À Montréal, le quartier chinois s’apprête à célébrer le Nouvel An lunaire

On parle souvent du Nouvel An chinois, mais puisque plusieurs autres peuples d’Asie célèbrent aussi cette fête — les Vietnamiens l’appellent le Têt; les Coréens, Seolnal —, il vaut mieux dire Nouvel An lunaire. Ou Fête du printemps.
Photo: Marie Deschêne Jardin botanique de Montréal On parle souvent du Nouvel An chinois, mais puisque plusieurs autres peuples d’Asie célèbrent aussi cette fête — les Vietnamiens l’appellent le Têt; les Coréens, Seolnal —, il vaut mieux dire Nouvel An lunaire. Ou Fête du printemps.

À l’occasion des célébrations du Nouvel An lunaire qui débutent ce vendredi, jouer au touriste dans le quartier chinois de Montréal permet de se familiariser avec des traditions dont on ignore tout. Ou presque.

Oh, comme on ne voudrait pas devoir voyager en Chine ces jours-ci… C’est qu’au pays de Confucius, le Nouvel An est l’occasion d’une migration monstre alors que tous cherchent à gagner villes et villages et à retrouver les leurs à temps pour les célébrations. Bondés, vous dites, les trains ?

À Montréal, le quartier chinois nage aussi en pleine euphorie, alors que les 85 000 Montréalais d’origine chinoise s’apprêtent à s’y retrouver pour célébrer le début de l’année du Chien de terre. Une visite du secteur en compagnie de Dan Lachance, guide-animateur chez Tours Kaléidoscope, nous rend d’ailleurs la fête parfaitement intelligible : au temple bouddhiste du voisinage, où les Chinois vont la veille du Nouvel An pour faire le bilan de l’année qui s’achève et accueillir la nouvelle, comme à l’herboristerie et à l’échoppe spécialisée dans la vente d’objets cultuels, le passionné de la chose asiatique démystifie pour nous codes et rituels associés aux festivités, qui durent deux semaines.

De ces rituels, celui aux ancêtres est le préféré de cet expert des cultures chinoise et vietnamienne. « Au Québec, autrefois, on souhaitait recevoir la bénédiction du paternel. Les Chinois, eux, font plutôt des offrandes aux ancêtres pour s’attirer leur bienveillance », dit-il.

Des offrandes qui ne sont d’ailleurs pas choisies au hasard… Par exemple, si on offre fréquemment des clémentines, c’est qu’en mandarin ce fruit sonne comme le mot « richesse ». « L’homophonie est très importante dans cette culture », explique Dan Lachance, qui maîtrise la plus importante des langues parlées dans l’Empire du Milieu.

Brrr, c’est le printemps !

On parle souvent du Nouvel An chinois, mais puisque plusieurs autres peuples d’Asie célèbrent aussi cette fête — « les Vietnamiens l’appellent le Têt ; les Coréens, Seolnal » —, il vaut mieux dire Nouvel An lunaire. Ou Fête du printemps.

Le printemps un 16 février ? « Le calendrier chinois traditionnel, nong li, pourrait se traduire par « calendrier paysan », et c’est à partir de ce dernier que sont nommées les activités agricoles, les saisons et les fêtes, note le guide.

La plupart du temps, le Nouvel An correspond à la première lunaison à partir du solstice d’hiver, la deuxième lune, donc, et marque le début du printemps chinois (entre la fin de janvier et la fin de février), qui s’étale sur une plus longue période que le nôtre. » Cette saison symbolisant le renouveau, on ne pouvait choisir meilleur moment pour changer d’année !

Photo: Nerd Studio

Au fil de la promenade guidée, qui dure deux heures, on découvre la symbolique des décorations festives qu’arborent les résidences et les commerces du quartier. On aborde les spécialités culinaires préparées pour l’occasion — saviez-vous que les nouilles représentent la longévité ? On cause aussi des superstitions liées à la fête.

Selon les proches asiatiques de Dan Lachance, cette année, qui se déroulera sous le signe du Chien de terre, sera celle de la bienveillance : « Le chien étant un animal dévoué et protecteur, cette année sera propice à l’amitié, à l’entraide et, par extension, à la sécurité sociale. D’ailleurs, nos politiciens ne nous ont-ils pas déjà parlé de « réinvestissement » après des années d’austérité ? »

À suivre, mais pour l’heure, jouons au touriste chez nous et profitons de l’occasion pour nous rapprocher de la communauté chinoise. L’année du Chien nous y convie…

En vrac

Tours Kaléidoscope a prévu deux visites par jour les 17, 18, 24 et 25 février, ainsi que les 3 et 4 mars prochains. À noter : un dîner ou un souper peut suivre l’excursion. 

À voir dimanche, 18 février, de 12 h à 14 h environ : la traditionnelle Danse du lion au cours de laquelle des danseurs portant un costume évoquant l’animal vont de commerce en commerce pour apporter la prospérité au son des tambours et des gongs.

À savourer le 4 mars prochain, à l’occasion de la Fête des lanternes qui clôt le Nouvel An : des tang yuan, ou boulettes de riz, servies dans un sirop au gingembre. « Comme c’est servi chaud, c’est très réconfortant », dit Dan Lachance, guide spécialiste des cultures chinoise et vietnamienne.