisons que des outils manuels dans le potager, c’est beaucoup moins préoccupant que si nous devions y passer une machinerie lourde, mais un sol gorgé d’eau n’est pas un sol prêt à être travaillé dans tous les cas. Alors, si le test n’est pas concluant (la motte reste en boule malgré le choc), il faudra redoubler de patience pour préserver la qualité de notre sol.

La patience du jardinier

Pour vous aider à patienter, je vous conseille de passer un moment en tête à tête avec vos outils. C’est le meilleur moment pour leur redonner leur air de jeunesse : redresser les dents de votre grelinette (pour ameublir le sol sans le retourner), aiguiser vos lames de binettes (pour le désherbage), huiler les manches en bois de vos divers outils avec une huile de lin ou simplement, faire du rangement dans votre remise et trouver les outils qu’il vous manque.

Plus vous prendrez le temps de vous organiser, plus le départ de la saison sera facilité et vous aurez ainsi tout le temps qu’il vous faudra, lorsque le sol sera prêt, pour saisir l’occasion de le travailler et d’y semer vos premières graines !

Bonnes adresses de fermiers locaux, pour des plans locaux et bios

• Les Jardins Tomates et Camomille, Rouyn-Noranda

• Jardins des Essaimées, Saint-Alexandre de Kamouraska

• Les Jardins de la Chevrotière, Deschambault-Grondines

• La crue des eaux, Princeville

• Coopérative Gaïa, Pointe-aux-Outardes

• Le Jardin des Funambules, Saint-François-Xavier-de-Brompton

• Ferme des Arpents roses, Marché public de Joliette

• La petite terre maraîchère S.E.N.C., Saint-Boniface

• Les Jardins du Chat noir, Bedford

• Safranière des Cantons, Marché Atwater, Montréal

• Ferme Agricola, Papineauville

• Les Jardins de Sophie, Saint-Fulgence

Pour une liste d’une cinquantaine de fermiers locaux où trouver des plants locaux et bios, consultez le site de l’Académie potagère.


Vincent Marcoux est producteur de légumes biologiques et formateur à l’Académie Potagère avec Dany Bouchard. Grâce à son expérience en tant que fermier, il contribuera ponctuellement à cette série de chroniques de jardinage rédigée par Dany Bouchard deux fois par mois, en y apportant une touche personnelle en tant que maraîcher. 



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