Ces virus qui voulaient gâcher Noël

Les gens sont plus souvent malades en hiver, et les contacts intergénérationnels sont notamment à blâmer.
Photo: iStock Les gens sont plus souvent malades en hiver, et les contacts intergénérationnels sont notamment à blâmer.

Alors que le temps des Fêtes devrait être une période de réjouissance et de retrouvailles, plusieurs se retrouvent cloués au lit à combattre un rhume, une grippe ou une sinusite. Pourquoi les infections choisissent-elles l’hiver pour nous assaillir de toutes parts ?

Ce n’est pas seulement une impression : les gens sont plus souvent malades en hiver. Les principaux coupables ? Les contacts plus intimes et familiaux avec la famille et les amis. Cette proximité crée un véritable incubateur pour les virus.

Le chef de la division des maladies infectieuses à l’Hôpital général juif de Montréal et professeur à l’Université de Montréal Karl Weiss rappelle aussi qu’il ne faut pas négliger les contacts intergénérationnels. « Les enfants, qui sont souvent les vecteurs des maladies infectieuses, vont être en contact avec les grands-parents, qu’ils ne voient pas nécessairement tous les jours. »

Après avoir couru toute l’année, on profite souvent de la période des Fêtes pour ralentir. Notre système immunitaire semble en faire tout autant. « Quand on tombe en vacances, les contraintes et le stress diminuent. Le système immunitaire abaisse donc son niveau d’alarme », précise le docteur Weiss. Résultat : on devient vulnérable au moindre virus.

Notre système immunitaire n’est pas en mesure de reconnaître le virus chaque fois qu’on y est exposé

Qu’en est-il de cette fameuse croyance stipulant que le froid nous rend malades ? « On pensait que c’étaient des croyances de grands-mères, mais certaines études tendent à démontrer un lien entre le froid et notre capacité à combattre les infections », soutient le microbiologiste-infectiologue Alex Carignan, du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). En effet, certains rhinovirus responsables du rhume se répliqueraient plus facilement quand la température chute.

D’ailleurs, de nombreuses familles de virus sont responsables du rhume : rhinovirus, adénovirus, coronavirus. Chacune de ces familles peut ensuite développer de nombreuses souches. Pour ajouter une difficulté supplémentaire, le virus du rhume mute de façon spectaculaire. Ne vous demandez plus pourquoi vous pouvez contracter jusqu’à cinq rhumes par hiver ! « À cause de ces nombreuses mutations, notre système immunitaire n’est pas en mesure de reconnaître le virus chaque fois qu’on y est exposé. C’est une guerre que l’être humain n’a jamais réussi à gagner », explique le docteur Carignan.

Des gènes hivernaux ?

C’est un véritable chassé-croisé qui s’opérerait au coeur de nos gènes chaque hiver. En effet, selon une étude de l’Université de Cambridge, près de 25 % de l’expression de nos gènes se modifierait au gré des saisons. Nos gènes hivernaux provoqueraient une accélération de la réponse inflammatoire, c’est-à-dire les mécanismes de défense de notre organisme. Comme un système d’alarme qui s’active avant que les voleurs ne se pointent, les symptômes seraient exagérés par rapport à l’infection pour nous permettre de mieux la combattre.

Devant ces fatalités, quels sont les conseils des spécialistes ? « Ne courez pas chez votre docteur chercher des antibiotiques quand vous avez une infection virale. Ça ne sert à rien », affirme le docteur Karl Weiss. De la patience et du repos devraient en venir à bout. Le microbiologiste-infectiologue Alex Carignan rappelle quant à lui que notre allié contre la grippe reste la vaccination. « Le vaccin contre l’influenza n’est peut-être pas aussi efficace qu’on le souhaiterait, mais il reste la meilleure façon de prévenir la maladie chez les gens à risque de complications. »


Vers un vaccin unique de la grippe

Vous en avez assez des files d’attente interminables chaque hiver pour vous faire vacciner contre l’influenza ? Ce sera peut-être chose du passé d’ici quelques années. Des scientifiques planchent sur un vaccin qui pourrait durer plusieurs années, voire toute la vie. À l’heure actuelle, le vaccin contre la grippe est développé à partir des prédictions des scientifiques qui déterminent sous quelle souche se présentera l’influenza cette année. Cette prédiction n’est toutefois pas infaillible et il arrive que le vaccin soit inefficace. Pour développer ce fameux vaccin unique, les groupes de recherche tentent de cibler certaines protéines du virus qui demeurent constantes au fil des années. Ainsi, malgré les mutations, le vaccin conserverait son efficacité.
1 commentaire
  • Dany Hogue - Abonné 24 décembre 2017 16 h 47

    nos amis...

    connaissez-vous une armée qui ne s'entraine pas... L'entrainement doit-être assez dur pour que les militaires se dépassent, mais pas assez pour les tuer. C'est exactement ce que font nos amis les virus du rhume. Il en aura fallu du temps pour trouver cette belle afiliation.

    Bonne réflexion et joyeuse fêtes !