Où s’arrêtera Djokovic?

Novak Djokovic, lors de la finale de Wimbledon dimanche
Photo: Adrian Dennis Agence France-Presse Novak Djokovic, lors de la finale de Wimbledon dimanche

Novak Djokovic n’est jamais satisfait. Quand il a remporté son premier titre du Grand Chelem, il en voulait un deuxième. Lorsqu’il a prouvé son excellence sur les courts en dur, il a également voulu exceller sur le gazon et la terre battue. Lorsqu’il a réduit l’écart considérable entre son nombre de titres majeurs et ceux remportés par Roger Federer et Rafael Nadal, Djokovic était déterminé à les rattraper.

Et regardez-le maintenant, avec ses 20 trophées du Grand Chelem, le même nombre que les autres membres du « Big Three », à la suite de sa victoire à Wimbledon en quatre manches sur Matteo Berrettini en finale, dimanche.

La grande question qui trotte désormais dans la tête de plusieurs et qui lui a été posée après son dernier triomphe : vous considérez-vous comme le plus grand joueur de tennis masculin de l’ère moderne ?

« Je me considère comme le meilleur et je crois que je suis le meilleur, sinon je ne parlerais pas avec confiance de gagner des Grands Chelems et de faire l’histoire. Mais que je sois le plus grand de tous les temps ou non, je laisse ce débat à d’autres », a commencé à répondre le Serbe de 34 ans.

« J’ai dit avant qu’il est très difficile de comparer les époques du tennis. Nous avons différentes raquettes, technologies, balles, terrains. Ce sont des conditions complètement différentes dans lesquelles nous jouons, il est donc très difficile de comparer le tennis, disons, d’il y a 50 ans à aujourd’hui. »

Et puis il s’est montré humble sur la question, concluant : « Mais je suis extrêmement honoré de faire partie de cette conversation. »

Oui, bien sûr qu’il en fait partie. Et bien que la bonne attitude consiste à apprécier les trois grands rivaux des temps modernes, en tant qu’athlètes et compétiteurs, et de chérir ce qu’ils ont chacun apporté à leur sport, et de reconnaître la grandeur de chacun, ceux qui font valoir que Djokovic se démarque du trio ont actuellement de bons arguments.

Ainsi, Djokovic mène les tête-à-tête contre les deux autres. Il est le seul d’entre eux à avoir remporté chaque Grand Chelem deux fois. Il est le seul à détenir les quatre titres majeurs simultanément, ce qu’il a fait fin 2015 et début 2016. Et il est le seul à avoir remporté les trois premiers tournois majeurs en une saison. Aucun homme n’a en effet fait cela depuis que Rod Laver a remporté les quatre tournois majeurs la même année, en 1969.

Quatre titres en une année ?

Et maintenant, Djokovic se présentera à New York en août pour les Internationaux des États-Unis avec l’occasion d’accomplir quelque chose de très spécial. Les seuls hommes avec quatre titres du Grand Chelem la même année civile sont Laver, deux fois dans les années 1960, et Don Budge, dans les années 1930.

« Travailler avec lui est un privilège, c’est un honneur, c’est tout ça, mais ce n’est pas facile. C’est beaucoup de pression, a reconnu Goran Ivanisevic, le champion de Wimbledon 2001 qui est l’un des deux entraîneurs de Djokovic. La finale, ça ne suffit pas. Nous ne comptons que les victoires. »

Et elles s’accumulent ces derniers temps. Il suffit de considérer où en étaient les choses il y a une décennie : au début de la saison 2011, Federer avait engrangé 16 titres majeurs, Nadal 9 et Djokovic 1.

Avant Wimbledon en 2018 — il y a trois ans et deux semaines —, Federer en avait 20, Nadal 17 et Djokovic 12.

C’est là, dit Djokovic aujourd’hui, qu’il a vraiment commencé à viser plus de victoires en Grand Chelem et à essayer de dépasser le record de Federer du plus grand nombre de semaines au premier rang du classement (il l’a éclipsé plus tôt cette année).

Tout ce que Djokovic a fait depuis, c’est de remporter 8 des 12 derniers tournois majeurs.

« J’ai toujours pensé que je pouvais jouer mon meilleur tennis en Grand Chelem et me donner une bonne chance de gagner n’importe quel tournoi majeur, vraiment, peu importe la surface, parce que je sais de quoi je suis capable, a-t-il affirmé. Je sais que j’ai un jeu très complet qui a fait ses preuves sur toutes les surfaces dans le passé. »

Il compte donc 9 titres sur les courts en dur des Internationaux d’Australie, 6 sur le gazon de Wimbledon, 3 sur les courts en dur des Internationaux des États-Unis et 2 sur la terre battue de Roland-Garros.

Et d’autres pourraient s’ajouter à son palmarès. Djokovic n’aura 35 ans qu’en mai prochain. Federer aura 40 ans, le 8 août, et n’est pas certain de son avenir après une défaite en quart de finale à l’All England Club et deux opérations au genou droit l’an dernier. Nadal a déjà 35 ans et a décidé de ne pas participer à Wimbledon et aux Jeux olympiques de Tokyo pour se reposer et récupérer après une défaite en demi-finale contre Djokovic à Roland-Garros le mois dernier.

Qui parierait contre Djokovic en ce moment ? « Il est impossible même que vous puissiez croire que vous pouvez le battre », a déclaré Ivanisevic, « parce que le gars est imbattable en ce moment ».

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