Une grandiose métamorphose

Une partie de l’immense hall du Fairmont Le Château Frontenac
Photo: Fairmont Le Château Frontenac Une partie de l’immense hall du Fairmont Le Château Frontenac

À toute heure de la journée, son noble hall principal grouille frénétiquement. Voyageurs affairés, familles vacancières, touristes curieux, flâneurs invétérés et clients des boutiques, restaurants et expositions se disputent le vaste espace aux multiples échos linguistiques. Ça vous fait toute une ambiance ! Fairmont Le Château Frontenac, l’hôtel fétiche de Québec aux nombreuses tourelles, vient de subir sa énième transformation depuis son édification il y a plus de 120 ans.

Ce jour-là de juillet, les 611 chambres et suites affichent complet. Imaginons un peu : avec une moyenne de deux personnes par unité, la colonie hétéroclite qu’il faut accueillir, servir, nourrir, divertir, informer et coconner en 24 heures atteint 1222 personnes.

« En période de grand achalandage, le nombre d’employés atteint jusqu’à 750 personnes dans les différents quarts de travail », soutient la directrice des relations publiques, Marie-Claude Brousseau. Ça prend de l’organisation, ça, messieurs-dames !

Et selon ce qu’on a pu observer pendant quelques jours, ces hordes de clients n’affectent en rien un service, disons, de châtelains.

Parmi les installations revisitées figurent des chambres revampées, des étages Or apparentés à un hôtel-boutique de luxe, un nouveau spa, un club de santé rénové et un jardin boréal présentement en aménagement.

Mais le secret le mieux conservé du château, c’est la piscine avec sa terrasse attenante, dont on soupçonne les contorsions architecturales qui furent nécessaires pour une bâtisse de cet âge.

Les cuisines

Ce n’est pas tout. Le chef Stéphane Modat, en poste depuis 2013 et qui dirige les cuisines du château, s’inscrit au coeur du projet de rénovation de l’hôtel, qui comportait un important volet de réinvention de ses restaurants.

Le Champlain, où le décor marie patrimoine et fraîcheur contemporaine, fait tout un plat des produits régionaux, avec à la clé une imposante réserve de fromages du Québec. Des délices goûteux, des prix un soupçon corsés.

Quant au bar à vins 1608, rehaussé d’une vue splendide sur le Saint-Laurent, il propose plus de 400 fromages locaux.

 
Photo: Jacques Boissinot Le nouveau bistro Le SAM accueille notamment les aficionados de la mixologie, qui connaît une véritable explo­sion au Québec.

Notre coup de coeur pour une ambiance conviviale ? Le SAM, nouveau bistro à aires ouvertes et au menu éclaté, accueille notamment les aficionados de la mixologie, qui connaît une véritable explosion avec ses cocktails tous plus colorés les uns que les autres.

Le barman, oh pardon, le mixologue (prière de ne pas mélanger), pourra vous brasser une boisson originale selon vos goûts en matière d’essences. Juste de les observer, assis au grand comptoir, devient vite un spectacle en soi.

Faut dire qu’on a de la suite dans les appellations, au Château Frontenac : Champlain pour le fondateur de Québec, 1608 pour l’année de fondation de la ville, et Sam pour Samuel de...

Avec tout ce remue-ménage, la direction a voulu notamment briser l’image empoussiérée d’un endroit feutré inaccessible et du même coup permettre aux résidants de Québec de se réapproprier « leur » château.

C’est que, pour avoir été une référence incontournable, le Frontenac avait perdu un peu de sa souveraine auréole depuis quelques décennies. Il est redevenu un joyau de la couronne.

Champlain en personne

Mon heure de gloire, c’était peut-être celle-là ! Je ne me suis jamais sentie aussi populaire, photographiée, zieutée, montrée du doigt, sollicitée. Même si ce n’était pas moi du tout que l’on convoitait ainsi, mais bien mon accompagnateur… Samuel de Champlain en personne ! Jacques Langlois, alias le Samuel en question, promène avec lui une allure tout à fait conforme à son personnage, du moins de ce qu’on en connaît.

