Le travail particulier des recruteurs de la future équipe de Seattle

Le KeyArena accueillera la future équipe de Seattle.
Photo: Elaine Thompson Associated Press Le KeyArena accueillera la future équipe de Seattle.

La présence de recruteurs de la future équipe de Seattle dans les arénas de Boston, Toronto, Dallas ou Vancouver n’a déjà plus rien de nouveau. Ils font partie du quotidien de la LNH. Mais quand John Goodwin ou l’un de ses collègues assiste à un match, il ne regarde pas nécessairement la même chose que ses homologues du circuit.

Si les recruteurs des 31 autres formations de la LNH prennent peut-être des notes sur le déploiement de l’avantage numérique ou les tactiques des différents trios, ceux de l’équipe de Seattle observent chaque joueur de manière individuelle. Comment joue-t-il avec ou sans la rondelle ? Comment interagit-il avec ses coéquipiers sur le banc ?

Ils veulent utiliser les informations recueillies pour savoir comment les joueurs pourraient travailler ensemble au sein de l’équipe d’expansion dans moins de deux ans.

« Quand vous travaillez pour une équipe qui existe déjà, vous observez un joueur en fonction d’un rôle précis. Dans notre cas, nous observons les joueurs pour savoir s’ils ont les habiletés ou les caractéristiques que nous recherchons », a dit Dave Hunter, qui travaille à partir de Boston.

« Au lieu de rechercher un ailier gauche de troisième trio qui est agressif et qui peut écouler les punitions, nous allons rechercher un joueur qui patine bien, qui est créatif et qui a une bonne compréhension du jeu. Ce n’est pas un rôle précis. »

La semaine dernière, cinq recruteurs professionnels de l’équipe de Seattle — qui estiment avoir observé des centaines de matchs de la LNH et de la Ligue américaine — se sont rencontrés à quelques coins de rue de l’aréna où l’équipe disputera son premier match dans 20 mois.

Moins d’une semaine plus tard, ils n’étaient plus que quatre, puisque Ulf Samuelsson a accepté un poste d’entraîneur-chef en Suède. Samuelsson était toutefois présent lors de la rencontre à Seattle, tout comme Goodwin, Hunter, Stu Barnes et Cammi Granato.

Ils ont révisé leurs notes au sujet de plusieurs joueurs. Ils ont échangé leurs rapports et discuté du type de données recherchées par la direction menée par le directeur général Ron Francis, son adjoint, Ricky Olzcyk, et la directrice de la recherche et de la stratégie hockey, Alexandra Mandrycky.

Ils ont aussi simulé un repêchage d’expansion afin de voir quels joueurs pourraient représenter l’équipe de Seattle lors de son premier match en octobre 2021.

Le résultat était-il réaliste ? Pas du tout. Mais cet exercice était une petite récompense pour ceux qui travaillent fort dans la préparation du repêchage d’expansion.

« Ce sera un apprentissage intéressant pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce processus », a dit Goodwin.

L’objectif principal pour l’équipe de recrutement cette année est de construire une base de données semblable à celle que les équipes qui existent possèdent déjà. Certaines informations sont faciles à obtenir, mais il y a des choses particulières que l’équipe de Seattle tient à recueillir puisque Mandrycky cherche à mettre l’accent sur les statistiques avancées.

« Notre base de données sur les joueurs de la LNH, de la LAH et au niveau amateur est vide présentement, avait rappelé Mandrycky lors d’une entrevue avec l’AP en septembre. Il est important, pendant les deux prochaines années, de construire des fondations solides qui nous permettront de faire des choix éclairés lors du repêchage d’expansion et du marché des joueurs autonomes. »

Si l’accent est mis sur l’équipe de la LNH, les recruteurs doivent aussi suivre les activités dans la LAH pour deux raisons. D’abord, la Ligue américaine est remplie de jeunes joueurs qui ne demandent qu’à obtenir une chance de faire leurs preuves dans la LNH. Ensuite, l’équipe de Seattle devra aussi remplir la formation de son club-école à Palm Springs, qui fera également ses débuts en 2021.

L’objectif une fois rendu au repêchage d’expansion est d’avoir des rapports sur plus de 2000 matchs.

« Combien de personnes ont la chance de bâtir une équipe dès la première brique, a demandé Goodwin. C’est une occasion très rare dans le monde du sport. »