Le soccer mondial visé par de nombreuses enquêtes

La FIFA fait l’objet d’une multitude de procédures, de l’attribution de ses droits de télévision à celle du Mondial 2022 au Qatar.
Photo: Agence France-Presse La FIFA fait l’objet d’une multitude de procédures, de l’attribution de ses droits de télévision à celle du Mondial 2022 au Qatar.

Outre les deux affaires dans lesquelles Michel Platini sera entendu cette année en Suisse, la FIFA fait l’objet d’une multitude de procédures, de l’attribution de ses droits de télévision à celle du Mondial 2022 au Qatar.

Blatter-Platini

La chute des deux anciens dirigeants, mis au ban du soccer mondial fin 2015, cache un double contentieux : d’abord l’affaire principale, instruite pour « gestion déloyale », « abus de confiance » et « escroquerie », relative à un paiement de 2 millions de francs suisses de la FIFA à Michel Platini en 2011, validé par le président de l’époque Sepp Blatter sans contrat écrit.

Mais alors que la clôture de l’instruction approche, avec une dernière audition du Français lundi et mardi à Berne, les deux hommes martèlent qu’il s’agit d’un reliquat de salaire pour un travail de conseiller remontant à 1999-2002.

Et puis, l’affaire secondaire : Michel Platini voit de surcroît dans ce procès un « complot » destiné à l’évincer de la présidence de la FIFA, qui semblait s’offrir à lui, au profit de Gianni Infantino. Il a donc contre-attaqué, fin 2018, en déposant une plainte pour « dénonciation calomnieuse » et « association de malfaiteurs ».

Infantino

Élu en 2016 avec la promesse de « restaurer l’image de la FIFA », l’actuel patron Gianni Infantino est visé depuis juillet 2020 par une procédure pénale pour « incitation à l’abus d’autorité », « violation du secret de fonction » et « entrave à l’action pénale ».

La justice suisse lui reproche trois rencontres secrètes en 2016 et 2017 avec Michael Lauber, alors chef du Ministère public de la Confédération (MPC), nourrissant des soupçons de collusion entre le parquet et la FIFA, partie civile dans la plupart des procédures.

L’Italo-Suisse assure de son côté qu’il s’agissait de montrer au parquet « que la nouvelle FIFA était à mille lieues de l’ancienne », une instance « victime de fonctionnaires corrompus » sous l’ère Blatter.

Mais par ailleurs, le procureur Stefan Keller voyait fin 2020 des « indices » de « gestion déloyale » dans un vol en jet privé effectué par M. Infantino en 2017 et payé par la FIFA. Le magistrat vient d’être désigné compétent pour enquêter sur ce volet.

Soupçons sur le Mondial qatari

L’enquête la plus embarrassante, pour l’instance, par l’ombre qu’elle jette sur sa compétition reine, vise l’attribution au Qatar de l’organisation de la Coupe du monde 2022.

Documentés par une enquête interne de la FIFA, les soupçons d’achat de voix lors du vote du 2 décembre 2010 ont justifié une plainte, fin 2014, auprès de la justice suisse, qui enquête depuis mai 2015 pour « blanchiment d’argent et gestion déloyale ».

Parallèlement, la justice française enquête pour « corruption active et passive » sur un déjeuner tenu le 23 novembre 2010 entre Nicolas Sarkozy, alors président de la France, deux hauts dirigeants qataris et Michel Platini, à l’époque patron de l’Union of European Football Associations (UEFA).

Si le Qatar concentre l’attention, le Mondial 2018 en Russie et celui de 2010 en Afrique du Sud sont aussi entachés par des soupçons de corruption. Enfin, la Suisse a dû clore en avril un procès sur l’attribution du Mondial 2006 à l’Allemagne, en raison de la prescription.

Pots-de-vin et droits de télé

Manne financière de la FIFA, les droits télévisés sont aussi sa principale source de contentieux : parallèlement aux sanctions de sa justice interne, les procédures judiciaires visent à la fois les droits des Coupes du monde et celles de tournois régionaux.

Ainsi le « Fifagate », qui démarre avec l’arrestation spectaculaire, le 27 mai 2015, de sept dirigeants du foot mondial à Zurich, concerne avant tout le « racket » commis par des responsables du foot sud-américain en échange des droits de compétitions continentales.

Instruite aux États-Unis, l’affaire a déjà abouti à la condamnation à neuf ans de prison du Paraguayen Juan Angel Napout et à quatre ans de prison du Brésilien José Maria Marin. Jeffrey Webb, autre dirigeant venu des Îles Caïmans, a plaidé coupable et accepté de payer 6,7 millions de dollars américains, mais il attend toujours sa sentence pénale.

Pour ce qui est des droits des Mondiaux, relevant directement de la FIFA, le patron de beIN Media et du Paris Saint-Germain, le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, et l’ex-secrétaire général Jérôme Valcke, accusés de « gestion déloyale » et d’« incitation » dans une affaire relative aux Mondiaux 2026 et 2030, ont été acquittés fin octobre.

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