Auclair veut suivre les traces de Duvernay-Tardif

Auclair, qui est âgé de 27 ans, et les Buccaneers de Tampa Bay affronteront les champions en titre, les Chiefs, dans le cadre du Super Bowl LV le 7 février.
Photo: Otto Greule Jr/Getty Images/AFP Auclair, qui est âgé de 27 ans, et les Buccaneers de Tampa Bay affronteront les champions en titre, les Chiefs, dans le cadre du Super Bowl LV le 7 février.

Antony Auclair est conscient de la chance qu’il a. Il pourrait devenir le deuxième joueur québécois en autant de saisons à remporter le Super Bowl, après un certain Laurent Duvernay-Tardif avec les Chiefs de Kansas City l’an passé.

Auclair, qui est âgé de 27 ans, et les Buccaneers de Tampa Bay affronteront les champions en titre, les Chiefs, dans le cadre du Super Bowl LV le 7 février. Un exploit qu’il peine encore à réaliser.

« C’est fou, parce que je n’ai jamais osé rêver de me rendre au Super Bowl. Mon rêve a toujours été de jouer dans la NFL, donc c’est un peu comme un bonus. C’est fou d’être ici en ce moment […] Je voulais y aller étape par étape, être dans la grosse ligue avant tout, mais c’est fou d’être ici aujourd’hui après seulement quatre ans. Et je sais que ça n’arrivera pas chaque année. Donc, je suis extrêmement reconnaissant », a déclaré Auclair en visioconférence jeudi.

Du même souffle, le principal intéressé a indiqué que Duvernay-Tardif n’était pas entré en contact avec lui pour lui offrir quelques conseils en vue du match de championnat de la NFL.

« Non, il ne m’a pas contacté. Sasha [Ghavami, l’agent des deux joueurs], assure-toi qu’il le fasse, s’est-il exclamé en riant. L’an dernier, c’est moi qui le regardais. Mais être un gars du Québec, un deuxième en autant d’années sur cette scène-là, c’est fou.

« Mon rêve cette année aurait été de jouer contre lui [au Super Bowl], mais il a choisi de ne pas jouer cette saison — il fait un travail remarquable pour lutter contre la COVID-19 au Québec. Je me dis que ce sera peut-être pour une autre fois », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le joueur de Notre-Dame-des-Pins et ses coéquipiers des Bucs vivront une expérience inédite lors du duel contre les Chiefs. Ils deviendront alors la première équipe de la NFL à accueillir le Super Bowl sur son propre terrain — au stade Raymond James de Tampa. Un avantage non négligeable, selon lui.

« C’est sûr que ce sera un avantage pour nous, car nous sommes dans nos affaires. Normalement, on voyage la semaine précédente, on doit participer à la semaine des médias, on dort dans un hôtel, donc là on a l’avantage du confort de la maison », a-t-il dit.

Auclair et les Bucs seront néanmoins les négligés pour l’emporter face au quart étoile Patrick Mahomes et ses acolytes des Chiefs, malgré les 22 000 spectateurs qui seront dans les gradins pour l’occasion. Après tout, l’équipe floridienne s’est inclinée 27-24 devant eux le 29 novembre dernier. Un point de vue qu’il ne partage pas nécessairement.

« C’est une grosse équipe, et nous en sommes une également. Nous avons affronté de bons clubs en éliminatoires, et je pense que tout ce qui s’est passé jusqu’ici cette saison n’a plus aucune importance. Ce qui compte, c’est ce qui va se passer dimanche prochain sur le terrain », a dit Auclair.

« C’est sûr que si on regarde les statistiques, c’est impressionnant, et on a de la difficulté à croire à tout ça. Mais l’important, c’est ce qui s’en vient », a-t-il répété.

La clé pour les Bucs, leur défensive ?

Auclair croit évidemment que la présence de joueurs légendaires en attaque tels que Tom Brady, Rob Gronkowski et Antonio Brown joueront un rôle dans l’issue de la rencontre, mais une carte cachée pourrait aussi faire pencher la balance en faveur des Bucs.

« Oui, nous avons Tom [Brady] en attaque, mais pour être honnête avec vous, nous disposons d’une défensive très solide, a évoqué Auclair. Ces gars-là sont jeunes, et ils s’améliorent chaque année. C’est épeurant de les voir aller. Ils gagnent en confiance à chaque match, et c’est le cas aussi pour l’ensemble de l’équipe depuis notre semaine de congé [bye week]. Nous sommes constants et nous travaillons très fort. Nous serons difficiles à arrêter. »

Les chances que l’ailier rapproché de six pieds, six pouces et 256 livres puisse participer à son premier match de championnat en carrière dans la NFL semblent toutefois minces. Le Québécois, qui a fait ses classes dans le circuit universitaire québécois avec le Rouge et Or de l’Université Laval, n’a pas été très sollicité en 2020 — il n’a pris part qu’à huit parties cette saison, dont deux à titre de partant.

« Mais je me prépare comme si je jouais, a-t-il confié. Je n’ai pas joué lors des derniers matchs. […] Mais lors des entraînements, j’incarne un joueur de l’équipe adverse afin d’aider notre défensive. C’est une tâche que je faisais même lorsque je jouais, avec plus de répétitions en attaque cependant. »

Cette situation s’explique notamment en raison de la congestion à sa position chez les Bucs, avec la présence de Gronkowski, Cameron Brate et Tanner Hudson. Il ne leur tient toutefois pas rancœur.

« Je passe toutes mes journées avec “Gronk” ; ce gars-là est très drôle, a convenu Auclair. C’est très agréable de côtoyer ces gars-là. “Gronk” sourit toujours, donc c’est difficile d’être maussade en sa compagnie. C’est très cool, parce qu’ils travaillent fort tous les jours, et qu’ils sont de bons modèles pour moi. C’est très agréable de les fréquenter. »

Et qui sait, peut-être qu’Auclair sera récompensé pour sa patience exceptionnelle au cours des derniers mois en recevant — à son tour — une bague du Super Bowl.

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