Le Canadien de Montréal - Le retour des olympiens

Vingt-trois joueurs se retrouveront à New York en vue de l'affrontement du Canadien contre les Islanders ce soir, et Bob Gainey entend utiliser les 20 athlètes les plus susceptibles de lui donner une victoire. Mais cela ne signifie pas nécessairement que Saku Koivu revête l'uniforme.

Six des joueurs du Canadien ont participé aux Jeux de Turin et seront tous à Long Island. Mais avant de décider s'ils seront insérés au sein de sa formation, Gainey devra se payer quelques séances de gestion de personnel, question d'évaluer les capacités de chacun.

Le Suisse Mark Streit et le Slovaque Richard Zednik, qui ont participé à une première séance d'entraînement avec le Canadien hier, risquent d'être les mieux disposés à jouer puisqu'ils sont tous deux inactifs depuis les quarts de finale de mercredi dernier.

Le Tchèque Jan Bulis, médaillé de bronze, est à Montréal depuis dimanche mais il ne s'est pas entraîné sur glace avec les autres joueurs du Canadien, hier.

Alexei Kovalev et Andrei Markov, les deux membres de l'équipe russe qui s'est inclinée lors du match pour la troisième place samedi, étaient de retour à Montréal hier après-midi. Ils devaient retrouver leurs coéquipiers à bord du vol nolisé en direction de New York plus tard en soirée.

Saku Koivu, capitaine de la formation finlandaise médaillée d'argent, risque d'être le plus fatigué de tous puisqu'il a disputé la finale de dimanche. Il ne devait rejoindre ses coéquipiers qu'à New York.

«Je parlerai à tout le monde, question de voir s'il y a un joueur qui ne se sent pas à son meilleur niveau, ou qui traînerait une blessure qui n'était pas assez grave pour l'empêcher de jouer, mais qui nécessite une attention immédiate maintenant que le tournoi est terminé, a dit Gainey. Si le joueur ne se sent pas prêt à jouer, s'il sent qu'il pourrait ne pas être solide sur la patinoire, il a lui aussi un mot à dire en ce qui concerne sa situation.»

Le cas de Koivu semble le plus délicat. Dimanche, pendant que son entraîneur affirmait à Montréal qu'il s'attendait à le voir affronter les Islanders, le Finlandais avouait de l'autre côté de l'Atlantique qu'il aurait fort probablement besoin d'un congé. Les choses avaient un peu évolué, 24 heures plus tard, même si les deux hommes ne devaient se parler pour la première fois qu'aujourd'hui.

«La décision de le faire jouer ou non mardi [aujourd'hui] sera basée sur sa capacité de jouer. Elle sera prise après avoir pris connaissance de toutes les données, a dit Gainey. Il faudra déterminer s'il est le meilleur joueur que nous pouvons insérer au sein de la formation.

«C'était seulement hier [dimanche] qu'il disputait un match de l'autre côté du globe. Pour le moment, je ne prendrai pas de décision finale sans d'abord lui parler de sa situation individuelle.»

Entre-temps, Gainey a demandé à ses autres joueurs, ceux qui ont pu profiter de la pause olympique pour recharger leurs piles, de prendre la relève dans les premiers moments de l'important séjour de six rencontres à l'étranger qui s'amorce aujourd'hui. Question de donner le temps aux olympiens de s'acclimater de nouveau au rythme de la LNH.

«Nos gars ont disputé pas mal de matchs, a noté Sheldon Souray. Ce serait injuste de penser que ces joueurs-là, même s'ils sont parmi nos meilleurs, puissent tirer l'équipe comme ils le font habituellement. C'est maintenant plutôt à nous de les épauler.»

«On a besoin de tout le monde, mais ces joueurs-là seront fatigués, il faut les embarquer avec nous dans le bateau et tirer, pour que tout le monde aille dans la même direction», a affirmé Mike Ribeiro.

«Ce serait important que les gars prennent davantage de responsabilités, qu'ils répondent à l'appel et s'assurent que l'équipe amorce ce voyage du bon pied», a ajouté Souray.

Hier à l'entraînement, pendant les phases de jeu simulé, Ribeiro a patiné en compagnie de Michael Ryder et Alexander Perezhogin, tandis que Richard Zednik se retrouvait avec Radek Bonk et Tomas Plekanec. Mais tout cela pourrait évidemment changer ce soir, une fois que Gainey aura pu mieux évaluer l'état de ses troupes.