Le Canada entend participer aux Jeux olympiques de Pékin

La cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin doit avoir lieu dans un an, le 4 février 2022, même si la pandémie de coronavirus risque d’être toujours d’actualité à ce moment-là.
Photo: Wang Zhao Agence France-Presse La cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin doit avoir lieu dans un an, le 4 février 2022, même si la pandémie de coronavirus risque d’être toujours d’actualité à ce moment-là.

Dans l’ombre des Jeux olympiques de Tokyo, un autre événement de taille entraîne son lot de défis au sein des comités olympique et paralympique canadiens. À un an de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, le COC et le CPC ne comptent pas boycotter cet événement sportif comme le demandent plusieurs groupes de pression.

Cette décision, annoncée dans une lettre ouverte envoyée à la presse jeudi, survient alors que d’importantes tensions persistent entre le Canada et le gouvernement chinois. Les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor sont incarcérés depuis maintenant deux ans en Chine, leur détention étant considérée comme une mesure de représailles en Occident après l’arrestation de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou à Vancouver en décembre 2018.

« Le Comité olympique canadien (COC) et le Comité paralympique canadien (CPC) ne minimisent pas ce qui se passe en Chine. Cependant, un boycottage n’est pas la solution. Nous croyons plutôt que les intérêts de tous les Canadiens et de la communauté mondiale progresseront davantage grâce aux compétitions et par la célébration des performances et des valeurs canadiennes sur la scène olympique et paralympique », peut-on lire dans la missive cosignée par le chef de la direction et secrétaire général du COC, David Shoemaker, et la directrice générale du CPC, Karen O’Neill.

« Face aux seules options qui s’offrent à nous, soit d’aller aux Jeux ou de ne pas y aller, notre approche est d’être présents et de participer à la conversation », a-t-on ajouté.

La décision du COC de participer aux Jeux olympiques de Pékin l’hiver prochain ne plaira toutefois pas à tout le monde. Mercredi, une coalition de 180 groupes de défense des droits de la personne — dont certains sont canadiens — a appelé au boycottage des Jeux de Pékin en raison des violations des droits de la personne contre les minorités ethniques en Chine. La coalition est composée de groupes représentant les Tibétains, les Ouïghours, les Mongols intérieurs, les résidents de Hong Kong et bien d’autres.

La cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin doit avoir lieu dans un an, le 4 février 2022, même si la pandémie de coronavirus risque d’être toujours d’actualité à ce moment-là.

Les yeux sur Tokyo

Un autre grand chantier auquel le COC doit s’attaquer simultanément de front avec les préparatifs pour les Jeux de Pékin, c’est évidemment la participation du pays aux Jeux de Tokyo dans moins de six mois.

Mercredi, le comité organisateur des Jeux de Tokyo et le Comité international olympique (CIO) ont dévoilé les premières lignes de leur plan pour assurer la tenue de l’événement. Ils ont présenté un « guide » qui détaille comment les 15 400 athlètes entreront — et sortiront — du Japon, en vue de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo, le 23 juillet, et de celle des Jeux paralympiques, un mois plus tard. Ce guide vise à rassurer les athlètes, et à persuader les Japonais que les JO devraient avoir lieu.

Le chef des sports du COC, Éric Myles, est d’ailleurs convaincu que les JO de Tokyo auront lieu, comme prévu, réfutant ainsi la nouvelle sortie en janvier dans le Times de Londres. Le quotidien mentionnait alors que des discussions avaient lieu au sein du comité organisateur dans le but de les annuler.

« Cette nouvelle-là nous a un peu pris par surprise, comme tout le monde, ce qui démontre le non-fondé de celle-ci, a évoqué Myles en visioconférence avec La Presse canadienne. Au contraire, nous continuons tous à avancer — nous venons de recevoir le playbook, avec un plan détaillé —, et donc il n’y a absolument rien qui a reculé. Nous demeurons optimistes. »

L’enjeu de la vaccination

L’autre éléphant dans la pièce concerne l’opération de vaccination des athlètes olympiques et paralympiques, en vue des JO de Tokyo. L’influent membre canadien du CIO Richard Pound a récemment fait les manchettes sur la planète en déclarant que les athlètes devraient être priorisés, afin qu’ils puissent servir de modèles pour la population canadienne.

Or, le COC a rapidement indiqué qu’il n’adhérait pas à ce point de vue, en précisant que les athlètes seront vaccinés en même temps que le reste de la population canadienne. Les représentants du COC et du CPC ont d’ailleurs tenu à minimiser l’importance du vaccin, pour désamorcer en quelque sorte la situation.

La question est d’autant plus sensible dans un contexte de rareté des doses de vaccin contre la COVID-19, d’un bout à l’autre du pays. « Je suis conscient que l’accent est mis sur le vaccin, mais il faut garder à l’esprit que ce n’est qu’un élément du scénario. Le scénario est beaucoup plus large que ça. Vaccin ou pas vaccin, nous avons un plan beaucoup plus complet qui fera que nous serons capables de participer aux Jeux de Tokyo », a d’abord expliqué Éric Myles.

« Il y a aussi la composante des athlètes paralympiques ; certains d’entre eux ont un système immunitaire fragile, donc ils seraient considérés comme faisant partie de la population vulnérable, a souligné de son côté Martin Richard, le directeur des communications du CPC. Notre priorité, c’est de nous assurer que lorsque l’opportunité se présentera à eux, ils pourront la saisir. »

« Sauf qu’en ce moment, le scénario qu’on préconise, c’est celui où aucun athlète ne recevra le vaccin [d’ici aux JO de Tokyo], ce qui signifie qu’on devra mettre des mesures en place pour assurer leur sécurité, sans compromis », a ajouté M. Richard.

Enfin, Éric Myles n’a pas caché que le COC songeait à une possible candidature conjointe de Montréal et Toronto pour l’obtention de Jeux d’été, quelque part entre 2032 et 2040. Il a cependant admis que le projet, très embryonnaire, ne figurait pas dans les priorités de l’organisation.

« Nous sommes extrêmement conscients de la situation actuelle [avec la pandémie]. Par contre, et c’est là le plus important, il faut explorer le potentiel dans les années 2030 ou 2040. Mais pour l’instant, il n’y a aucune décision, aucun risque à prendre. Est-ce utopique ? Je ne sais pas, mais il n’y a aucune règle qui l’interdit. Moi, je crois simplement que nous faisons notre travail correctement en regardant toutes les avenues possibles. Et avec le temps, pas immédiatement, des décisions pourraient être prises », a-t-il conclu.

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