Des élus de Québec et d’Ottawa appellent à déplacer les Jeux olympiques de Pékin

Les Jeux olympiques de Pékin glorifient, selon les signataires, un régime qui commet les pires crimes contre l’humanité envers sa propre population».
Photo: Mark Schiefelbein Associated Press Les Jeux olympiques de Pékin glorifient, selon les signataires, un régime qui commet les pires crimes contre l’humanité envers sa propre population».

Les Jeux olympiques prévus à Pékin en 2022 devraient être déplacés hors de Chine si le gouvernement chinois poursuit son « génocide » contre les Ouïghours, réclament dans une lettre rendue publique samedi des députés de tous les partis à Ottawa et à Québec de même que des organisations humanitaires.

La lettre, initiée par le député bloquiste de Lac-Saint-Jean Alexis Brunelle-Duceppe, implore « les humanistes et les démocrates du monde entier » de refuser de participer aux « Jeux de la honte ».

Les Jeux olympiques de Pékin glorifient, quant à eux, « un régime qui commet les pires crimes contre l’humanité envers sa propre population ».

À ce jour, Ottawa ne reconnaît pas que la persécution des musulmans ouïghours constitue un génocide et la Chine se défend vigoureusement que ce soit le cas.

Le sous-comité des droits internationaux de la personne de la Chambre des communes avait tranché en octobre être « persuadé » au terme de ses audiences que « les gestes du Parti communiste chinois constituent un génocide aux termes de la Convention sur le génocide ».

Les signataires de la lettre notent que « deux millions » d’Ouïghours et de musulmans turciques sont « emprisonnés dans des camps de concentration que les autorités chinoises ont l’odieux d’appeler des “camps de formation professionnelle”. »

« Dans ces mêmes camps, des viols collectifs sont commis ainsi que de nombreux actes de torture, poursuivent-ils. Des femmes sont stérilisées de force, des adultes et des enfants sont enlevés, des logiciels d’intelligence artificielle traquent, par l’entremise de caméras de surveillance, les Ouïghours partout autour du globe. »

Les signataires estiment que la Chine a mis en œuvre une « entreprise d’effacement culturel » où elle « endoctrine ceux et celles qui sont incarcérés » et empêche « toute expression culturelle ».

La lettre réplique d’avance à ceux qui pourraient accuser ses auteurs de mélanger politique et sport en affirmant que « lorsqu’on est confronté à un génocide, on ne parle plus ici de politique, mais bien de droits de la personne et de crimes contre l’humanité ».

Un statu quo « inaceptable »

Le statu quo est « inacceptable », a expliqué le député Alexis Brunelle-Duceppe en entrevue avec La Presse canadienne qui propose une solution qui évite un boycott : « Oui aux Olympiques, mais pas à Pékin ».

« Les preuves commencent à rentrer de plus en plus, a-t-il noté. Tout le monde est au courant. Là, ça suffit. On veut être du bon côté de l’histoire et on ne peut pas rester muet. »

Le fait que la lettre ait reçu l’appui d’une si vaste gamme de députés lui donne de la crédibilité, a souligné M. Brunelle-Duceppe.

En plus d’être signé par 19 élus, le document est notamment ratifié par le médaillé olympique Jean-Luc Brassard, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, le Centre consultatif des relations juives israéliennes et le Uyghur Rights Advocacy Project.

La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau, a déclaré que « la communauté internationale devait travailler ensemble afin d’enquêter sur les violations flagrantes de droits de la personne qui ont lieu au Xinjiang ».

« Les preuves de plus en plus nombreuses d’une campagne de répression systématique ne peuvent être ignorées », a-t-il ajouté en Chambre lors de la période des questions.

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