Laurence Vincent-Lapointe vise toujours plus haut à un peu plus d’un an des JO

Laurence Vincent-Lapointe est déjà considérée comme l’une des favorites des Jeux olympiques de Tokyo.
Photo: Frank Augstein Associated Press Laurence Vincent-Lapointe est déjà considérée comme l’une des favorites des Jeux olympiques de Tokyo.

Elle a beau avoir connu une année de rêve en 2018, la canoéiste Laurence Vincent-Lapointe est consciente qu’il lui reste encore à relever le plus grand défi de sa carrière sportive. À 14 mois des Jeux olympiques de Tokyo, où le canoë féminin fera ses débuts, la Trifluvienne a la ferme intention d’y laisser sa marque.

Et pour réaliser son objectif, il lui faudra conserver son statut de favorite, ce qu’elle entend faire en ne ménageant pas ses efforts d’ici aux Championnats du monde présentés à Szeged, en Hongrie, à la fin août, une étape importante dans le processus de qualification olympique.

« Cette année, les Championnats du monde représentent la grosse étape pour moi. C’est un gros enjeu, celui de me classer. Je suis la favorite, c’est idéal. Mais je ne veux pas me faire surprendre. C’est pour ça que je me prépare à fond », a révélé Vincent-Lapointe à l’issue d’une séance d’entraînement au bassin olympique de l’Île-Notre-Dame en prévision des essais nationaux de vendredi à dimanche.

« Ma façon de les aborder [les Mondiaux], c’est que je ne veux pas avoir de regret. Je veux donner tout ce qui est en mon pouvoir. Et si je me fais battre parce que quelqu’un est plus rapide que moi, ce sera ça. Mais si je n’ai pas tout donné et que quelqu’un me devance, je vais tellement le regretter. Je ne peux pas me permettre ça. Il faut absolument que je donne tout ce que j’ai. »

Résilience

L’athlète de 26 ans s’est forgé une personnalité au fil d’une carrière où les demi-mesures ne font pas partie de son ADN. Et les résultats ont été au rendez-vous jusqu’ici avec la conquête de 13 titres mondiaux.

« Je suis une personne très résiliente », a-t-elle avoué. Et pour cause.

« Ça m’a pris tellement de temps avant de maîtriser mon embarcation. Pendant deux ans, je chavirais tous les jours à l’entraînement. Je n’arrivais jamais à finir un entraînement dans l’embarcation. Ça m’a vraiment développé le caractère. »

Ce sont les tout premiers pour les femmes en canoë. Je ne veux pas laisser quelqu’un d’autre gagner.

Il lui a également fallu surmonter les préjugés. « Tout le monde me disait que les femmes ne pouvaient pas faire de canoë, que nous n’étions pas assez rapides, que c’était mauvais pour les organes reproducteurs. Avec le temps, je me suis forgé une carapace, même si j’ai à l’occasion des moments de faiblesse. Mais je ne laisserai pas les autres me dire ce que je peux et ce que je ne peux pas faire. »

Un rôle de favorite

Vincent-Lapointe a tellement l’habitude de fixer la barre haut — « je me mets beaucoup de pression » — qu’elle a parfois du mal à bien évaluer sa progression. C’est ainsi que, l’hiver dernier, lors d’un long camp d’entraînement en Floride, elle s’est mise à paniquer parce qu’elle jugeait que ses résultats n’étaient pas à la hauteur.

« Je regardais mes résultats des Championnats du monde de l’an dernier et je me comparais. Ça n’avait pas de sens. Après quelques semaines d’entraînement, je ne pouvais pas réaliser les mêmes résultats que j’avais obtenus après tout un été à bâtir ma vitesse et ma technique en vue des Mondiaux.

« J’ai eu besoin de mon entourage pour me replacer, m’aider à remettre les choses en perspective. Et ça m’a beaucoup aidée. Là, je me sens beaucoup mieux. J’ai eu un peu plus de préparation. Je me sens davantage prête à commencer une année où je vais vraiment tout donner. »

D’ici aux Jeux de Tokyo, Vincent-Lapointe voudra se maintenir au sommet de son sport, préférant le rôle de favorite à celui de négligée, sans pour autant se brûler mentalement et physiquement. « Ce seront mes premiers Jeux olympiques. Beaucoup disent que les athlètes qui en sont à leurs premiers Jeux y vont pour l’expérience et qu’ils reviendront gagner quatre ans plus tard.

« Je ne peux pas vraiment me permettre de dire ça, parce que ce sont les tout premiers pour les femmes en canoë. Je ne veux pas laisser quelqu’un d’autre gagner. Non. J’ai prévu que les premiers Jeux olympiques, je veux les gagner, je veux laisser ma marque. C’est mon objectif. Il va falloir que je sois prête à tous les niveaux. »