Ouïgours: pour le CIO, «un boycottage des JO n’a jamais rien apporté»

Le président du CIO, Thomas Bach
Photo: Greg Martin OIS/IOC via Agence France-Presse Le président du CIO, Thomas Bach

Le président du CIO, Thomas Bach, a plaidé vendredi contre un boycottage des JO de Pékin, de plus en plus discuté en raison de la répression des Ouïgours, affirmant qu’une telle option n’avait « jamais rien apporté ».

Interrogé sur le traitement par le pouvoir chinois de cette minorité musulmane, qualifié jeudi de « génocide » par une motion parlementaire néerlandaise, Thomas Bach a reconnu qu’il « conduisait directement à la question du boycottage ».

Mais « il faut apprendre de l’histoire : un boycottage des Jeux olympiques n’a jamais apporté quoi que ce soit », a argumenté le dirigeant allemand, reconduit mercredi pour quatre ans à la tête de l’instance olympique.

L’ancien escrimeur devenu avocat a rappelé le boycottage des JO de Moscou en 1980 par les États-Unis et certains de leurs alliés, pour protester contre l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS.

« L’armée soviétique s’est retirée en 1989, donc ça n’a vraiment servi à rien à part punir leurs propres athlètes et conduire à un contre-boycottage des Jeux de Los Angeles », en 1984, par les pays du bloc de l’Est, a-t-il poursuivi.

Thomas Bach s’était d’ailleurs fait le porte-parole des sportifs ouest-allemands pour contester le boycottage des Jeux de Moscou, qui l’avait empêché de défendre son titre olympique de fleuret par équipe décroché en 1976 aux JO de Montréal.

Plus largement, il a rappelé la « neutralité politique » gravée dans la Charte olympique et reconnue par les Nations unies, expliquant que le CIO ne pouvait agir que « dans la limite de [ses] attributions ».

« Les droits de la personne ou les droits du travail, entre autres, font partie du contrat avec la ville hôte des Jeux » et l’instance olympique « travaille étroitement avec le comité d’organisation et surveille les chaînes d’approvisionnement, les droits des travailleurs, la liberté de la presse et nombre d’autres sujets », a-t-il énuméré.

Affirmant prendre « cette question très au sérieux », il a néanmoins souligné que le CIO n’était « pas un super-gouvernement mondial », susceptible de « régler des questions pour lesquelles ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le G7, ni le G20 n’ont de solution ».

« C’est du ressort de la politique. Nous devons assumer nos responsabilités dans notre domaine de compétences, et les gouvernements doivent prendre les leurs dans leur domaine de compétences », a conclu le patron du CIO.