Ciccone s’attaque aux bagarres dans des sports impliquant des mineurs

L’initiative d’Enrico Ciccone vise particulièrement les dirigeants de la LHJMQ qui ont amendé, dernièrement, le règlement existant pour porter de 5 à 15 minutes la durée d’une punition à la suite d’une bagarre.
Photo: Francois Laplante/FreestylePhoto/Getty Images/AFP L’initiative d’Enrico Ciccone vise particulièrement les dirigeants de la LHJMQ qui ont amendé, dernièrement, le règlement existant pour porter de 5 à 15 minutes la durée d’une punition à la suite d’une bagarre.

Le député de Marquette et porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs et de saines habitudes de vie, M. Enrico Ciccone, a présenté mercredi à l’Assemblée nationale un projet de loi visant à interdire les batailles dans les activités sportives auxquelles participent des personnes de moins de 18 ans. Dans un communiqué, Ciccone dit croire depuis longtemps qu’interdire les batailles pour les sportifs d’âge mineur est la solution qui s’impose.

« Quand je me suis lancé en politique, je me suis dit que je voulais faire avancer certains dossiers, dont celui de la sécurité dans les sports. La loi n’a pas été modifiée depuis 2007. Je crois qu’on doit avancer, tourner une page sur certains dossiers », a déclaré Ciccone lors d’un point de presse tenu en fin de matinée, après le dépôt du projet de loi.

Insistant sur le fait que le projet de loi ne se limite pas à la sphère sportive, mais touche aussi la santé et la jeunesse du Québec, Ciccone considère qu’il devait être déposé le plus rapidement possible, malgré le contexte entourant la pandémie de coronavirus. « Il n’y a pas un timing pour la sécurité de nos enfants », a lancé Ciccone en réponse à une question d’une journaliste.

« C’est important de commencer, déjà, le travail pour abolir les fameuses bagarres à poings nus. Au Québec, la Régie de l’alcool, des courses et des jeux ne donnerait jamais, jamais un permis à un événement où des adultes se battent à poings nus, et on le laisse encore faire aujourd’hui en 2020 dans nos ligues avec des mineurs de 15, 16 et 17 ans. C’est inacceptable. Il n’y a pas de temps parfait pour déposer un projet de loi. Il fallait le déposer le plus rapidement possible pour laisser justement le temps à la ministre (Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation) et au gouvernement d’en prendre note. »

Ciccone a évolué au hockey junior et professionnel pendant une douzained’années à compter de 1987 avec les Cataractes de Shawinigan, dans laLigue de hockey junior majeur du Québec, où il a fait ses débuts à l’âge de 17 ans.

Reconnu pour ses talents pugilistiques davantage que pour sa capacité à marquer des buts, Ciccone a joué pendant trois saisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, où il a accumulé 840 minutes de punitions en 159 matchs. Entre 1992 et 2000, il a porté l’uniforme de sept équipes différentes dans la Ligue nationale de hockey, dont le Canadien de Montréal, et amassé 1469 minutes de punitions en 374 parties.

On continue de laisser nos jeunes […] se tapocher quand on connaît l’impact des commotions cérébrales sur la santé.

L’initiative de Ciccone vise particulièrement les dirigeants de la LHJMQ qui ont amendé, dernièrement, le règlement existant pour porter de 5 à 15 minutes la durée d’une punition à la suite d’une bagarre. « L’augmentation du temps de pénalité à la suite d’une bagarre, ce n’est plus assez. Ça prend un geste concret, une position ferme, c’est-à-dire, l’interdiction complète », affirme Ciccone, dans le communiqué.

« On continue de laisser nos jeunes de 15, 16 et 17 ans se tapocher quand on connaît l’impact des commotions cérébrales sur la santé. C’est absolument inacceptable. Si les organisations sportives n’ont pas la volonté nécessaire pour protéger nos jeunes afin d’envoyer un message clair et sans équivoque en les interdisant complètement, c’est à nous, comme législateurs, de nous assurer d’aller le plus loin possible pour les protéger », a-t-il ajouté.

La LHJMQ a réagi avec une brève déclaration, acheminée à La Presse canadienne par courriel en début d’après-midi. « Nous avons pris connaissance du projet de loi déposé par le député Enrico Ciccone. De notre côté, nous venons de faire un pas dans la bonne direction il y a quelques semaines avec le resserrement de nos sanctions. Comme nous l’avons annoncé, nous allons continuer de travailler de concert avec les équipes et le cabinet de la ministre Charest pour offrir un milieu encore plus sécuritaire pour nos joueurs étudiants. »

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