Claude Julien est encouragé par la nouvelle équipe du Canadien

L’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Claude Julien, discute avec Brendan Gallagher, Jonathan Drouin et Joel Armia, lors d’une pratique  à Brossard, en juillet dernier.
Paul Chiasson La Presse canadienne L’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, Claude Julien, discute avec Brendan Gallagher, Jonathan Drouin et Joel Armia, lors d’une pratique à Brossard, en juillet dernier.

Claude Julien a au moins deux bonnes raisons de respirer la joie de vivre. D’abord, et c’est certainement ce qui importe le plus, il se sent en excellente santé. Ensuite, et ce n’est certainement pas à négliger, il travaillera derrière le banc d’une équipe renouvelée, qui lui donne envie de reprendre le boulot.

Lors d’une visioconférence qui a duré près d’une heure jeudi, l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, l’air serein et détendu, a répondu aux nombreuses questions des journalistes. Certaines étaient de nature générale, d’autres plus pointues, un peu comme celles que l’on peut entendre au début d’une saison, comme ça devrait être le cas à ce stade du mois d’octobre.

Peu importe s’il était question de la situation devant le filet, à la ligne bleue ou au sein des trios offensifs, Julien a le sentiment que le directeur général Marc Bergevin a apporté les correctifs qui s’imposaient au cours des dernières semaines.

« Avec les ajouts que l’on a faits, on est devenus une équipe beaucoup plus compétitive. On se sent confiants et c’est notre travail, comme groupe d’entraîneurs, de répondre aux attentes. Je suis excité et j’ai hâte de recommencer et de travailler avec notre groupe », a déclaré Julien.

Bergevin a connu une fin d’été et un début d’automne que l’on pourrait qualifier de prolifique, en mettant la main sur le gardien Jake Allen, le défenseur Joel Edmundson et sur les attaquants Josh Anderson et Tyler Toffoli, notamment. De plus, le directeur général a réglé d’importantes questions contractuelles alors qu’il en est venu à des ententes à long terme avec le défenseur Jeff Petry et l’attaquant Brendan Gallagher.

Avec les ajouts que l’on a faits, on est devenus une équipe beaucoup plus compétitive. On se sent confiants.

 

« Marc a fait du bon travail justement pour aller chercher des joueurs qui sont capables de nous aider. Tu ajoutes ces joueurs-là au groupe que l’on avait déjà — on a fait signer Gallagher, Petry, des joueurs qui nous ont donné du bon hockey, qu’on est venus à bout de garder. Toutes ces choses-là, ça augure bien. »

Profondeur

Au fil de ses réponses, Julien a souvent parlé de compétitivité, mais aussi de profondeur. Or, à cet égard, il pense qu’il sera bien nanti dans toutes les facettes de son équipe, y compris devant le filet. « Maintenant, on a un gardien, en Allen, qui a été le numéro un pendant des années à St. Louis et qui va nous donner la chance de [laisser se] reposer Carey [Price]. Déjà là, on est une équipe encore meilleure », estime Julien.

« À la défense, on est allés chercher de l’expérience, on est allés chercher du gabarit, soit par échange quand on parle d’Edmundson, soit par ajout quand on parle de [Alexander] Romanov, qui risque d’être avec notre équipe », a-t-il ajouté. En écoutant les propos de Julien, on sent que cette profondeur sera particulièrement visible au sein de son attaque. À un point tel que l’entraîneur-chef a adressé un message — sans mauvaise intention — aux journalistes qui ont tendance à catégoriser les trios.

« Quand tu regardes les noms de nos attaquants, on a quatre trios qui risquent d’être très compétitifs. Ça va être important de vous dire tout de suite, avec le nombre de joueurs que l’on a à l’attaque, qui est capable de marquer, qui est capable de faire du bon travail. On peut facilement éliminer le trio numéro un, le trio numéro deux, le trio numéro trois. Ça va être une question de savoir quel trio va jouer le mieux durant les matchs. Il faut peut-être arrêter de classifier comme tel les trios et de voir qu’on risque d’avoir une bonne profondeur et un bon équilibre dans nos trios. »

Cette profondeur, a aussi noté Julien, devrait lui permettre de jongler plus facilement encore avec ses trios selon les circonstances.

« C’est ça, la beauté de ce que l’on a à l’attaque. On peut bouger des joueurs ici et là et continuer d’avoir de bons trios. C’est pour ça que c’est excitant. On a de la profondeur et on a des choix que l’on peut faire au fur et à mesure, de match en match ou même à mi-match. » L’un des joueurs clés pourrait être Josh Anderson, que le Canadien a obtenu dans la transaction qui a envoyé Max Domi aux Blue Jackets de Columbus.

« On vient d’ajouter un joueur au gros gabarit à l’aile droite, qui patine bien, qui est bon sur l’échec avant, qui est très bon devant le filet et qui est capable de marquer des buts, peu importe s’il a eu une année difficile l’an passé, analyse Julien. On est vraiment confiants qu’il est capable de marquer des buts avec une certaine régularité. Cet aspect-là, pour notre équipe, on en avait besoin. On voulait grossir un peu et c’est un élément qui nous donne un bon coup de pouce. Pour moi, c’est vraiment un bon ajout pour notre équipe. »

Avec toutes ces bonifications et cet optimisme, Julien est conscient que les attentes des amateurs seront élevées et que ceux-ci n’attendront rien de moins qu’une participation aux prochaines séries éliminatoires.

« Ç’a toujours été notre objectif, même lors des années précédentes, et ça n’a pas changé. Les gens vont me demander : “À quoi vous attendez-vous ?” Je m’attends à ce que nous participions aux séries, il n’y a aucun doute. C’était comme ça chaque année, et chaque fois que nous n’y sommes pas parvenus, j’étais déçu. À mes yeux, ce n’est pas de la pression, mais une opportunité. Nous devrions être assez bons pour participer aux séries et nous devrions savourer cette opportunité. »

Communications

Dans un autre ordre d’idée, Julien est revenu sur les allusions selon lesquelles la communication n’a pas toujours été la meilleure dans la foulée des départs de Domi, Charles Hudon et du défenseur Karl Alzner.

« Avec tous les joueurs, avec toutes les équipes que j’ai dirigées, j’ai toujours dit que ma porte était toujours ouverte si les joueurs ont besoin de discuter de quelque chose. C’est sûr que ce n’est pas toujours facile de parler à tous et chacun tous les jours. On a quand même une bonne communication. Là, vous parlez à des joueurs avec qui ça n’a pas nécessairement fonctionné. Les athlètes sont des gens fiers et il y aura toujours des commentaires qui vont sortir.

« On a rencontré tous les joueurs avant les séries, on a rencontré tous les trios, on a rencontré toutes les paires de défenseurs, les gardiens, même les joueurs en surplus qu’on avait. On a discuté avec tous ces joueurs, on leur a dit clairement leur rôle, ce que l’on attendait d’eux. De ce côté-là, je ne vois pas le problème de communication », a ajouté Julien, sans animosité envers les joueurs en question.

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