Chaussé de hautes bottes, vêtu d’un costume d’époque avec chapeau de circonstance et mains gantées, l’acteur déambule dans les rues du quartier Petit-Champlain pour répondre aux questions des visiteurs, raconter l’histoire de Québec, se prêter à des séances de photo ou d’égoportrait et attirer l’attention sur la vie de celui qu’on décrit souvent comme le père de la Nouvelle-France. Visiteurs, citadins et enfants en redemandent.

On peut le rencontrer tout l’été alors qu’il se balade dans les rues de la place Royale ou du quartier.

Et si vous le voyez vérifier souvent moustache et barbichette, sachez que ce n’est pas un tic nerveux, mais plutôt des vérifications pour s’assurer qu’elles tiennent bien en place sous 30 degrés Celsius avec 90 % d’humidité !

Quelques adresses

Le quartier Petit-Champlain, qui accueille son lot de visiteurs, mérite de consacrer du temps pour y flâner un brin, pour apprécier ses restos, ses rues piétonnes et ses nombreuses boutiques. On déniche là des produits uniques introuvables ailleurs. La coopérative derrière ce quartier rassemble depuis 30 ans une poignée d’artisans et de commerçants qui ont voulu en préserver le patrimoine.

Le pavillon Pierre Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, inauguré récemment, est un incontournable. Architecture lumineuse et gastronomie au menu.

L’Observatoire de la capitale a ouvert en mai dans sa forme actuelle, même si on y avait accès depuis longtemps au dernier étage de l’édifice Marie-Guyart. Il y a là une superbe vue circulaire sur la ville et des renseignements sur l’histoire de Québec.

Au restaurant Côtes à Côtes, dans une bâtisse historique plantée en plein quartier Petit-Champlain, nos coups de coeur sont allés aux côtes levées et aux pilons de canard (des spécialités). Aussi, tartares, effilochés, foie gras. Superbe terrasse dans l’activité du Vieux-Port.

Le restaurant Là Là, tout juste ouvert depuis la fin de juin, offre un menu farci de produits du terroir saguenéen, abondamment assaisonné de bleuets. Et, non, l’expression « là là » n’est pas l’apanage du maire Tremblay, bien qu’il la déverse à qui mieux mieux, mais plutôt un régionalisme répandu là-bas là là.

Le restaurant La Scaladerrière sa devanture plutôt anonyme, se révèle une très bonne adresse où l’on peut déguster d’excellents mets italiens, dont des pâtes maison, dans un beau décor classique. Du mercredi au dimanche se produisent à l’année des artistes de jazz dans le bar à vin et fromage situé à l’étage. Et ne vous surprenez pas si le proprio se met à chanter un — bref — air d’opéra ! Ça en fait une atmosphère encore plus sympathique.

Les quatre restaurants Cosmos (Sainte-Foy, Québec, Lévis et Lebourgneuf) proposent des menus gourmands et très variés, à des prix accessibles, dans des décors éclatés, leur marque de commerce.

La Barberie, première microbrasserie coopérative à Québec, est trop bien cachée dans la basse-ville. Une faune hétérogène s’y retrouve avec plaisir, et avec son lunch ! En effet, c’est le phénomène « Apportez votre vin » à l’envers. Les clients commandent des repas aux restaurants avoisinants, qu’ils accompagneront sur place de leurs bières préférées ! « On voit régulièrement arriver ici des voitures qui livrent des mets pour la clientèle », dit la responsable marketing Isabelle Rodrigue.

L’Attitude, centre de massothérapie et de formation, propose depuis 30 ans des massages en tout genre, y compris le « amman », un tantinet musclé, qui vous dynamise l’organisme en un rien de temps. Pour ces messieurs, le Menz Club station pour lui offrira notamment coupe de cheveux, soins du visage, taille de la barbe et massage capillaire, dans une ambiance « masculine » fort appréciéepar notre envoyé spécial pour faire le test.

Des statistiques royales

12 kilomètres de corridors entre les murs du château
– Plus de 300 000 invités par année
– Célébration annuelle de 75 mariages et anniversaires
– Près de 500 employés permanents
– Quelque 3000 repas servis quotidiennement
– Près de 2000 fenêtres dans les chambres et les aires communes
– Sur le toit, 4 ruches contenant jusqu’à 70 000 abeilles chacune, pour une production annuelle de près de 300 kilos de miel