Natation artistique Canada veut améliorer l’environnement d’entraînement

Jackie Buckingham, la cheffe de la direction de l’organisation, a déclaré qu’il s’agissait d’une occasion de changer la culture.
Photo: Pedro Pardo Agence France-Presse Jackie Buckingham, la cheffe de la direction de l’organisation, a déclaré qu’il s’agissait d’une occasion de changer la culture.

Natation artistique Canada (NAC) a indiqué qu’elle souhaite faire table rase afin d’améliorer l’environnement d’entraînement, pour qu’il puisse être plus sécuritaire pour ses athlètes.

NAC a publié les résultats d’une enquête indépendante vendredi à la suite de nombreuses plaintes de harcèlement et de dénonciations de la culture de la peur, qui serait rampante au Centre national d’entraînement de l’équipe à Montréal.

L’enquête, à laquelle ont participé les 18 athlètes de l’équipe, en plus des 10 membres du personnel de direction et de soutien, n’a pas permis de trouver des preuves d’agressions physiques, sexuelles ou psychologiques.

Cependant, 44 % des répondants ont mentionné avoir été témoins ou avoir vécu des agressions psychologiques de la part des entraîneurs, du personnel de soutien ou encore d’autres athlètes. Et 39 % ont indiqué avoir été témoins d’actes d’intimidation.

Jackie Buckingham, la cheffe de la direction de l’organisation, a déclaré qu’il s’agissait d’une occasion de changer la culture.

NAC a confirmé à La Presse canadienne en fin d’après-midi vendredi le maintient en poste de Gabor Szauder comme entraîneur-chef du Centre d’entraînement de l’équipe nationale.

« Nous n’avons pas d’échéanciers pour le retour au Centre d’entraînement national. L’actuel personnel d’entraîneurs demeurera en place, tandis que NAC implante le plan d’action annoncé dans son communiqué, afin de s’assurer que certaines notions éducatives et de réintégration élaborées par des experts sont adoptées », a déclaré la porte-parole de NAC, Barb MacDonald, par voie de communiqué.

« Nous allons revoir en profondeur l’organisation, jusqu’aux entraîneurs dans les clubs qui enseignent les programmes récréatifs ; tout le monde sera concerné par ceci, a dit Buckingham. Nous croyons sincèrement que ça dépasse les limites de notre équipe nationale. Il s’agit des entraîneurs, des entraîneurs dans notre sport, des entraîneurs dans tous les sports. »

Le Centre d’entraînement national de Montréal a fermé ses portes le temps de l’enquête, et demeurera fermé jusqu’à ce que NAC ait élaboré un plan pour la relance sécuritaire des activités.

« Les conséquences émotionnelles sont bien réelles, donc nous passerons du temps pour rebâtir les liens de confiance, a ajouté Buckingham. Nous élaborons présentement un processus pour faciliter le retour aux activités régulières, tout en limitant les conséquences du choc psychologique que nous venons de vivre.

« Nous n’avons donc toujours pas de date de reprise de nos activités. Nous ne voulons pas précipiter ce processus, nous voulons qu’il suive son cours pour nous assurer que lorsque nous serons de retour au centre d’entraînement, alors tout le monde sera dans un bon état d’esprit… et nous voulons que les relations de travail soient rétablies, de manière à ce que lorsqu’elles retourneront à la piscine, il y ait un certain lien de confiance. »

L’équipe féminine a décroché l’or aux Jeux panaméricains en 2019, assurant du même coup la place du Canada aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021 dans l’épreuve par équipes et celle en duo.

Avec Lori Ewing

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