Le Tour de France est chez lui à l’ouest

Tadej Pogacar (centre) demeure l'un des favoris avec son compatriote slovène Primoz Roglic.
Photo: Jure Makovec Agence France-Presse Tadej Pogacar (centre) demeure l'un des favoris avec son compatriote slovène Primoz Roglic.

Le Tour de France, revenu à sa date traditionnelle, démarre de l’extrême ouest du pays, samedi à Brest, pour une édition sportivement incertaine entre les favoris slovènes (Pogacar, Roglic) et le bloc collectif de l’équipe Ineos.

Si les contraintes liées à la pandémie restent fortes (systèmes de bulles, jauges pour les spectateurs, tests pour les coureurs, etc.), l’événement du calendrier cycliste retrouve ses marques habituelles au début de l’été. Quitte à intervertir les départs de Bretagne (dès 2021) et de Copenhague (en 2022) comme il a été décidé voici près d’un an.

« Les progrès de la vaccination nous donnent quand même plus de sérénité », estime son directeur Christian Prudhomme, qui se félicite de ce départ donné dans la région phare du cyclisme français avec quatre étapes entièrement bretonnes, une par département. Et une probable déferlante d’enthousiasme, nourrie et entretenue par des générations de champions dont Bernard Hinault, codétenteur du record des cinq victoires dans le Tour (avec Anquetil, Merckx et Indurain), reste le symbole.

Une concurrence d’événements

Le Tour est confronté en 2021 à la multiplication de grands événements sportifs, existant d’ordinaire seulement en année paire sur un cycle quadriennal. Par l’effet de la pandémie, il vient en parallèle de l’Euro de football et précède les JO de Tokyo, dont la course sur route est programmée six jours seulement après l’arrivée le 18 juillet sur les Champs-Élysées.

« On partagera l’actualité bien évidemment », estime Christian Prudhomme, habitué à cette concurrence et confiant en la force du Tour dont la scénographie, tant sportive que télévisuelle, fait merveille. L’après-midi, la part de marché sur France Télévisions est multipliée par trois pour atteindre entre 35 et 37 %.

En prise avec son époque, le Tour, piqué au vif par les polémiques de plusieurs élus écologistes l’année passée, insiste plus que jamais sur la marque environnementale.

« La bicyclette a retrouvé une place dans la société qu’elle n’avait plus depuis 100 ans. Il y a une vraie logique pour moi à ce que le cyclisme de compétition en tire profit », avance Christian Prudhomme, qui voit le Tour comme « la locomotive pour inciter à la pratique de la bicyclette sous toutes ses formes ».

De Froome à van der Poel

Sur le terrain, la 108e édition renoue avec une distance conséquente de contre-la-montre (58 km en deux fois) dans un équilibre toujours fragile avec la part réservée à la montagne. Si les grandes ascensions (Ventoux par deux fois, Portet, Tourmalet, Luz-Ardiden) sont toujours au programme, la carte comporte moins d’arrivées au sommet, de façon à ménager une incertitude supplémentaire puisque les descentes ont créé ces dernières années des écarts entre les meilleurs.

Qui sont les favoris, puisque le quadruple vainqueur, le Britannique Chris Froome, ne vise plus les premiers rôles ? Ils ont pour noms Tadej Pogacar (UAE), le plus jeune lauréat depuis 1904, et son compatriote Primoz Roglic (Jumbo). Les deux Slovènes ont face à eux une équipe Ineos à plusieurs têtes (Thomas, Carapaz, Geoghegan Hart, Porte), battue l’an dernier au sortir d’une décade triomphale. Et quelques outsiders, parmi lesquels le champion du monde, Julian Alaphilippe, qui porte l’essentiel des chances françaises en l’absence des habituels leaders (Pinot, Bardet).

Dès samedi, à l’arrivée pour puncheurs tracée sur les hauteurs de Landerneau, Alaphilippe est attendu. Tout comme le nouveau champion de Belgique Wout van Aert et surtout le Néerlandais Mathieu van der Poel, qui débute dans le Tour au même âge (26 ans) que son grand-père Raymond Poulidor. Cette année-là (1962), Poulidor avait pris la 3e place du classement final. Mais sans évidemment porter le maillot jaune que son petit-fils, un surdoué qui vise le titre olympique en VTT, est en mesure d’endosser.

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