Mondial féminin 2019: les Américaines rêvent d’un doublé

<p>Avec douze joueuses sacrées championnes du monde en 2015 au Canada sur les 23 sélectionnées, le « Team USA » ne manquera pas d’expérience, à l’image de la légende Carli Lloyd, qui disputera à 36 ans sa quatrième phase finale de Coupe du monde.</p>
Photo: David Vincent Associated Press

Avec douze joueuses sacrées championnes du monde en 2015 au Canada sur les 23 sélectionnées, le « Team USA » ne manquera pas d’expérience, à l’image de la légende Carli Lloyd, qui disputera à 36 ans sa quatrième phase finale de Coupe du monde.

Paris — La Coupe du monde la plus relevée de l’histoire ? Si les États-Unis restent les principaux favoris à leur propre succession, l’Allemagne, championne olympique en titre, et la France, pays hôte, espèrent créer la surprise pour remporter le Mondial féminin 2019, qui débute vendredi.

« Le niveau a augmenté de manière exponentielle en quatre ans. Les différentes équipes ont progressé. Ça va être une Coupe du monde très ouverte », a d’ores et déjà prévenu la sélectionneuse américaine Jill Ellis.

De l’Allemagne, l’autre géant de la discipline, à l’Angleterre, la nation montante, sans oublier la France, jamais sacrée, mais qui sera plus que jamais motivée devant son public, les 24 nations en lice rêvent de mettre fin à l’hégémonie de la « Team USA ».

Nation la plus titrée de la jeune histoire de la Coupe du monde féminine, avec trois trophées remportés en sept éditions depuis la création du tournoi en 1991, les États-Unis visent une quatrième couronne.

Une manière pour la sélection no 1 au classement FIFA, devant l’Allemagne, l’Angleterre et la France, d’effacer l’échec cinglant des Jeux olympiques de Rio en 2016, où elle avait été éliminée dès les quarts de finale.

Pour cela, les équipières d’Alex Morgan, l’une des grandes stars médiatiques du foot féminin, devront passer outre leurs problèmes extra sportifs, à l’image de la procédure judiciaire lancée contre la fédération américaine pour obtenir l’égalité salariale entre hommes et femmes.

Avec 12 joueuses sacrées championnes du monde en 2015 au Canada sur les 23 sélectionnées, la « Team USA » ne manquera pas d’expérience, à l’image de la légende Carli Lloyd, qui disputera à 36 ans sa quatrième phase finale de la Coupe du monde.

Les Américaines affronteront dans le groupe F la Thaïlande, le Chili et la Suède. Un tirage à leur portée, qui pourrait toutefois leur faire rencontrer… la France dès les quarts de finale, si les deux nations terminent premières de leurs groupes respectifs !

Les Bleues, qui restent sur trois échecs en quarts de finale lors de leurs trois dernières compétitions majeures (Mondial 2015, JO 2016, Euro 2017), espèrent enfin décrocher leur premier trophée.

Devant leur public, les joueuses de Corinne Diacre ont une chance inespérée d’atteindre au moins la finale le 7 juillet à Lyon, l’objectif fixé par la fédération, et imiter les garçons, sacrés en 1998 lors de leur Mondial à domicile.

Ce soutien populaire à venir pourra-t-il vraiment faire la différence ? « Là où je pense que ça peut le faire, c’est qu’on est à la maison, avec nos supporters, c’est un vrai plus », a confié à l’AFP Wendie Renard, la défenseure de l’équipe de France.

« Quand on a des temps faibles dans une rencontre et qu’on sait qu’ils sont derrière nous pour nous pousser, sur le terrain, ça nous redonne 90 minutes dans les jambes », ajoute-t-elle.

Le match d’ouverture contre la Corée du Sud, vendredi (21 h locales, 19 h GMT) au Parc des Princes, donnera une première indication sur les chances réelles des Bleues.

Dans l’ombre des favoris, les Pays-Bas de Lieke Martens, champions d’Europe 2017, le Japon de Saki Kumagai, champion du monde 2011, le Brésil de l’inusable Marta (33 ans), vainqueur de la Copa America 2018, ou encore l’Australie, font figure d’outsiders crédibles.

La Norvège, sacrée en 1995, devra en revanche sans doute revoir ses ambitions à la baisse sans la « serial buteuse » Ada Hegerberg.

Le premier Ballon d’Or féminin de l’histoire sera la grande absente du tournoi à cause d’un conflit avec sa sélection depuis le fiasco de l’Euro 2017.

Dommage pour le spectacle, tant Hegerberg survole la discipline, à l’image de son triplé réalisé en 16 minutes avec Lyon lors de la récente finale de la Ligue des champions contre Barcelone (4-1). Mais la star sera tout de même présente comme consultante pour le groupe TF1, diffuseur du Mondial en France.

La Coupe du monde féminine aura lieu dans neuf villes hôtes : Grenoble, Le Havre, Lyon, Montpellier, Nice, Paris, Reims, Rennes et Valenciennes. Mais pour le « final four » au Parc OL, il n’y aura pas de place pour tout le monde !


Le Canada en action lundi

C’est le 10 juin prochain qu’Équipe Canada affrontera le Cameroun, lors de la Coupe du monde féminine 2019, en France. La formation canadienne jouera ensuite contre les deux autres équipes du groupe E, soit la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas, respectivement les 15 et 20 juin. En 2015, le Canada avait été défait 2 à 1 par l’Angleterre en quart de finale. L’équipe s’est toutefois qualifiée pour le tournoi cette année, grâce à sa seconde place au Championnat féminin de la CONCACAF, en octobre 2018. L’attaquante Christine Sinclair assurera sa cinquième participation à la phase finale de la Coupe. Elle battra ainsi le record national auparavant détenu par Karina LeBlanc. Seule Québécoise de l’équipe, Gabrielle Carle jouera en milieu de terrain.