Frit ou rôti, le poulet a la cote en pandémie

Avec son partenaire d’affaire Juan Lopez Luna, Lindsay Brennan vient d’ouvrir une petite rôtisserie, Tinc Set, accessible par une ruelle derrière le restaurant Alma.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Avec son partenaire d’affaire Juan Lopez Luna, Lindsay Brennan vient d’ouvrir une petite rôtisserie, Tinc Set, accessible par une ruelle derrière le restaurant Alma.

Qu’il soit ramassé en vitesse au supermarché ou cuisiné avec amour toute la journée, le poulet a toujours eu une place de choix sur la table des Québécois. Pas surprenant de voir de plus en plus de restaurants se l’approprier et lui redonner ses lettres de noblesse.

Casgrain BBQ, un projet éphémère piloté par l’équipe derrière Vin mon lapin, dans la petite Italie, est désormais du nombre. Le très prisé bar à vin a délaissé ses petits plats à partager le temps de la pandémie et nous propose désormais du poulet frit à emporter.

L’idée a germé dans la tête du chef Marc-Olivier Frappier alors qu’il élaborait une recette pour un livre virtuel — une initiative du restaurant Elena regroupant plusieurs chefs étoiles de la métropole et visant à amasser des sous pour le Fonds de secours aux travailleurs de la restauration. « Marco avait envie de proposer une autre façon d’utiliser le levain, devenu soudainement très populaire, en voyant les photos de pain maison envahir les médias sociaux, confie Vanya Filipovic, copropriétaire et épouse du talentueux jeune homme. Ça fait une excellente saumure pour le poulet ! »

Mon lapin, qui offre une expérience gastronomique axée sur un service chaleureux, n’a eu d’autre choix que de se tourner vers de nouvelles façons de toucher sa clientèle pendant la pandémie. L’ambiance animée d’une salle bien remplie, au contraire du poulet, ne tient pas dans une boîte pour emporter. Ce qu’ont aussi très bien compris les deux partenaires du Alma, situé un peu plus au nord, dans le quartier Outremont.

« C’est certain qu’il y a un côté fast-food au poulet rôti, mais c’est ce qui le rend si rassembleur et festif. On avait envie d’y transposer les saveurs catalanes propres à notre cuisine, de l’apprêter avec du fenouil, du zeste d’orange, du thym et du paprika fumé par exemple », raconte la copropriétaire Lindsay Brennan qui, avec son partenaire d’affaires Juan Lopez Luna, vient également d’ouvrir une petite rôtisserie.

Tinc Set, qui veut dire « j’ai soif » en catalan, est le nom de ce projet qui fonctionne pour l’instant dans le local de son grand frère. On y accède par la ruelle, à l’arrière du restaurant. « Nous tenions à ce que les deux projets aient une identité distincte. Ils seront appelés à coexister quand tout rentrera dans l’ordre », précise Lindsay.

Quelques jours avant que la crise éclate, le couple s’apprêtait à signer le bail d’un nouveau local pour y aménager leur rôtisserie. Ce qui n’était encore qu’une rumeur les a toutefois incités à jouer de prudence et ils ont préféré repousser l’entente. La fermeture du Alma leur a offert l’occasion de se concentrer sur leur dernier-né, qu’ils peaufinent depuis près d’un an. Il était déjà prévu d’y inclure un menu à emporter.

Tout comme Vanya, Lindsay ne s’imagine pas faire fonctionner son bar à vin rempli à seulement 50 % de sa capacité, avec un masque au visage. Ce n’est pas qu’une question de rentabilité. La proximité et la convivialité sont des éléments importants dans ce type d’établissements. Faire les choses à moitié n’est pas une solution envisageable pour les deux passionnées. Tant que la situation ne permettra pas un retour à la normale, elles comptent miser sur la formule pour emporter. Elles souhaitent ainsi continuer à mettre de l’avant les arrivages de saison, comme elles savent si bien le faire.

Avec tous ces restaurateurs de haut vol qui ne cherchent qu’à nous délecter, c’est un été qui s’annonce idéal pour pique-niquer, si dame Nature le veut bien. Friandises glacées, fleurs et bouteilles de vin bien choisies, les deux tandems ne manquent pas d’idées pour nous faire jouir des saveurs de l’été.

Casgrain BBQ, en précommande du mardi au samedi, cueillette entre 17 et 21 h 30.


Tinc Set, en précommande du vendredi au dimanche, cueillette entre 17 h et 21 h.

Passion poulet

Sur le boulevard Rosemont, un peu à l’est de l’avenue De Lorimier, Mon Petit Poulet nous régale depuis près de deux ans dans l’ancien local du Coq Express. La rôtisserie artisanale excelle autant dans le poulet frit que rôti, qu’elle décline à toutes les sauces. Brune, BBQ, à poutine ou épicée, difficile de trancher. L’utilisation de produits frais et faits maison permet de sublimer les classiques. Dans le « Capt Crunch », un burger de poulet frit, la volaille est bien croustillante, la salade de chou et la mayonnaise béarnaise, succulentes. Les adeptes du trio divin poulet / frites / sauce ne seront pas déçus non plus. L’entreprise a même ajouté quelques combos familiaux à son menu pour s’adapter aux besoins actuels.
 

Mon Petit Poulet à emporter, en soirée du mardi au samedi, de 17 h à 21 h, et pour le lunch du mercredi au vendredi, de 11 h 30 à 14 h. Livraison également disponible sur la plateforme Uber Eats.