Les favoris se neutralisent sur l’Etna

Le Slovène Jan Polanc s’est réjoui d’avoir signé sa «plus belle victoire», deux ans après avoir gagné l’étape de l’Abetone.
Photo: Luk Benies Agence France-Presse Le Slovène Jan Polanc s’est réjoui d’avoir signé sa «plus belle victoire», deux ans après avoir gagné l’étape de l’Abetone.

Etna — Les favoris du Giro, découragés par le vent, se sont neutralisés dans l’ascension de l’Etna, où la victoire dans la 4e étape est revenue au Slovène Jan Polanc et le maillot rose, au Luxembourgeois Bob Jungels.

« Il y avait beaucoup de grimpeurs dans le groupe, mais, à cause du vent de face, ce n’était pas facile d’attaquer », a souligné Jungels, déjà maillot rose pendant trois jours l’année passée avant de prendre la 6e place du classement final.

Sur les pentes du plus haut volcan actif d’Europe, l’Italien Vincenzo Nibali a tenté une escarmouche à 3 kilomètres de l’arrivée. Mais le « Requin de Messine » a vu revenir très vite un coéquipier du Colombien Nairo Quintana, le favori du Giro, qui a contrôlé la situation.

Au refuge Sapienza, à près de 1900 mètres d’altitude, le premier groupe fort d’une vingtaine d’éléments n’a été précédé que par deux coureurs. Derrière Polanc, vainqueur après une longue échappée, le Russe Ilnur Zakarin est sorti en contre-attaque à l’approche de la flamme rouge du dernier kilomètre pour grignoter 10 secondes à ses adversaires.

« Personne n’avait de certitude, chacun se testait. C’était un peu le jeu du chat et de la souris », a commenté le Britannique Geraint Thomas.

Le vent

Aucun des candidats au podium n’a perdu de temps dans cette ascension de quelque 18 kilomètres, dans l’immense paysage de lave noire qui recouvre le flanc sud de l’Etna. Mais le Néerlandais Steven Kruijswijk, victime d’une chute au pied de la montée, est apparu préoccupé au terme des 181 kilomètres.

Polanc lui aussi a buté sur le vent. Il a abordé l’ascension avec 4 minutes d’avance et a préservé 19 secondes sur la ligne. « J’ai vécu la journée la plus difficile de ma vie », a déclaré à sa descente de vélo le Slovène.

À l’arrivée, Polanc (25 ans depuis samedi dernier) s’est réjoui d’avoir signé sa « plus belle victoire », deux ans après avoir gagné l’étape de l’Abetone, un col célèbre de Toscane, dans le Giro 2015.

Jungels en rose

Le Giro est donc désormais mené par Jungels, conformément au pronostic de son coéquipier colombien Fernando Gaviria, qui portait le maillot rose dans cette étape. Jungels, nanti d’une avance de 6 secondes sur Thomas et de 10 secondes sur les autres candidats principaux, est en mesure de garder durablement les commandes après la valse des leaders (Pöstlberger, Greipel, Gaviria).

« Je voudrais garder ce maillot plus longtemps que l’an dernier. Le Blockhaus [dimanche] est une arrivée pour les vrais grimpeurs, comme Nairo [Quintana]. Je verrai combien de temps je perdrai. Mais il y a aussi deux contre-la-montre dans ce Giro », a annoncé le jeune Luxembourgeois (24 ans).

Mercredi, les sprinteurs disposent d’une étape favorable, la seconde en Sicile, entre Pedara et Messine, sur un parcours de 159 kilomètres dans la pointe nord-est de l’île.