La ​culture hydroponique, ou le jardinage à sa plus simple expression

Charles-Édouard Carrier
Collaboration spéciale
L'approche hydroponique, par laquelle les plantes poussent dans l’eau plutôt que dans la terre, requiert une bonne gestion de l’apport en eau.
Photo: Odile Joly-Petit L'approche hydroponique, par laquelle les plantes poussent dans l’eau plutôt que dans la terre, requiert une bonne gestion de l’apport en eau.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Designer devenue jardinière, Jessika Brunner-Gmass a mis au point un système hydroponique ne générant ni déchet plastique ni déchet électronique et facilitant la culture des plantes comestibles à la maison.

Parmi les inventions de la petite entreprise Studio îlot, on trouve le Jardin Hirta pour la culture hydroponique, qui se démarque par sa fabrication en céramique. « L’utilisation du plastique est critiquable, alors que je vois le concept même de faire pousser des plantes comestibles à la maison comme quelque chose de durable. La céramique avait beaucoup plus de sens pour moi », confie Jessika Brunner-Gmass, qui regrette par ailleurs que les produits que l’on trouve d’ordinaire sur le marché intègrent trop de composants électroniques.

Cette approche hydroponique, par laquelle les plantes poussent dans l’eau plutôt que dans la terre, requiert une bonne gestion de l’apport en eau. À l’étape de la conception, Mme Brunner-Gmass a testé différents designs permettant une utilisation sans pompe. Et c’est en ramenant son concept à sa plus simple expression qu’elle y est parvenue, inventant alors un objet qui présente deux parties. « L’oxygène qui se retrouve entre le couvercle et l’eau du bac est suffisant pour la croissance de la plante », indique-t-elle.

Chez Studio îlot, semences et nutriments viennent du Québec et les substrats de coco sont compostables. Aux systèmes hydroponiques automatisés, la designer préfère une approche où la découverte, le jeu et l’expérimentation trouvent leur place en cuisine. « Comme lorsqu’on se fait un jardin à l’extérieur, il y a des essais, des erreurs, on se questionne, on apprend. Avec les solutions toutes préparées, livrées suremballées dans de petits contenants de plastique, comme la capsule de café Nespresso, ça perd un peu son sens. »

Dans sa phase 1, Jessika Brunner-Gmass vendait l’ensemble de départ (semences, substrat et nutriments), les bacs, le meuble et la lumière, qu’elle a elle-même conçue en prenant soin de choisir la bonne longueur d’onde pour stimuler la croissance des plantes. Mais la céramiste travaille actuellement à un bac en céramique avec une lumière intégrée, d’une forme un peu plus ronde. « Ça facilitera la production et ce sera plus pratique d’avoir tout ensemble, croit-elle. Ça n’aura pas la prétention de nourrir une famille, mais ça répondra à ce désir de souveraineté alimentaire, ne serait-ce qu’à petite échelle. »

Les outils pour démarrer la culture à la maison

Les fils Instagram et Facebook de bien des internautes se sont récemment trouvés inondés de publications vantant les mérites de produits dont la technologie promet de belles récoltes à la maison. Mais croire au miracle de la vie n’est certainement pas suffisant pour faire pousser de beaux légumes. Des spécialistes en e-marketing ont vu dans la pandémie une occasion de vendre des solutions tout-en-un pour la culture à la maison, mais dont l’efficacité n’a pas complètement été démontrée. « Quand vient le temps de s’équiper, les gens s’accrochent davantage aux concepts marketing qu’aux règles de base en culture, prévient Nicolas Ste-Marie, président de La Shop agricole. Et la raison pour laquelle plusieurs de ces produits ne se retrouvent pas dans les magasins spécialisés, c’est qu’on préfère promouvoir des techniques qui sont testées et approuvées. »

Afin de ne pas se lasser trop vite, mieux vaut donc bien choisir son matériel. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a plusieurs produits faits au Québec pour la culture en terre ou hydroponique. La Shop agricole a conçu notamment un mur végétal, construit ici au Québec, pour l’intérieur et l’extérieur. Les trois blocs qui forment le mur de culture en terre peuvent ainsi être déplacés à l’arrivée de la saison froide sans que l’on doive mettre un terme à la production. Du côté de la Montréalaise Mano Verde, on propose des ensembles biodégradables et écoresponsables tout inclus pour faire ses propres semis, ainsi que de très jolies boîtes jardins pour les enfants. Au menu : fines herbes, germinations, légumes, fleurs comestibles, plantes, etc.