Aux portes de l’histoire, le Canadien pourra compter sur bien des partisans en Floride

Épatants depuis le début des séries, Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield, ici en compagnie de Tyler Toffoli, commenceront le plus grand défi de leur jeune carrière lundi soir.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Épatants depuis le début des séries, Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Cole Caufield, ici en compagnie de Tyler Toffoli, commenceront le plus grand défi de leur jeune carrière lundi soir.

La coupe Stanley pourrait bien revenir à Montréal cet été, après une absence de 28 ans. Mais le Canadien doit d’abord vaincre les champions en titre, le Lightning de Tampa Bay, dans un duel qui s’ouvre lundi soir. Pour ce faire, les joueurs arborant la Sainte-Flanelle pourront compter sur l’appui de partisans jusqu’en Floride.

La finale « déchire » plusieurs Québécois du Sunshine State, raconte au Devoir la Floridienne d’adoption Chantal Ethier. « Certains disent : “J’y vais pour ma terre d’adoption, j’y vais pour le Lightning.” Ça se lance la balle comme ça. “Non, non, non, ce sont nos racines, il faut que ça soit le Canadien.” En tout cas, pour les Canadiens dans la région, ça va être une série assez extraordinaire. »

Cette lutte historique revêt cette année un charme tout particulier pour les milliers de Québécois de cet État du sud. Loin de leurs familles au Canada, Bryan Tucker et sa femme, Mélanie Gagnon encourageront fièrement leur équipe, en personne, lors du cinquième match. « Ça fait quatre ans qu’on est partis, mais on s’ennuie un peu, surtout avec la COVID-19. On ne peut pas aller à Montréal depuis longtemps. Avec cette série, on sent quelque chose. On participe à quelque chose avec des gens de chez nous, à Montréal, même si on est loin d’eux. Ça nous rapproche quand même », explique M. Tucker.

Les partisans du Lightning peuvent bien être survoltés, Bryan Tucker s’attend à une foule passablement bleu-blanc-rouge dans les gradins du Amalie Arena. « On espère qu’il va y avoir beaucoup de partisans du Canadien, ça va faire du bien », lâche-t-il avant de se rappeler que des bagarres ont éclaté lors du dernier match entre les partisans du Lightning et ceux des Islanders.

Certains Québécois oseraient même braver les restrictions de voyage pour encourager leurs Glorieux.

J’ai vu quelqu’un avec sa voiture pleine de signes du Canadien. Il avait un chandail du Canadien. Il avait un chapeau du Canadien. Je suis allée lui parler et il venait de New York! 

 

« Aujourd’hui, sur l’autoroute un peu au nord de Tampa Bay, j’ai vu un véhicule du Québec et je peux vous dire que les véhicules avec une plaque du Québec cette année, c’est très rare », confie Chantal Ethier. « D’après moi, il devait descendre à cause de la série. À l’âge approximatif des passagers, ce n’étaient pas des snowbirds. Ce n’étaient pas des retraités et les chances qu’ils soient là pour la série sont très très grandes. »

L’amour du Canadien de Montréal se retrouve un peu partout aux États-Unis, témoigne à son tour la Tampaïenne Josée Lacroix Scully. « La semaine passée, j’ai vu quelqu’un avec sa voiture pleine de signes du Canadien. Il avait un chandail du Canadien. Il avait un chapeau du Canadien. Je suis allée lui parler et il venait de New York ! » Autour d’elle, tous les Québécois attendent cette série avec impatience. « Ça n’arrive qu’une fois dans une vie ! »

Les forces en présence

La troupe de Dominique Ducharme se mesure cette fois à une équipe surdimensionnée. Cinq joueurs du Lightning dominent la feuille de pointage en séries éliminatoires : Nikita Kucherov, Brayden Point, Alex Killorn, Steven Stamkos et Victor Hedman.

Puis, faut-il le rappeler, le Lightning de Tampa Bay est le champion en titre de la LNH. Il n’est donc pas faux de dire que le Tricolore devra — une fois de plus cette saison — vêtir le chandail du négligé.

Selon l’entraîneur adjoint du Canadien, Luke Richardson, le plan de match du Bleu-blanc-rouge risque d’être semblable à celui préconisé lors des trois rondes précédentes. « Nous venons d’affronter des clubs qui sont axés sur l’attaque, et nous avons su les contenir, donc je crois que nous allons affronter un club qui a poussé cette mentalité offensive encore plus loin, a-t-il confié dimanche. Nous devrons nous concentrer sur nos forces, et garder un œil sur certains joueurs, à certains moments, dans certaines phases de jeu. »

« Mais je crois sincèrement que si nous préconisons notre style de jeu, à notre pleine mesure, alors nous pouvons museler n’importe quelle équipe dans cette ligue », a-t-il ajouté.

