Les Canadiens sont divisés à propos des Jeux de Tokyo

Jeudi, le Japon, hôte de ces Jeux, a signalé 6800 nouveaux cas de COVID-19, portant son total à 665 547 avec 11 255 décès.
Photo: Charly TRIBALLEAU Agence France-Presse Jeudi, le Japon, hôte de ces Jeux, a signalé 6800 nouveaux cas de COVID-19, portant son total à 665 547 avec 11 255 décès.

Un nouveau sondage réalisé par la firme Léger et l’Association d’études canadiennes suggère que le pays est divisé quant à l’idée d’envoyer des athlètes du Canada aux prochains Jeux olympiques de Tokyo, alors que le Japon est aux prises avec des cas grandissants de COVID-19.

Quarante-deux pour cent des personnes interrogées ont déclaré que les athlètes canadiens ne devraient pas participer aux Jeux de Tokyo — retardés d’un an en raison de la pandémie — tandis que 39 % ont dit que la délégation canadienne devrait y participer.

Lorsqu’elles ont été questionnées à savoir si elles pensaient qu’il serait sécuritaire de prendre part aux Jeux, 46 pour cent d’entre elles ont répondu par la négative alors que 35 pour cent ont répondu oui et 19 pour cent n’étaient pas sûrs.

Cette perspective des Canadiens pourrait aider à donner une porte de sortie aux représentants du gouvernement, qui prendront la décision finale quant à une participation des athlètes aux Jeux, selon Christian Bourque, le vice-président exécutif de Léger.

« Les Canadiens sont si divisés et ils ne sont pas convaincus que c’est sécuritaire pour les athlètes. C’est comme s’ils disaient qu’ils endosseraient la décision d’y aller ou non », a mentionné Bourque.

Il a ajouté qu’il était surpris des résultats.

« Habituellement, c’est quelque chose que les Canadiens aiment célébrer, que ce soit les Jeux olympiques d’été ou d’hiver. Simplement de voir nos athlètes prendre part à la compétition, ça obtient toujours d’énormes cotes d’écoute à la télévision. J’aurais cru qu’il y aurait plus de volonté de dire qu’il faut commencer à s’amuser à nouveau, a dit Bourque. Il semble encore une fois que les Canadiens soient prudents et posés dans la façon dont ils ont répondu au sondage. »

Le sondage a interrogé en ligne 1529 Canadiens et 1003 Américains entre le 7 et le 9 mai. On ne peut lui attribuer une marge d’erreur, car les sondages en ligne ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires.

Si les gouvernements sont préoccupés par des Canadiens contrariés parce que les athlètes devancent les files d’attente pour leurs vaccins contre la COVID-19, ils n’ont pas à l’être.

Plus de six répondants sur 10 croient que les athlètes canadiens devraient avoir une priorité de vaccination au Canada.

Les athlètes ne sont pas obligés d’être vaccinés pour participer aux Jeux olympiques. Les entreprises Pfizer et BioNTech ont cependant annoncé plus tôt en mai qu’elles allaient faire don de doses pour vacciner les athlètes et les officiels qui se préparent pour les Jeux de Tokyo.

Le Comité olympique canadien a indiqué qu’il croit avoir accès à ces doses de vaccin dans le cadre d’une initiative du Comité international olympique.

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, n’était pas disponible pour une entrevue, vendredi, mais sa porte-parole, Camille Gagné-Raynauld, a mentionné que les responsables fédéraux surveillaient de près l’état de la pandémie et ses effets sur les Jeux de Tokyo.

Le gouvernement travaille en étroite collaboration avec ses partenaires sportifs et avec le soutien de l’ambassade du Canada à Tokyo, a ajouté Gagné-Raynauld.

Les américains moins réfractaires

Les résultats du sondage auprès des Américains suggèrent que nos voisins du sud sont beaucoup plus à l’aise avec l’idée d’envoyer leurs athlètes aux Jeux de Tokyo, qui s’ouvriront le 23 juillet.

Cinquante-cinq pour cent des répondants ont dit qu’ils voulaient que leurs athlètes participent aux Jeux comparativement à seulement 20 pour cent qui ne sont pas en faveur. Plus de la moitié des personnes sondées ont exprimé qu’elles croient qu’il sera sécuritaire de prendre part à la compétition.

Bourque a souligné que ces résultats n’étaient pas surprenants parce qu’en général, les Américains n’ont pas été très favorables aux restrictions imposées concernant la santé publique.

« Ils ont toujours eu une plus grosse attitude de laisser-aller par rapport à tout ce qui touche la pandémie comparativement aux Canadiens », a-t-il soutenu.

L’état d’urgence à Tokyo et à Osaka a été prolongé cette semaine dans d’autres régions du pays, alors que les responsables des sports et de la santé du monde continuent à surveiller l’évolution de la situation sur le terrain.

Vendredi, une pétition appelant à l’annulation des Jeux olympiques « pour protéger des vies » avec plus de 350 000 signatures a été soumise au gouverneur de Tokyo, Yuriko Koike. La pétition indique que l’argent dépensé pour les Jeux serait mieux utilisé pour les personnes dans le besoin en raison de la pandémie.

Jeudi, le Japon a signalé 6800 nouveaux cas de COVID-19, portant son total à 665 547 avec 11 255 décès.

Avec la collaboration de The Associated Press et de la journaliste de La Presse canadienne Lori Ewing

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