Les Alouettes sans marge de manoeuvre

Danny Maciocia a été nommé directeur général du club montréalais le 13 janvier.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Danny Maciocia a été nommé directeur général du club montréalais le 13 janvier.

Les partisans des Alouettes devront avoir des attentes modestes lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes de la Ligue canadienne, mardi midi, puisque Danny Maciocia n’a pas les fonds nécessaires pour poser un coup d’éclat.

Le nouveau directeur général du club montréalais a expliqué que sa marge de manoeuvre sous le plafond salarial est pour ainsi dire inexistante et que les signatures de contrat annoncées au cours des deux dernières semaines constitueront probablement la majeure partie des ajouts à sa formation.

« Oui, une grosse partie du travail a été accomplie, a-t-il admis. Je pense que nous avions besoin de nous occuper du poste de quart, de la ligne à l’attaque et du contenu canadien. Nous avons d’autres besoins quant au contenu canadien, surtout sur le plan de la profondeur. Mais nous avons des moyens limités. »

« Je n’ai pas besoin de vous chanter la même rengaine que celle des quatre dernières semaines. Nous avons un énorme problème sous le plafond salarial. Nous en sommes conscients et travaillons à le régler, mais c’est très loin d’être une situation idéale. »

« Ça va prendre environ deux ans à régler cela, mais me connaissant et connaissant les gens dont je me suis entouré, j’aimerais le faire en 12 mois. »

« Même au repêchage, nous n’avons pas de choix de premier tour au cours des deux prochaines années. Ça aussi, ça fait partie de notre réalité. C’est un défi, on y travaille. […] J’ai cette équipe à coeur. Nous avons annoncé de belles choses : Vernon Adams, Eugene Lewis, la ligne à l’attaque, mais c’est sûr que nous avons du travail à faire dans les prochaines semaines, prochains mois. »

Coûteux bonis

Sans chercher des excuses, Maciocia admet être pris avec des contrats — dont plusieurs avec des bonis qui ont été versés en janvier — laissés par son prédécesseur, Kavis Reed, congédié à la mi-juillet dans des circonstances nébuleuses. À mots couverts, Maciocia a indiqué que, s’il avait été en poste plus tôt, peut-être que certains de ces joueurs auraient été libérés avant de toucher leur prime.

« Quand tu n’as pas de directeur général en poste ou personne d’autre pour prendre ces décisions… a-t-il dit, laissant sa phrase en suspens. Je n’utilise pas ça comme excuse, mais c’est une réalité. On va avoir une bonne équipe. »

Comment compte-t-il s’y prendre s’il n’a pas les moyens de ses ambitions ? En vendant son projet aux joueurs. « Je vais devoir être un bon vendeur. Je sais qu’on gère des contrats et un business, mais je suis en période de recrutement présentement. Je demande aux joueurs de nous donner un an, en leur disant qu’ils seront satisfaits de ce que cette équipe pourra leur donner au cours des prochaines années. »

Le demi à l’attaque James Wilder a notamment accepté ce projet en signant un pacte d’une saison il y a quelques jours. Mais au football, il s’agit d’un pari hasardeux avec les risques élevés de blessures. Il faudra voir si Maciocia saura en convaincre d’autres. Entre-temps, il se rabat sur son réseau de contacts.

« On cherche des joueurs défensifs du côté des États-Unis. Je pense [que mes dépisteurs] en ont assez de m’entendre à ce sujet. C’est au point où, moi-même, je vais m’y rendre pour tenter de trouver un ou deux joueurs et les convaincre de venir ici. »

Si les Alouettes ont parfois surpayé des joueurs autonomes au cours des dernières années, Maciocia ne croit plus qu’il aura à le faire.

« Ce que je ressens, c’est que les joueurs veulent maintenant venir ici. C’est en raison de ce qu’on a fait sur le terrain, de Vernon Adams, d’Henoc Muamba, de Coach Jones. On veut que les Alouettes soient de nouveau une destination de choix. »

Les partisans qui rêvaient que les Alouettes fassent une offre au joueur de ligne défensive des Blue Bombers de Winnipeg Willie Jefferson devront toutefois oublier le projet, mais pas en raison de la situation financière du club. Le colosse de six pieds sept, 248 livres a renoncé à l’autonomie et a signé un nouveau contrat de deux ans avec les Bombers, qui lui rapporterait 520 000 $, soit une moyenne de 260 000 $ par an.

Maciocia ne s’était pas trompé de beaucoup : il avait estimé que le footballeur de 29 ans irait chercher entre 275 000 et 300 000 $ et n’aurait pas été en mesure de lui faire une offre.

« Je peux vous dire qu’avec l’argent que j’ai de disponible, ce serait lui manquer de respect que de lui faire une offre, a noté Maciocia avant qu’on apprenne la signature de Jefferson. […] Pour faire des offres, il faut qu’on ait l’argent disponible. Quand une offre est acceptée, tu es obligé de la respecter. »

« Nous serons capables d’être compétitifs du côté défensif, mais il faut être réalistes sur nos ajouts des prochains jours », a-t-il conclu.