Scandale de dopage à Turin - Mayer était accrédité

Paris — L'entraîneur autrichien suspendu Walter Mayer, placé au coeur d'un scandale de dopage présumé aux Jeux olympiques de Turin en février dernier, faisait officiellement partie de la délégation de son pays, révèle hier le journal L'Équipe.

Mayer, qui avait été interdit de Jeux olympiques à la suite d'accusations de dopage sanguin pendant les Jeux de 2002 à Salt Lake City, s'était tout de même rendu à Turin, avant de quitter l'Italie dans la précipitation à la suite de perquisitions dans les quartiers des équipes autrichiennes de ski nordique. Il avait ensuite été arrêté par la police après avoir tenté de forcer un barrage routier et avait été interné dans un hôpital psychiatrique.

L'Équipe affirme que «contrairement à ce que proclamait jusqu'ici la fédération autrichienne [...], elle avait bien organisé le voyage de Mayer sur les sites olympiques de Turin». Mayer apparaît en effet sur une plaquette officielle représentant l'équipe olympique de ski de fond et de biathlon avec la tenue officielle de la délégation autrichienne à Turin. Et le quotidien sportif s'est procuré un document prouvant que l'équipe autrichienne lui avait réservé un appartement en Italie.

Interrogé par L'Équipe, le substitut du procureur de Pinerolo, Ciro Santoriello, a par ailleurs affirmé que la fédération autrichienne de ski n'avait pas collaboré à l'enquête sur Mayer. Santoriello estime que l'entraîneur n'opérait pas seul et que d'autres personnes étaient au courant des pratiques de dopage sanguin présumées.

Santoriello a aussi confirmé que des poches de sang avaient été saisies lors des perquisitions au domicile des fondeurs autrichiens. «Avoir trouvé ces poches de sang est capital», a-t-il dit. «Il existe une forte suspicion de transfusions sanguines effectuées par ces athlètes autrichiens... Le fait que les contrôles urinaires soient négatifs ne signifie pas qu'ils sont propres. C'est le sang qui compte.»