L’art difficile de la prédiction sportive

Achille le chat, minou tout blanc et sourd, intronisé devin officiel du Mondial 2018 par le pays hôte
Photo: Olga Maltseva Agence France-Presse Achille le chat, minou tout blanc et sourd, intronisé devin officiel du Mondial 2018 par le pays hôte

Le soccer se joue à 11 contre 11, et en Coupe du monde masculine, selon les oracles (humains, animaux ou machines), cette fois encore, c’est l’Allemagne qui l’emportera.

La prévision se vérifie de plusieurs bords alors que commence en Russie la version 2018 du championnat mondial opposant 32 équipes nationales. Le Brésil, l’Espagne et la France se démarquent aussi dans certaines prédictions plus ou moins rationnelles.

L’époque veut évidemment que l’intelligence artificielle soit mise à profit pour voir venir jusqu’à la grande finale du 15 juillet. Une machine à penser construite par des chercheurs de Dortmund a jonglé avec 100 000 variantes de victoire à différentes étapes du tournoi mondial, mais aussi avec un tas de facteurs comme le PIB et la population des 32 pays en lice, pour donner la Mannschaft championne.

Dortmund, c’est en Rhénanie-du-Nord–Westphalie, mais bon, les savants ne sont pas nécessairement partisans. Dans cette projection informatisée, le principal obstacle au second parcours parfait de suite du titulaire allemand du titre se situerait en quart de finale contre l’Espagne.

Même les banques d’argent s’y mettent en utilisant leurs équipes de mathématiciens et d’informaticiens normalement vouées aux investissements. La banque Suisse UBS a fait jouer 10 000 tournois virtuels pour ultimement désigner l’Allemagne championne. Goldman Sachs a développé un modèle basé sur le nombre de but en coupe mondiale depuis 2005 pour plutôt choisir le Brésil. La Dutch Bank est restée dans ses rails en utilisant la valeur marchande des équipes comme variable de base. À ce compte, l’Espagne l’emportera.

Les experts des médias plus ou moins spécialisés en rajoutent. Un quatuor de connaisseurs de RDS a dévoilé ses prévisions mardi soir : l’Allemagne était positionnée en finale trois fois et gagnante deux fois sur quatre.

Les agences de pari en ligne montrent que le public suit le courant. OddsShark.com permet de miser sur les 64 rencontres du tournoi pour placer deux équipes en position de l’emporter, le Brésil et l’Allemagne, cette fois avec une légère faveur à l’équipe brésilienne. La permutation récente en tête est justifiée par la défaite de la Mannschaft contre l’Autriche. Suivent ensuite dans ce pool l’Espagne, la France, l’Argentine et la Belgique.

Une autre agence, Sportytrader.com, mise sur l’Espagne gagnante, avec le Brésil en deuxième place. Dans ce portrait, l’Allemagne se retrouverait en troisième position.

Achille le chat

La tradition des prédictions footballistiques veut aussi que les animaux s’en mêlent. Cette fois, l’attention se porte sur Achille le chat, minou tout blanc et sourd, intronisé devin officiel du Mondial 2018 par le pays hôte. Avant cette position recherchée, Achille chassait les souris au musée de l’Ermitage. L’augure à poil prédisait une victoire de la Russie en match inaugural jeudi contre l’Arabie saoudite. Facile.

Paul le poulpe de l’aquarium d’Oberhausen a fasciné le monde avec ses étonnants pouvoirs divinatoires, qui ont mené à un sans-faute de prédictions à la Coupe du monde de 2010. Quand la défaite de l’Allemagne contre l’Espagne prédite s’est réalisée, la cote de popularité de l’octopode a chuté radicalement dans son pays et les internautes se sont déchaînés méchamment.

Les plus vilains perdants ont proposé des recettes de pieuvre grillée, marinée ou en paella, bien sûr. Le soccer se joue à 11 contre 11, et l’Allemagne peut se fâcher quand les oracles prédisent sa défaite et ne se trompent pas…