Un service subventionné en échange de vols fréquents et de prix plafonnés

Les élus de plusieurs régions attendent ce plan rendu nécessaire par le départ d’Air Canada de villes comme Val-d’Or et Gaspé.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Les élus de plusieurs régions attendent ce plan rendu nécessaire par le départ d’Air Canada de villes comme Val-d’Or et Gaspé.

Le plan de soutien de Québec au transport aérien régional prévoit des subventions pour les compagnies qui offriront les meilleures propositions de services. Les entreprises devront toutefois garantir en échange des vols fréquents assortis d’un prix plafond.

Voilà plus d’un an que les élus de plusieurs régions attendent ce plan rendu nécessaire par le départ d’Air Canada de villes comme Val-d’Or et Gaspé.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, avait promis de présenter son plan sur les vols régionaux en janvier dernier, mais celui-ci se fait toujours attendre.

Or, Le Devoir a appris que lors d’une récente annonce en Jamésie, le premier ministre François Legault a dévoilé les grandes lignes du projet. « Ce que nous allons proposer à plusieurs compagnies aériennes, dont Air Creebec et Air Inuit, c’est que la compagnie qui nous fera la meilleure proposition de services recevra une subvention en échange d’une garantie de fréquence minimum et d’un prix maximum », a-t-il déclaré le 26 août dernier, selon des propos rapportés par le journal La Sentinelle de Chibougamau.

Un plan attendu

Ces propos sont tenus alors que le milieu de l’aviation commence à perdre patience. Le transporteur TREQ rappelait d’ailleurs récemment que le gouvernement Legault avait promis un plan en juin dernier. Les premiers vols de la coopérative se font toujours attendre, car trop d’incertitudes demeurent, déplorait il y a quelques jours son directeur au site d’information Mon Matane.

Au cabinet de François Bonnardel, on n’a pas voulu commenter directement les propos du premier ministre. « Nous sommes à terminer la préparation de notre plan », a indiqué l’attachée de presse du ministre, Florence Plourde. « Il nous reste encore du travail à faire, mais ça avance très bien. »

Le plan a été bien accueilli lundi par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui se bat depuis des années pour qu’on garantisse à la population des régions des vols stables à prix abordable.

« Depuis le début, on dit que toute solution doit passer par les transporteurs régionaux québécois qui existent déjà », soutient son vice-président, aussi maire des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre. « Pour nous, ce n’est pas tant le “comment” [qui compte], mais le “avec qui”. »

Les principaux transporteurs régionaux présents sur le territoire québécois sont Pascan Aviation, Air Creebec et Air Inuit. Les derniers mois ont aussi vu l’entrée en scène de Pal Airlines, une entreprise basée à Terre-Neuve, qui dessert certaines destinations dans l’est du Québec, ainsi que la coopérative TREQ, qui n’a toutefois pas commencé à opérer.

La dernière fois que le maire Lapierre a pris l’avion aux Îles pour se rendre à Québec, il lui en a coûté 781 $ pour un voyage aller-retour réservé une semaine d’avance.

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