Les Alouettes devront repenser leurs façons de faire sur la ligne défensive

«La ligne défensive est une priorité, a dit Danny Maciocia mercredi, lors d’une rencontre avec les médias montréalais, au Stade olympique. Maintenant, à savoir si ce sera sur le marché des joueurs autonomes [que nous allons la remodeler], je ne le sais pas: ce sera basé sur les sommes qui seront à ma disposition.»
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne «La ligne défensive est une priorité, a dit Danny Maciocia mercredi, lors d’une rencontre avec les médias montréalais, au Stade olympique. Maintenant, à savoir si ce sera sur le marché des joueurs autonomes [que nous allons la remodeler], je ne le sais pas: ce sera basé sur les sommes qui seront à ma disposition.»

Danny Maciocia l’a répété de nombreuses fois depuis qu’il est en poste : la ligne défensive des Alouettes devra mettre davantage de pression sur les quarts adverses.

« La ligne défensive est une priorité, a-t-il dit mercredi, lors d’une rencontre avec les médias montréalais, au Stade olympique. Maintenant, à savoir si ce sera sur le marché des joueurs autonomes [que nous allons la remodeler], je ne le sais pas : ce sera basé sur les sommes qui seront à ma disposition. Pour l’instant, je suis au maximum [permis sous le plafond salarial]. C’est pour ça que je dis qu’il y a des décisions difficiles qui s’en viennent. »

Maciocia a particulièrement ciblé le nombre de sacs réussis par la formation montréalaise au cours de la dernière campagne : 27. Ces 27 sacs ont conféré aux Alouettes le dernier rang du circuit.

« C’est nettement insuffisant, a admis le coordonnateur à la défense des Alouettes, Bob Slowik. Le chiffre que j’ai en tête, c’est de 40 à 50 sacs. Je pense que peu importe la ligue, si vous obtenez 50 sacs, c’est le nombre magique. Si vous atteignez ce total, vous êtes une menace constante pour les attaques adverses. Ils savent qu’ils seront dans le pétrin s’ils ne se défont pas rapidement du ballon. »

« Nous n’avons pas obtenu le nombre de sacs que j’aurais souhaité et je n’en suis pas heureux, a renchéri l’entraîneur de la ligne défensive, Todd Howard. Nous étions par contre heureux de remporter 10 matchs et de passer aux séries éliminatoires pour la première fois en quatre ans. Mais tout le monde au sein de cette organisation sait que nous devons appliquer plus de pression sur les quarts adverses. C’est là-dessus qu’on se concentre. »

Maciocia n’y est pas allé par quatre chemins : sa ligne défensive manque de talent.

« Amen ! Je suis avec lui là-dessus, a déclaré Slowik. Je pense que c’est une combinaison de plusieurs facteurs, mais le plus important, c’est d’avoir le talent nécessaire pour appliquer la pression sur les quarts adverses. Nous avons tout tenté l’an dernier : des blitz à deux joueurs, à trois joueurs, à quatre joueurs, jusqu’à sept joueurs. Nous réussissions parfois à nous rendre au quart adverse, mais nous n’avons pas été en mesure de le faire de façon constante. Alors le talent et de nouveaux schémas de jeux feront la différence. Je fais confiance à Danny pour nous trouver les joueurs dont nous aurons besoin. »

« On espère qu’on trouvera de quoi nous aider sur le marché des joueurs autonomes, a ajouté Howard. De mon côté, comme entraîneur, je fais ma part aussi. Je consulte d’autres entraîneurs pour voir comment ils font les choses, quels concepts ils utilisent. Je cherche à mettre à jour ma façon de voir cette partie du travail. J’ai aussi eu le luxe de profiter d’une saison morte complète pour me préparer. Si vous vous rappelez bien, j’ai été nommé en poste environ une semaine avant le début du camp en 2019. Avec tout ce temps pour préparer mon plan, il sera bien meilleur. Et nos gars travaillent fort : quand tu as cela, c’est toujours possible de s’améliorer. »

Howard jouit d’une vaste expérience : plus de 22 ans passés sur les lignes de côté de la NCAA, de la NFL et de la LCF. Au fil des ans, plusieurs de ses protégés ont connu du succès comme pourchasseurs de quarts.

« En 2014, avec les Roughriders, j’avais deux des trois meilleurs pourchasseurs de quarts de la ligue, a-t-il noté. Ricky Foley a obtenu 20 sacs en deux ans pour moi ; Tearrius George a eu 20 sacs en deux saisons sous mes ordres. J’ai dirigé des joueurs qui ont fait la première équipe d’étoiles dans la NCAA, des joueurs qui ont participé au Pro Bowl dans la NFL. J’ai dirigé plusieurs joueurs étoiles dans la LCF. Je sais comment faire en sorte que nos joueurs se rendent aux quarts adverses, mais il faut avoir des joueurs qui ont les habiletés nécessaires pour le faire. C’est ce que nous devons faire ici. C’est un défi, mais je veux le relever. Nous avons gagné 10 matchs en 2019, mais nous aurions dû en gagner 12. »

Leçon d’humilité

Slowik reviendra à la barre de la défense montréalaise pour une deuxième saison en 2020. De son propre aveu, son arrivée dans le circuit Ambrosie a été difficile.

« Ça a pris du temps à apprendre le jeu dans la LCF. Ce n’est pas le 12e joueur et les dimensions du terrain. Ce sont ses subtilités. Ça a été une grande leçon d’humilité, a-t-il dit. Mais c’est un sport amusant, fascinant. J’ai appris beaucoup des joueurs et de mes partenaires au sein du personnel d’entraîneurs.

« J’apprends toujours. Ce qui a été le plus long à apprendre, c’est ce qui fonctionne bien dans la LCF. Mon cahier de jeux des trois premiers matchs de la dernière saison s’est retrouvé aux poubelles ! Ça n’existe plus. Ça a pris un certain temps à comprendre aussi ce qui se passait en temps réel en regardant le match. Ça a pris un certain ajustement, en raison de tout le mouvement avant que le ballon ne soit mis en jeu, contrairement à ce qui se fait dans la NFL. »

Slowik est toutefois fier des progrès de ses troupes l’an dernier.

« Nous allons progresser davantage cette saison, a-t-il affirmé. Nous aurons la chance de bâtir sur ce que nous avons bien fait l’an dernier. Les joueurs n’auront pas à apprendre un nouveau système cette saison. C’est difficile de réagir à ce que fait l’attaque adverse quand vous ne savez pas exactement en quoi consiste votre travail. »