Le Canadien veut éliminer les «zones grises» en défense

L’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien
Photo: David Zalubowski Associated Press L’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien

Le Canadien de Montréal traverse présentement sa première séquence plus difficile cette saison, avec une fiche de 4-3-3 jusqu’ici en novembre. On était donc en droit de s’attendre à un entraînement rigoureux, lundi matin, au Complexe Bell de Brossard.

Surtout après avoir que l’équipe eut laissé filer une avance de 4-0 pour s’incliner 6-5 aux mains des Rangers de New York, samedi. Or, ce ne fut pas vraiment le cas. Le Canadien a plutôt choisi de peaufiner son jeu en défensive. L’entraîneur-chef, Claude Julien, a justifié sa décision par le fait que le Bleu-blanc-rouge a un calendrier assez chargé. « Pour gagner des matchs, je ne suis pas certain qu’un entraînement punitif était la solution aujourd’hui, a-t-il expliqué. Ce que je retiens du dernier match, c’est que nous avons marqué cinq buts, mais que nous ne sommes pas assez bons défensivement, et c’est le cas depuis un certain temps déjà. »

« Nous avons donc travaillé notre jeu défensif et nos replis défensifs, a-t-il ajouté. En bout de ligne, je pense que les gens préfèrent qu’on gagne le match de demain [mardi] plutôt que de punir les joueurs aujourd’hui. Selon nous, c’était la meilleure solution. »

Ça ne veut cependant pas dire que le niveau d’intensité de la séance d’entraînement n’a pas été relevé de quelques crans. D’ailleurs, certains joueurs l’ont remarqué. « Oui, ç’a été plus intense qu’à l’habitude. Nous avons beaucoup plus patiné qu’à l’habitude, et nous avons pratiqué beaucoup plus certaines situations de match », a dit le défenseur Victor Mete, encore en sueur une vingtaine de minutes après l’entraînement.

Julien n’a toutefois pas écarté la possibilité que les rondelles soient rangées et que ses hommes patinent à fond de train si la situation actuelle perdure. « Je ne peux pas dire que ça n’arrivera pas [un entraînement punitif]. Si c’était relié au manque d’effort, alors nous aurions puni les joueurs. Dans notre cas, ce n’est pas de la paresse, c’est un problème de concentration. »

Les joueurs du CH ont donc pratiqué les luttes pour la possession de la rondelle le long de la rampe, les sorties de zone et le jeu de transition — tous des aspects qui ont fait défaut à un certain moment samedi soir. Julien a même dû lever le ton à quelques reprises à l’endroit de ses joueurs. « Il faut éliminer les zones grises, car les zones blanches et noires sont beaucoup plus faciles à discerner, a expliqué Julien. Il y a des manières d’y parvenir, notamment en infériorité numérique ; ça s’appelle l’implication. Il faut améliorer notre implication dans certains aspects de notre jeu. Et pour y parvenir, il faut croire en notre système de jeu. Je crois que les joueurs y croient, mais qu’ils oublient parfois de l’appliquer. Et c’est notre travail, aux entraîneurs, de nous assurer qu’ils développent les bons réflexes », a résumé le pilote du CH.

En dépit des ratés contre les Rangers, Julien a choisi de poursuivre son expérience avec les mêmes trios que samedi soir, ainsi qu’avec les mêmes paires de défenseurs. Il faut donc s’attendre à revoir la même formation mardi soir, à l’occasion de la visite des Bruins de Boston au Centre Bell.

Faux départ

Il est à souhaiter que la communication chez le CH au cours des prochains jours soit meilleure qu’à l’entraînement lundi matin.

Tomas Tatar a été le premier à sauter sur la patinoire, et il a exercé ses tirs des poignets de l’enclave pendant quelques minutes avant d’être rejoint par ses coéquipiers. « Après une journée de congé, je voulais juste retourner sur la patinoire et exercer mes tirs, a expliqué le Slovaque. Je n’étais pas trop satisfait de ma performance samedi soir — j’aurais pu briser un bâton —, mais je suis content d’être de retour à l’entraînement, pour qu’on travaille les aspects de notre jeu qui font défaut. »

Puis, environ dix minutes après le début de la séance, la vingtaine de joueurs présents sur la patinoire est retournée soudainement au vestiaire. Une scène pour le moins inusitée. « Ils avaient oublié de nous expliquer les exercices », a simplement dit Charles Hudon, après coup.