Le moment était le bon pour Burrows

Alexandre Burrows est toujours passionné par le hockey, environ deux ans et demi après avoir mis un terme à sa carrière de joueur.
Photo: John Woods La Presse canadienne Alexandre Burrows est toujours passionné par le hockey, environ deux ans et demi après avoir mis un terme à sa carrière de joueur.

Dominique Ducharme a récemment affirmé à la blague qu’il ne serait pas surpris si son adjoint derrière le banc du Canadien de Montréal Alexandre Burrows lui demandait éventuellement d’enfiler l’uniforme pour aider l’équipe.

Burrows est toujours passionné par le hockey, environ deux ans et demi après avoir mis un terme à sa carrière de joueur. Et il a toujours le même objectif dans sa nouvelle profession : gagner la coupe Stanley.

Le Québécois âgé de 39 ans ne croyait pas nécessairement avoir l’occasion de poursuivre sa quête aussi rapidement après son changement de carrière.

« J’ai été surpris quand Marc (Bergevin) m’a appelé. Il y avait une voiture qui m’attendait le lendemain matin pour que je rejoigne l’équipe à Ottawa », a raconté Burrows lors de sa première visioconférence depuis sa nomination comme entraîneur adjoint du Tricolore le 24 février.

« C’est excitant d’être de retour dans la LNH et de le faire avec mon équipe d’enfance. J’ai à nouveau la chance de gagner la coupe Stanley. Ce serait un rêve devenu réalité, même en tant qu’entraîneur. »

Burrows a atteint la LNH à la vitesse grand V comme entraîneur, un contraste avec son parcours de joueur. Le natif de Pincourt n’a jamais été repêché dans la LNH. Il a disputé deux saisons dans l’ECHL avant de graduer dans la Ligue américaine de hockey. Il a fait ses débuts dans la LNH avec les Canucks de Vancouver à l’âge de 24 ans. Et encore là, il a lentement grimpé les échelons, commençant dans un rôle d’agitateur au sein du quatrième trio avant de devenir l’ailier de prédilection des jumeaux Daniel et Henrik Sedin.

Il a finalement disputé 913 rencontres dans la LNH avec les Canucks et les Sénateurs d’Ottawa. Il a perdu en finale de la Coupe Stanley face aux Bruins de Boston en 2011.

Se qualifiant lui-même de « nerd » du hockey, Burrows a vite sauté sur une occasion de rejoindre Joël Bouchard chez le Rocket de Laval quand il a été temps pour lui de tourner la page sur sa carrière de joueur.

« Je savais que ça devenait difficile physiquement de jouer dans la LNH et j’étais excité par ce nouveau défi, en plus de revenir à la maison, d’être plus près de ma famille et mes amis, a raconté Burrows. J’avais l’occasion d’apprendre avec Joël, d’apprendre comment les jeunes joueurs se comportent dans la Ligue américaine, comment leur enseigner les bonnes habitudes qui les aideront à avoir du succès.

« Je mentirais si je disais que je pensais me retrouver chez le Canadien deux ans plus tard. Je visais ça, mais j’y allais un jour à la fois. J’ai eu des occasions d’aller ailleurs dans la LNH lors des deux derniers étés, mais je ne me sentais pas prêt à aller ailleurs, de déménager dans une autre ville, même si c’était pour être dans la LNH. Parfois, le “timing” fait bien les choses. Je ne pourrais pas être plus excité de travailler avec cette équipe et de côtoyer Dominique et Luke (Richardson). »

Un avantage numérique redoutable

La principale responsabilité de Burrows chez le Canadien est le travail en avantage numérique.

En six rencontres depuis la nomination de Ducharme et Burrows, le Tricolore a marqué cinq buts en 11 occasions en avantage numérique. Son efficacité de 45,5 % le classe au premier rang de la LNH à ce chapitre au cours de ce bref échantillon, loin devant le Lightning de Tampa Bay à 36 % avant les matchs de mardi.

Burrows n’a pourtant marqué que 18 de ses 193 buts en carrière dans la LNH en avantage numérique. Même lors de ses saisons les plus productives, il n’était pas toujours l’option préférée de ses entraîneurs dans cette facette du jeu.

Cela n’a toutefois pas empêché Burrows de participer aux réunions de l’avantage numérique et de retenir les leçons apprises pendant qu’il évoluait en infériorité numérique.

« À la place de manger des bagels dans la salle commune, je préférais assister aux réunions pour être prêt si jamais on finissait par m’envoyer sur l’avantage numérique », a dit Burrows en riant.

Il croit toutefois avoir été influencé par deux entraîneurs adjoints des Canucks, Ryan Walter et Newell Brown.

« Newell avait toujours un plan et il n’y avait pas de zones grises, a souligné Burrows. Il y avait un plan pour les sorties de zones, les entrées de zone, les quatre contre trois, les cinq contre trois, les mises au jeu. C’était facile de juste jouer sans trop réfléchir. Tout devenait des automatismes. […] J’essaie de travailler de la même façon maintenant avec le Canadien. »

Burrows a aussi souligné que les jumeaux Sedin étaient si bons en avantage numérique parce qu’ils ne forçaient pas le jeu. Il les a qualifiés « d’experts à réussir les jeux simples ».

Ce sont donc ces mêmes philosophies qu’il prêche chez le Canadien.

« Nous voulons du jeu simple et direct, a-t-il indiqué. Nous avons un plan sur les sorties de zone, les entrées de zone, sur les mises au jeu – que nous les gagnions ou les perdions –, sur la manière de bouger la rondelle en zone offensive et où attaquer.

« Il n’y a pas de zone grise. Tout le monde est sur la même longueur d’onde. »

Les récents succès du Canadien en avantage numérique ont toutefois été le produit de la même vague menée par Jeff Petry, Jesperi Kotkaniemi, Corey Perry, Brendan Gallagher et Tomas Tatar.

L’autre vague, qui inclut notamment Shea Weber et Jonathan Drouin, continue à en arracher.

« Il y a un plan en place pour les deux unités, mais il y en a une pour qui ça fonctionne mieux. Nous continuons à travailler là-dessus, a dit Burrows. Les meilleures unités du circuit sont composées de joueurs qui travaillent ensemble depuis quatre, cinq ou six ans, avec les mêmes gars aux mêmes endroits.

« Nous encourageons nos joueurs à jouer un style direct, simple et efficace. Nous espérons que cela va aider nos unités à produire dans les moments importants tard dans un match ou en séries. »

Et ce sera peut-être un but en avantage numérique de ses unités qui aidera Burrows à soulever un jour la coupe Stanley.

À voir en vidéo