Blouin tentera de décrocher l’or en Big Air et en slopestyle aux Mondiaux

Médaillée d’argent en slopestyle aux derniers Jeux olympiques, Laurie Blouin a remporté la médaille d’or à ses premiers X-Games la semaine dernière à Aspen.
Photo: Christof Stache Agence France-Presse Médaillée d’argent en slopestyle aux derniers Jeux olympiques, Laurie Blouin a remporté la médaille d’or à ses premiers X-Games la semaine dernière à Aspen.

Laurie Blouin a la tête dans les nuages depuis sa conquête de la médaille d’or en Big Air à sa première participation en carrière aux X-Games d’Aspen, au Colorado, la semaine dernière. Dans tous les sens du terme.

Blouin, de Stoneham-et-Tewkesbury, en banlieue de Québec, a confié mercredi qu’elle n’avait pas encore totalement décanté sa victoire dans la compétition la plus prestigieuse — du moins pour les planchistes des quatre coins du monde.

« Je ne le réalise pas trop encore. Parfois, je repense à ce qui s’est produit et je me dis : “O.K., j’ai gagné une médaille d’or aux X Games. C’est assez incroyable !” […] Je pensais qu’après les Jeux olympiques en 2018, j’allais avoir une saison un peu plus “mollo”, mais finalement non, c’est très semblable », a-t-elle confié en riant.

De plus, en rentrant d’Aspen, son conjoint et elle avaient la tête ailleurs, à tel point qu’ils ont… raté leur vol de retour vers Québec. En conséquence, ils se sont retrouvés empêtrés dans une multitude de péripéties avant d’aboutir à leur domicile.

« Nous avons conduit pendant une heure dans la mauvaise direction, a-t-elle raconté en s’esclaffant. Puis, en revenant sur nos pas, nous nous sommes retrouvés dans un bouchon de circulation causé par un accident. C’était certain que nous allions rater notre vol. Ensuite, nous aurions pu prendre un vol vers Toronto, mais je ne voulais pas y rester coincée avec la météo. Donc nous avons atterri à Montréal hier après-midi, avons loué une voiture et sommes arrivés à la maison hier soir. »

Septième sur huit

Lors de la compétition à Aspen, l’athlète âgée de 22 ans a obtenu un score cumulatif de 77,00 points, après avoir exécuté un « Cab Double Underflip 900 » et un « Frontside 900 ». Elle a devancé la Néo-Zélandaise Zoi Sadowski-Synnott et l’Américaine Jamie Anderson, dans l’ordre.

Blouin a enchaîné le lendemain en terminant septième, sur huit compétitrices, lors de l’épreuve de slopestyle — pourtant sa spécialité. Interrogée sur la question de savoir si elle avait mis l’accent sur le Big Air à l’entraînement afin de s’améliorer dans cette discipline, la principale intéressée jure que ça n’a pas été le cas.

« Je ne sais pas pourquoi ça débloque en Big Air. Moi aussi je m’attendais à avoir un meilleur résultat en slopestyle, mais ça ne s’est pas produit. Cette journée-là, les choses allaient vraiment bien [en Big Air], c’était fou. Ceci étant dit, je pense que d’avoir développé la constance de mon “Frontside 900” a beaucoup aidé — c’est un truc difficile à accomplir régulièrement. »

La jeune femme n’aura pas le temps de se reposer puisqu’elle devra repartir dès dimanche vers l’Utah, où se dérouleront les Championnats du monde de surf des neiges de Deer Valley du 1er au 10 février.

Blouin tentera d’y défendre son titre acquis en slopestyle aux Championnats du monde de surf des neiges en 2017 à Sierra Nevada, en Espagne. Un objectif audacieux qui ne semble pas la préoccuper outre mesure.

« Ce n’est pas une source de stress, a-t-elle assuré. J’y pense, mais je vais y aller en abordant cette compétition comme toutes les autres, c’est-à-dire en ayant du plaisir. Ensuite, il arrivera ce qui arrivera », a-t-elle dit, avec une touche d’insouciance.

Blouin a d’ailleurs confié qu’elle prévoit d’utiliser un plan de match similaire à celui qu’elle a appliqué en Big Air aux X Games afin de conquérir une autre médaille aux Mondiaux.

Le « Cab Double Underflip 900 »

« C’est sûr et certain que je vais refaire ma première manoeuvre [le “Cab Double Underflip 900”], mais la deuxième risque d’être différente, a-t-elle confié. Tout va dépendre du saut, des conditions météorologiques ainsi que du résultat de ma première manoeuvre. Mais, je tiens à le dire, je ne suis pas une “weather freak”. »

La planchiste rêve évidemment d’une médaille d’or en Big Air, mais aussi d’une autre en slopestyle.

« Oui, je crois que c’est possible. Je crois que j’ai les manoeuvres et les capacités pour, au minimum, grimper sur le podium dans les deux disciplines », a mentionné la Québécoise, qui s’était aussi illustrée l’hiver dernier en décrochant la médaille d’argent en slopestyle aux Jeux olympiques de Pyeongchang.


Kingsbury, Blouin et leurs compatriotes canadiens s’attaqueront aux Mondiaux

Outre Laurie Blouin, près de 60 athlètes canadiens, dont le bosseur Mikaël Kingsbury, prendront d’assaut Park City et Deer Valley dans le cadre des Championnats du monde de ski acrobatique et de surf des neiges, qui se dérouleront du 1er au 10 février.

Parmi les champions olympiques canadiens qui seront présents en Utah se trouvent les bosseurs Kingsbury, de Deux-Montagnes, et Justine Dufour-Lapointe, de Montréal, ainsi que les athlètes en ski cross Brady Leman, de Calgary, Kelsey Serwa, de Kelowna, en C.-B., et Marielle Thompson, de North Vancouver. Le planchiste Jasey Jay Anderson, de Mont-Tremblant, convoitera un cinquième titre mondial en slalom.

Le planchiste Max Parrot, médaillé d’argent en slopestyle aux Jeux de Pyeongchang, brillera par son absence puisqu’il lutte présentement contre une forme rare de cancer. La skieuse Dara Howell, championne olympique de slopestyle à Sotchi en 2014, sera également absente après avoir été opérée afin de réparer une déchirure du ligament croisé antérieur d’un genou.

Par ailleurs, l’épreuve de Big Air en ski acrobatique fera son entrée dans le programme des Mondiaux. Alex Beaulieu-Marchand, de Québec, a décroché la médaille d’argent dans cette discipline à Aspen, tandis que Cassie Sharpe, de Comox, en C.-B., a obtenu l’or en demi-lune et que sa compatriote Rachael Karker, d’Erin, en Ontario, a récolté le bronze.

Sharpe tentera donc de poursuivre sa lancée. Si on y ajoute sa victoire aux Jeux olympiques de Pyeongchang, il ne lui manquerait donc qu’un titre en demi-lune aux Mondiaux pour s’établir comme la favorite dans cette épreuve. « S’il existe une liste d’exploits pour connaître une carrière sensationnelle, alors une victoire aux Championnats du monde en fait partie », a déclaré Sharpe à La Presse canadienne.

Les Mondiaux de ski acrobatique et de surf des neiges seront la plus grande compétition depuis les Jeux olympiques de Pyeongchang, où la récolte combinée de 11 médailles du Canada dans ces deux disciplines a égalé celle des États-Unis.