Le Village d’antan hanté

L'église est particulièrement prisée par les visiteurs.
Photo: Village québécois d’antan L'église est particulièrement prisée par les visiteurs.
Le ciel sombre est couvert. Une faible lumière peine à clairsemer les lieux. La pluie fine tombe tranquillement, diffusant un épais brouillard qui enveloppe tout sur son passage. Ici et là, des ombres inquiétantes projetées, tantôt par les arbres tentaculaires, tantôt par les badauds qui déambulent, donnent aux rues un côté lugubre. De part et d’autre des artères sinueuses, l’antre des maisons de bois laisse échapper des gémissements sourds, tels des murmures plaintifs s’échappant dans l’obscurité blafarde. Avertissement : l’auteure est une vraie froussarde…
 

Pour un dernier week-end, le Village québécois d’antan, aux abords de Drummondville, revêt ses plus sombres atours. Bien connu du public, qui peut y accéder durant toute la saison estivale, ce faubourg d’époque a quelque chose d’angoissant lorsque, tout au long du mois d’octobre, il est plongé dans la pénombre. Et on ne parle pas ici des traditionnelles toiles d’araignée et des citrouilles grimaçantes qui peuplent d’ordinaire l’imaginaire de l’Halloween.

Situés à un peu plus d’une heure de Montréal, perdus au coeur d’un boisé touffu, les bâtiments métamorphosés se dessinent dans le clair-obscur. « Avec ses maisons qui craquent et qui grincent, l’endroit est propice aux histoires de fantômes », lance le directeur général du Village québécois d’antan, Éric Verreault, avec un léger rire dans la voix. Unique au Québec, voire sur la côte est, le Village hanté permet depuis sept ans aux amateurs de frissons d’en avoir pour leur argent, mais surtout pour leur temps.

« Le public est habitué à une maison hantée, une seule, insiste-t-il. Ici, on parle d’une trentaine de bâtiments transformés, d’environ 75 comédiens déguisés, répartis sur tout le site. Ce n’est pas juste 15 minutes, c’est toute une soirée au village de l’horreur. »

Avis aux habitués qui cumulent les passages à la version hantée du Village : les concepts ont été complètement changés cette année. « Certains classiques sont toujours là, assure toutefois le DG depuis maintenant trois ans. Il y a des éléments qu’on ne peut pas se permettre d’enlever parce que les gens en redemandent. On les a améliorés. »

C’est le cas, par exemple, du labyrinthe, qui promet d’être plus angoissant que jamais. Des nouveautés sont tout de même venues augmenter l’offre originale, dont le cimetière de zombies, une sorte de parcours immersif en forêt, l’église, « particulièrement prisée par le public », et une salle de l’horreur inédite. Plus tôt cette année, l’équipe s’est rendue à un colloque à St. Louis, aux États-Unis, afin d’améliorer son expertise.

« Les Américains sont beaucoup plus avancés que nous pour tout ce qui est horreur et gore, explique Éric Verreault. Nous sommes allés chercher les outils nécessaires pour pouvoir faire encore plus peur à notre public. » Ils ont également rapporté du matériel inédit pour bonifier l’offre macabre. De quoi se flanquer une bonne peur bleue.

Toujours très populaire à cette époque de l’année, l’achalandage au Village hanté a été particulièrement important cette année, et ce, malgré les quelques jours de pluie des premières fins de semaine d’octobre. « Il y avait déjà eu un fort engouement l’an dernier, précise Éric Verreault.

Mais cette année, ça n’a rien à voir. On parle d’un nombre d’entrées historique ! » Tellement que l’équipe a dû s’ajuster au cours de la brève saison de l’horreur.

Ainsi, depuis déjà deux semaines, l’offre a été enrichie de quatre nouvelles maisons qui ont été ouvertes pour la clientèle avertie.

Clientèle familiale

Bien que le Village s’adresse surtout aux amateurs de frissons, des zones thématiques ont été aménagées cette année pour que les enfants — et les plus trouillards — y trouvent aussi leur compte.

Au programme : sculpteur de citrouilles, maquillages, rallye familial et animations carnavalesques, entre autres choses. « Nous avons aménagé deux zones spécialement pour la clientèle familiale, qui représente environ le deux tiers de nos entrées », précise M. Verreault.

En tout, ce sont près de dix sites qui sont réservés aux tout-petits et aux plus grands qui auraient la frousse. « Les enfants peuvent aller partout, signale-t-il cependant. Au final, c’est toujours à la discrétion des parents. »

Une seule maison, particulièrement sanglante, est classée pour « 13 ans et plus ».

Et pour ceux qui désireraient prolonger l’expérience, un forfait incluant un souper thématique est offert. Il est toutefois conseillé de porter une attention particulière à son assiette.

Après tout, on ne sait jamais vraiment sur quoi on pourrait tomber…


Le Village hanté. Jusqu’au 1er novembre (17 h à minuit) au Village québécois d’antan, 1425, rue Montplaisir à Drummonville. 1 877 710-0267, villagequebecois.com.