Claude Julien et le Canadien ont profité de l’entre-saison pour s’adapter

L'entraîneur-chef des Canadiens de Montréal, Claude Julien
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L'entraîneur-chef des Canadiens de Montréal, Claude Julien

 

Le Canadien de Montréal offre une image différente depuis le début de la saison, celle d’une formation unie, divertissante et axée davantage sur la rapidité de réaction et d’exécution. Or ce dernier détail semble avoir été au coeur des décisions de l’état-major de l’équipe au cours de l’été.

Si certains points de presse d’entraîneurs-chefs — tous sports confondus — peuvent parfois frôler la banalité et même être un peu insipides, celui dans lequel s’est laissé entraîner Claude Julien mardi s’est avéré des plus informatifs.

Généreux dans ses réponses, Julien a parlé des changements apportés à l’équipe au cours de l’été. Changements chez les joueurs, chez ses adjoints, peut-être chez lui également. Et changements philosophiques, sans doute devenus nécessaires après la laborieuse saison 2017-2018.

« J’ai changé mon approche envers l’équipe, parce qu’on a bâti l’équipe d’une certaine façon cette année. Mais cette façon-là, on en a discuté », a d’abord confié Julien.

« Ce qu’on avait, c’étaient des joueurs que nous pensions être de bons patineurs. Alors, on a ajouté des Peca, des Domi, des joueurs qui patinent bien aussi. On a ajouté des joueurs qui formeraient le genre d’équipe qu’on recherchait. Je n’ai pas la même équipe que l’an passé. Je ne sais pas si j’ai changé, mais je me suis adapté à l’équipe que j’ai », a-t-il précisé.

Au fil de ses échanges avec les journalistes, Julien a notamment expliqué que lui et le directeur général, Marc Bergevin, s’étaient entendus sur une vision globale bien définie pour l’édition 2018-2019.

« Nous savions que nous allions nous rajeunir, mais nous voulions aussi inculquer l’élément de rapidité de réaction [quickness]. La vitesse est une chose, la rapidité de réaction en est une autre. Il y a une différence. Vous avez des joueurs qui peuvent patiner à 100 milles à l’heure, mais qui n’ont aucune idée où ils vont. Nous recherchions de la rapidité d’exécution dans notre jeu de transition, dans l’échec-avant. Nous avons essayé de bâtir notre équipe autour de ces aspects. »

Ce détail était à ce point important que Julien s’y est attardé lorsqu’est venu le temps de choisir ses adjoints.

« Lors de mes entrevues, c’était important qu’ils soient des entraîneurs qui croyaient en ça. Et c’était le cas. Nous avons échangé des idées, nous les avons regroupées en fonction de ce dont nous avions parlé, soit la rapidité d’exécution. »

Dans les faits, le Canadien s’ajuste à un style de hockey qui s’est transformé depuis le jour où Julien a fait son entrée dans la LNH, le 17 janvier 2003.

« Je l’ai dit maintes fois : depuis ma première année à Montréal jusqu’à aujourd’hui, c’est tellement différent. Il y a tellement de choses qui ont changé que si, à titre d’entraîneur, je ne m’adapte pas, je ne suis pas ici devant vous aujourd’hui. C’est comme ça pour tout le monde, les entraîneurs, les joueurs. C’est la tendance. Il faut être capable de s’adapter au jeu. En ce moment, à moins que je perçoive mal, les amateurs apprécient notre style de jeu parce que c’est excitant, énergique et qu’il se passe beaucoup de choses. Nous sommes dans la business du divertissement et nous devons offrir un bon produit. »

De la Rose au ballottage

Jacob de la Rose a été soumis au ballottage. L’annonce a été faite sur le coup de midi, mardi, au moment où les hommes de Claude Julien s’entraînaient au Complexe sportif Bell.

Une décision en ce sens était attendue un jour ou l’autre chez le Canadien, qui traîne un surplus de joueurs. De la Rose et Nikita Scherbak étaient les deux candidats les plus susceptibles de passer par le ballottage.

S’il n’est pas réclamé d’ici mercredi midi, le Canadien aura ensuite le loisir de le céder au Rocket de Laval.

« Il fallait choisir quelqu’un. On n’a pas le choix, a rappelé Julien. La semaine dernière, j’ai dit qu’on aurait des décisions difficiles à prendre. C’est la décision que l’on a prise. De notre côté, on espère ne pas le perdre, parce qu’on croit encore en lui. Mais on n’a pas le choix quand on ne peut garder que 23 joueurs dans notre alignement. On va voir ce qui va se passer. »

Victime d’ennuis cardiaques après la dernière rencontre du calendrier préparatoire, le 30 septembre à Ottawa, de la Rose n’a participé à aucun match cette saison. Il avait cependant reçu le feu vert des médecins pour prendre part aux séances sur glace avec ses coéquipiers.

Choix de deuxième ronde en 2013 — 34e au total —, le Suédois de 23 ans a marqué huit buts et inscrit 19 points en 119 rencontres avec la formation montréalaise.