Hatem McDadi succède à Louis Borfiga chez Tennis Canada

Sous la gouverne de Louis Borfiga, l’équipe de Tennis Canada a notamment obtenu le premier titre en Grand Chelem de son histoire en simple, lors du triomphe d’Andreescu aux Internationaux des États-Unis en 2019.
Eduardo Munoz Alvarez Associated Press Sous la gouverne de Louis Borfiga, l’équipe de Tennis Canada a notamment obtenu le premier titre en Grand Chelem de son histoire en simple, lors du triomphe d’Andreescu aux Internationaux des États-Unis en 2019.

Tennis Canada a dévoilé lundi la refonte de sa structure pour le développement de l’élite du tennis au pays, qui n’est rien de moins qu’« un hommage au travail de Louis Borfiga » nouvellement retraité, selon son successeur Hatem McDadi.

Pendant quinze ans, l’ancien vice-président principal du développement de l’élite chez Tennis Canada s’est affairé à laisser une empreinte indélébile sur le tennis canadien, et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle M. McDadi tenait tant à poursuivre dans cette voie.

« Avant qu’il annonce sa retraite, nous avons travaillé ensemble pour pourvoir les postes clés dans cette nouvelle structure, ainsi que pour le développement. Parce que dans le tennis de haute performance, il est crucial de continuer de progresser. C’est donc un hommage à Louis, car Louis a été tout simplement exceptionnel », a déclaré McDadi en visioconférence lundi.

À l’annonce de sa retraite en février dernier, Borfiga avait souligné que « dans mon équipe, il y a des gens de grande valeur qui sont capables de prendre la suite. » Son vœu a donc été exaucé par le conseil d’administration de Tennis Canada.

Nouvelles responsabilités

Ainsi, les entraîneurs Guillaume Marx et Sylvain Bruneau se voient confier davantage de responsabilités. Ils décrochent respectivement les rôles de chef de la performance et chef du tennis féminin professionnel et de transition.

Sylvain Bruneau continuera de diriger le programme féminin pour les joueuses professionnelles et celles en transition, ainsi que le programme de la Coupe Billie Jean King et le programme olympique. Et, bien sûr, il poursuivra son travail auprès de Bianca Andreescu.

Le principal intéressé n’était pas disponible lundi pour discuter de sa promotion, puisqu’il se trouve en Europe et s’affaire à préparer l’Ontarienne en vue des Internationaux de France.

De son côté, Guillaume Marx sera responsable de la gestion du Centre national de tennis et des centres d’entraînement régionaux situés à Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary, lesquels regroupent les meilleurs joueurs de 14 ans et moins de chaque région. L’ex-instructeur de Félix Auger-Aliassime dirigera aussi le programme de tennis masculin professionnel, y compris la Coupe Davis et le programme olympique masculin.

Louis Borfiga assure que malgré les changements, les objectifs de l’organisation qui chapeaute le tennis au Canada demeureront essentiellement les mêmes. « C’est de gagner des Grands Chelems, la Coupe Billie Jean King et la Coupe Davis, mais le défi pour Tennis Canada sera de compter plus de joueurs parmi les 100 premiers au monde », a-t-il noté.

D’autre part, deux nouveaux postes stratégiques seront pourvus d’ici quelques semaines : celui de chef du développement des 15 ans et moins, ainsi que celui de chef de la science et de la médecine du sport.

Laisser sa marque

D’origine monégasque, Louis Borfiga est arrivé à Montréal en 2006 pour se joindre à l’équipe de Tennis Canada en tant que vice-président de l’élite. En septembre 2007, il a mis en place un programme de tennis pour les athlètes de haute performance basés à Montréal, qui est devenu le Centre national de tennis.

Grâce au programme, certains des meilleurs talents que le pays ait connus ont pu se développer : Milos Raonic, Eugenie Bouchard et Rebecca Marino dans un premier temps, puis Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Bianca Andreescu par la suite. Sous la gouverne de Borfiga, le Canada a notamment obtenu le premier titre en Grand Chelem de son histoire en simple, lors du triomphe d’Andreescu aux Internationaux des États-Unis en 2019.

« Il s’est passé quelque chose. Il [Borfiga] a changé la culture, et cette culture est à conserver. C’est-à-dire qu’il y a des standards maintenant élevés au Canada, et la première chose à faire, c’est de maintenir cette culture de performance et ces standards élevés », a fait valoir lundi l’entraîneur Guillaume Marx.

« La deuxième chose, c’est le nouveau départ à cause de la pandémie, a-t-il poursuivi. Notre pays est particulièrement touché, parce qu’il n’y a pas de compétition au Canada depuis un an et demi. On est quasiment le seul pays dans le monde où c’est le cas. Donc, il y a forcément quelque chose à repartir, et ça passe par les académies et les centres. C’est un travail de fond pour ramener les jeunes dans les structures. »

McDadi et son équipe auront toute une tâche à relever, puisque le département de la haute performance de Tennis Canada a souffert au cours des derniers mois. L’annulation des deux volets de la Coupe Rogers et de tous les tournois de moindre envergure a privé la fédération d’importantes sources de revenus, entraînant des coupes massives dans plusieurs programmes.

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