Coupe Ryder: l’Europe triomphe

Le golfeur anglais Tommy Fleetwood célèbrant après la victoire de l’Europe à la 42e Coupe Ryder
Photo: Geoffroy Van Der Hasselt Agence France-Presse Le golfeur anglais Tommy Fleetwood célèbrant après la victoire de l’Europe à la 42e Coupe Ryder

Annoncée comme l’une des équipes américaines les plus fortes de l’histoire de la Coupe Ryder, la dream team, avec un Tiger Woods que l’on pensait revenu au sommet, n’a finalement pas fait le poids face à l’Europe. Une désillusion qui entraîne des questions.

Le capitaine américain va devoir rendre des comptes. D’abord parce que son équipe a perdu le trophée acquis à Hazeltine (17-11) il y a deux ans. Mais aussi pour sa gestion lors de cette Coupe Ryder.

Son pari d’avoir pris dans l’équipe Phil Mickelson n’a pas fonctionné : l’expérience de « Lefty » en Coupe Ryder n’est pas négligeable (12 participations d’affilée), mais depuis des mois « il n’en met pas une », selon Thomas Levet, l’un des trois joueurs français à avoir disputé une Coupe Ryder. Apparu vieillissant, Mickelson n’a pas rapporté le moindre point en deux matchs (double et simple).

En revanche, personne ne peut reprocher à Furyk d’avoir invité Tiger Woods, Bryson DeChambeau ou encore Tony Finau. Ces trois-là avaient largement mérité leur place.

Mais certains de ses choix, cette fin de semaine, sont discutés. Pourquoi avoir fait jouer 72 trous à un Tiger Woods qu’à peu près tout le monde a vu au bord de la rupture physiquement ? Le Tigre a perdu tous ses matchs, en doubles et en simple.

Certaines paires ont également semblé construites à l’envers. L’association Woods-Reed, catastrophique le vendredi matin, a été reconduite le vendredi après-midi. Faire jouer Koepka et Johnson en double en foursome (la même balle jouée alternativement), deux joueurs aux jeux et aux profils très proches, n’était pas forcément une bonne idée. Elle n’a pas fonctionné non plus.

Furyk n’est pas non plus apparu très souvent sur le parcours lorsque l’une de ses équipes en avait besoin. De l’extérieur, le capitaine a semblé ne pas assez communiquer avec ses joueurs, laissant planer l’impression de ne pas avoir d’influence.

« Nos décisions, nos choix vont être remis en question. Je réalise qu’en tant que capitaine je vais devoir en porter le poids, mais je le savais en prenant ce rôle », a estimé Furyk après cette défaite.

Là, le capitaine américain n’y est pour rien. D’ailleurs, au golf, bien malin qui peut prévoir le niveau de jeu d’un joueur. Ce sport est très loin d’être une science exacte. Même si plusieurs joueurs américains avaient donné des gages de solidité cette saison.

DeChambeau par exemple, impérial sur le circuit américain et dont l’entente avec Tiger Woods semblait annoncer un duo de choc, est passé au travers. Que ce soit avec le Tigre et surtout avec Mickelson, dans un duo au niveau de jeu parfois pathétique vendredi après-midi.

Des joueurs comme Brooks Koepka, vainqueur de deux Majeurs cette année (US Open et USPGA), ou Dustin Johnson, numéro un mondial, n’ont pas non plus crevé l’écran. Bubba Watson, Rickie Fowler et même Jordan Spieth le dernier jour, battu en simple par le rookie Thorbjorn Olesen… Tous ont déçu.

Mais l’énorme désillusion est bien sûr venue de Tiger Woods. Après sa victoire au Tour Championship le week-end précédant la Coupe Ryder, ce joueur hors norme, revenu au plus haut niveau après trois ans de galère, a vécu un cauchemar, battu dans tous ses matchs. Espéré, attendu comme un élément porteur, il s’est totalement écroulé.

« Vous pensez que je suis fou, mais, si je le pouvais, je reprendrais les 12 mêmes joueurs pour disputer cette Ryder Cup », a pourtant insisté Furyk.

Les Américains se souviendront longtemps de l’Albatros, le nom du parcours du Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines. Réputé pour être l’un des plus exigeants du circuit européen, il s’est révélé une véritable torture pour les Américains. La raison ? Des allées étroites, des herbes longues ne laissant pas de place à l’erreur, des verts lents.

Un cocktail pas vraiment adapté aux bombardiers qui se régalent sur le circuit américain, aux verts accueillants, aux parcours bien plus larges taillés pour faire atterrir des coups de départ de plus de 300 m. Le style de jeu du circuit américain, très stéréotypé, a certainement desservi les hommes de Furyk.

« On n’attaque pas sur l’Albatros, on négocie avec », ont l’habitude de dire les spécialistes. Certains joueurs de l’équipe américaine ne l’ont pas compris, et ils s’y sont cassé les dents.