Devant les filets, Carey Price affrontera Andrei Vasilevskiy. Les deux présentent des fiches statistiques similaires, avec 13 départs réussis, lors desquels ils ont maintenu un pourcentage d’arrêts aux alentours de ,930, avec une moyenne de buts alloués par match oscillant autour de 2.

Deux ombres obscurcissent la formation du Tricolore. D’abord, l’attaquant Joel Armia devra céder sa place, car il doit se soumettre au protocole de la ligue concernant la COVID-19. Un joueur respectant ce protocole n’a pas nécessairement à être déclaré positif, mais seulement s’il a été en contact avec quelqu’un de positif. C’est la deuxième fois cette saison qu’Armia est contraint de se soumettre à ce protocole.

Enfin, l’entraîneur Dominique Ducharme, explicitement déclaré positif, devra s’absenter jusqu’au troisième match de la série prévu vendredi, au Centre Bell.

Avec La Presse canadienne

 

«Ces gars-là me tiennent à coeur»

L’image était forte. Le directeur général Marc Bergevin, vêtu de son légendaire costume rouge, qui enlaçait ses joueurs, un par un, à proximité du banc du Canadien quelques minutes après que les Montréalais eurent accédé à la série finale de la Coupe Stanley. « Je suis un peu émotif. Et ça paraît. Ces gars-là me tiennent à coeur. Ce ne sont pas mes enfants, mais nous avons bâti cette équipe ensemble ; je crois qu’il ne reste que deux gars qui faisaient partie de l’équipe lorsque je suis arrivée [en 2012] — ‘‘ Pricer’’ (Carey Price) et ‘‘ Gally’’ (Brendan Gallagher). C’est gratifiant de se retrouver où nous sommes aujourd’hui », a d’abord déclaré Bergevin dimanche au sujet des festivités d’après-match après l’élimination des Golden Knights de Vegas en six parties.

De tous les joueurs qui ont reçu l’accolade, c’est sans doute celle offerte à Price qui a retenu le plus l’attention. Après l’avoir longuement regardé, Bergevin l’a serré dans ses bras pendant un bon moment et lui a murmuré quelques mots à l’oreille. « Nous avons traversé beaucoup d’épreuves ensemble pendant ses 10 années ici. Nous avons connu de bons moments, d’autres plus difficiles. Et nous avons simplement vécu un moment de joie ensemble à ce moment-là », s’est limité à dire Price, reconnu pour son flegme légendaire.

Ce moment, c’était en quelque sorte la validation de nombreuses années d’efforts, qui sont sur le point de donner raison à Bergevin d’avoir tout misé sur un noyau de joueurs composé de Price, Gallagher et, un peu plus tard, du capitaine Shea Weber. Car, faut-il le rappeler, la première portion du mandat de Bergevin a été marquée par la mégatransaction qui a permis au CH d’acquérir Weber, en retour d’un certain P.K. Subban. Une transaction qui a fait couler beaucoup d’encre, autant à Montréal qu’à Nashville. « La relation avec ‘‘ Pricer’’ et ‘‘Webie’’ est spéciale, parce qu’ils sont les joueurs les plus âgés et qu’ils forment la colonne vertébrale de cette équipe. Vous le savez, c’est difficile d’être gardien de but à Montréal, et ‘‘ Webie’’ est arrivé ici dans une transaction avec P.K., que plusieurs ont questionnée. »

Bergevin a par ailleurs pris quelques secondes pour réfléchir à l’année qu’il venait de vivre à la barre du CH. « C’est excitant, et c’est invraisemblable. Après tout ce qui s’est produit cette saison, du premier jour du camp d’entraînement, à l’éclosion de COVID-19, en passant par le déficit de 1-3 contre les Maple Leafs de Toronto au premier tour, et nous retrouver ici aujourd’hui… c’est très spécial », a mentionné Bergevin. Un peu nerveux, un peu excité, mais surtout fier d’avoir l’occasion de gagner une Coupe Stanley ici, à Montréal. « C’est un peu le rêve ultime pour moi… et je pourrai prendre ma retraite après », a-t-il conclu.

La Presse canadienne



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