Réélu à la tête du CIO, Thomas Bach joue la carte de la résilience

Thomas Bach, 67 ans, a été reconduit à la quasi-unanimité, avec 93 voix pour et une voix contre.
Photo: Greg Martin OIS IOC / Agence France-Presse Thomas Bach, 67 ans, a été reconduit à la quasi-unanimité, avec 93 voix pour et une voix contre.

Réélu pour quatre ans à la tête du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach a de nouveau promis mercredi des Jeux de Tokyo « sûrs » cet été, malgré la pandémie et les incertitudes entourant la présence de public et la rigueur à prévoir des mesures sanitaires.

« Tokyo demeure la ville hôte la mieux préparée de l’histoire olympique et, pour l’heure, nous n’avons aucune raison de douter que la cérémonie d’ouverture se tiendra bien le 23 juillet », a lancé le dirigeant allemand de 67 ans, en poste depuis 2013.

Sans surprise, puisqu’il était seul en lice, la 137e session du CIO a reconduit Thomas Bach (93 voix contre 1) lors d’un scrutin par visioconférence. Sauf changement dans les statuts de l’instance, Thomas Bach devra laisser sa place à un successeur en 2025.

Celui qui a été champion olympique d’escrime par équipe devait briguer ce second mandat à Athènes, dans le sillage des JO de Tokyo de 2020. Mais la pandémie a entraîné le report d’un an de la grand-messe olympique, et l’arrivée de variants plus contagieux de la COVID-19 empêche depuis tout relâchement des précautions sanitaires.

Les JO de Tokyo sont programmés du 23 juillet au 8 août prochain. Pour M. Bach, « la question n’est pas de savoir si les Jeux auront lieu, mais comment », puisque « plus de 270 événements sportifs » ont pu se tenir en pleine pandémie « en préservant la santé de tous ».

Contraint de convaincre à chaque sortie que les JO ne tourneront pas au gigantesque foyer de contamination, le dirigeant allemand a promis qu’ils seraient « une manifestation sûre de paix, de solidarité, et de la résilience de l’humanité face à la pandémie ». Il a cependant averti que ces Jeux impliqueraient des « sacrifices ». Le monde olympique demeure suspendu aux décisions des autorités japonaises sur la présence de spectateurs étrangers, attendues d’ici la fin mars, et sur celle de spectateurs tout court, d’ici la fin avril.

Présidence agitée

Avant même que la pandémie ne transforme Tokyo 2020 en cauchemar sanitaire, Thomas Bach avait connu une présidence ambitieuse, mais tumultueuse, condensant tous les problèmes du sport mondial. Après huit ans de mandat, Thomas Bach n’a encore jamais « présidé des Jeux véritablement irréprochables », soulignait d’ailleurs dimanche le site spécialisé Inside The Games.

La préparation chaotique des JO de Rio en 2016, entre chantiers inachevés et destruction violente de bidonvilles, a conforté M. Bach dans sa volonté d’éviter à l’avenir les constructions pharaoniques. Mais s’y est ajouté le rocambolesque feuilleton du dopage russe, qui a éclaboussé les JO de Sotchi en 2014, puis ceux de Rio et de Pyeongchang en 2018, avec des décisions contradictoires du CIO, de l’Agence mondiale antidopage et du Tribunal arbitral du sport.

Cela étant, Thomas Bach a depuis 2013 stabilisé les intérêts à long terme du CIO, de ses ressources financières à l’organisation des Jeux olympiques, menacée par la raréfaction des candidatures et l’explosion des coûts. En plus du retentissant accord signé en 2014 avec la chaîne américaine NBC — qui a décroché les droits télévisés des Jeux jusqu’en 2032 pour 7,65 milliards de dollars américains —, l’instance basée en Suisse a plus que doublé les recettes de son programme « TOP » de commandites internationales.

Côté accueil des Jeux, rompant avec la mise en concurrence publique des candidats selon un calendrier immuable, Thomas Bach a pour la première fois attribué deux éditions en septembre 2017, soit les JO 2024 à Paris et ceux de 2028 à Los Angeles.

Mais depuis plusieurs mois, les appels à boycotter les Jeux d’hiver de Pékin en 2022 se multiplient en raison de la répression chinoise contre la minorité musulmane des Ouïgours.

Pour le CIO, ce débat coïncide avec une refonte en cours de l’article 50 de la charte olympique, qui bannit pour l’heure toute « démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale ».

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