Le Canadien mise gros sur son nouveau gardien

Faire jouer Jake Allen plus souvent permettrait à Carey Price de garder son énergie pour les séries éliminatoires.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Faire jouer Jake Allen plus souvent permettrait à Carey Price de garder son énergie pour les séries éliminatoires.

Dans un monde idéal, Jake Allen serait le gardien du Canadien pendant 30 matchs au cours de la prochaine campagne. Du moins, dans le monde idéal de Stéphane Waite. L’entraîneur des gardiens de la formation montréalaise a expliqué sa vision des choses au cours d’une généreuse visioconférence de plus de 30 minutes mardi.

« Dans un scénario de 82 matchs, dans un monde parfait — il y a toujours des impondérables qui se produisent : les blessures, le calendrier, une série de défaites, ta position au classement —, j’aimerais avoir Jake pour une trentaine de matchs. »

Le Canadien se conformerait ainsi à la tendance lourde dans la Ligue nationale, soit de compter sur un second de qualité, permettant au no 1 de garder son énergie pour les séries éliminatoires, où elle est plus que nécessaire.

Le ratio demeurerait le même si la LNH dispute une saison écourtée.

« Ça voudrait dire beaucoup de matchs rapprochés, on aurait tout de même deux gardiens frais, a-t-il noté. Qu’on joue 48 ou 82 matchs, on sait que le calendrier sera très condensé. Ce sera donc important que les deux disputent le même ratio de matchs : 30 pour Jake, 52 pour Carey.

D’ailleurs, Waite admet qu’Allen, âgé de 30 ans seulement, pointait haut sur sa liste de souhaits d’acquisitions d’entre-saison. Selon lui, le directeur général Marc Bergevin a réussi un circuit en obtenant ce gardien « dans une classe à part ».

« On a payé le prix, mais aujourd’hui, c’est ce qu’il faut faire, a indiqué Waite. Ça nous prend au minimum un bon B pour être substitut, et Jake correspond à ce profil.

« Il compte près de 300 départs dans la Ligue nationale, il a déjà été un no 1, comparativement à Keith [Kinkaid, le second de Carey Price l’an dernier], qui n’avait jamais été no 1 et qui ne comptait qu’une centaine de départs dans la ligue. C’est une autre classe complètement : Jake pourrait être no 1 dans la Ligue nationale encore à bien des endroits. On paie le prix, mais je suis bien content de compter sur lui. »

Ça nous prend au minimum un bon B pour être substitut, et Jake correspond à ce profil

 

Pour Waite, la plus belle preuve que l’organisation était rendue au point de se conformer à cette tendance a été observée cet été.

« Carey était reposé et en santé. C’est ce qu’on veut pour Carey en saison : que chaque fois qu’il joue, il soit frais physiquement et mentalement, a expliqué Waite. Il y a beaucoup de préparations en vue d’un match pour les gardiens maintenant ; ce n’est plus comme “dans le temps”, où il embarquait sur la glace et ne pensait pas trop à ce qu’il avait à faire. Maintenant, les matchs sont tellement serrés qu’un mauvais but peut coûter le match : c’est beaucoup de pression pour un gardien.

« Il a aussi 33 ans : son corps met plus de temps à récupérer entre chaque rencontre. Carey veut jouer tous les matchs, mais il va être heureux de jouer moins souvent, mais d’offrir plus de départs de qualité. Nous avons regardé des matchs ensemble et il coupe les coins ronds dans certaines situations pour préserver son énergie. Ce n’est pas la meilleure solution. Nous n’avions pas le choix de tout le temps le surutiliser. Ce sera très bénéfique, autant pour Carey que pour l’équipe. »

La LNH explore l’option des bulles pour la prochaine saison

La LNH explore des bulles à court terme, une refonte temporaire des sections et un calendrier écourté en vue de la prochaine saison, a confié le commissaire Gary Bettman. En compagnie de ses homologues de la NBA et du baseball majeur, Adam Silver et Rob Manfred, Bettman prenait part au sommet international Paley, de façon virtuelle. Bettman affirme qu’il ne demanderait jamais aux joueurs de se soumettre à une bulle pour la totalité d’une saison. Mais le circuit explore l’idée que les clubs jouent dans leurs arénas habituels, dans des bulles ou une solution hybride. Tout plan viendrait d’une collaboration entre la LNH et ses joueurs, comme l’était la relance. Si la ligue doit se tourner vers des bulles, il y aura des rotations, a dit Bettman lors du sommet de mardi. « Vous jouerez pendant 10 à 12 jours. Vous disputerez plusieurs matchs sans voyager. Vous allez rentrer à la maison pour une semaine, pour passer du temps avec votre famille. Il y aura des protocoles pour les tests et toutes les autres choses nécessaires, a-t-il mentionné. Ce ne sera pas tout à fait aussi efficace qu’une bulle, mais nous croyons, si nous allons dans cette direction, que nous allons minimiser les risques de façon pratique et sensée. C’est l’un des scénarios abordés. »  

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