Les vacances d’été sont la période la plus meurtrière sur les routes québécoises

La dernière saison a été particulière sur le plan des déplacements dans la province en raison de la pandémie et l’été à venir s’annonce similaire.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir La dernière saison a été particulière sur le plan des déplacements dans la province en raison de la pandémie et l’été à venir s’annonce similaire.

Les vacances estivales représentent la période de l’année la plus achalandée sur les routes du Québec, mais aussi tristement la plus meurtrière, selon la Fondation de CAA-Québec. Celle-ci invite les Québécois à redoubler de prudence afin d’éviter de nombreux décès.

Dans les dernières années, près d’une centaine de personnes perdraient la vie entre le 24 juin et la fête du Travail, et 2020 n’a pas fait exception. Durant ces 75 jours, les accidents de la route ont fait 98 morts, soit 28,8 % des 340 décès survenus au courant de l’année, rapporte la Fondation sur la base de données compilées par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

La dernière saison a été particulière sur le plan des déplacements dans la province en raison de la pandémie et l’été à venir s’annonce similaire. Les déplacements entre les régions pourraient même être plus nombreux puisque 83 % des répondants d’un sondage de CAA-Québec disent avoir l’intention de passer leurs vacances dans la Belle Province.

« Le plan de déconfinement annoncé par le gouvernement Legault fait en sorte que beaucoup de régions seront passées au vert et il sera beaucoup plus facile de voyager d’une région à l’autre. Et on pense que si on ne fait pas les efforts au niveau de la sécurité routière, on peut se trouver avec un bilan comparable à celui de l’année 2020, ce qu’on ne veut pas qui arrive », indique le directeur de la Fondation de CAA-Québec pour la sécurité routière, Marco Harrison.

Les deux principales causes des accidents sont la vitesse et la distraction, notamment en raison de l’usage du cellulaire. L’expert en sécurité routière invite les Québécois à lever le pied pendant leurs trajets estivaux.

« Il y a des véhicules plus lents, il y a des gens avec des véhicules récréatifs, des roulottes et des bateaux. C’est donc de prendre le temps de se rendre à destination de façon sécuritaire, surtout que vous allez aussi être fort probablement avec votre petite famille », mentionne M. Harrison.

CAA-Québec évoque que sur une distance de 20 km, rouler à 110 km/h, au lieu de 90 km/h, fait gagner à peine deux minutes.

« Un peu plus libres »

L’année dernière a d’ailleurs été marquée par une augmentation de la vitesse chez les conducteurs, expose M. Harrison. Avec moins de voitures et de congestions sur les routes, « les gens se sont sentis un peu plus libres », soutient-il.

« On le voit très bien dans les statistiques de 2020, les gens ont eu des collisions plus violentes, ce qui a amené plus de décès. On voit aussi qu’il y a eu beaucoup plus de décès dans des collisions qui n’impliquaient qu’un seul véhicule. Donc, la vitesse et la distraction ont fait en sorte qu’il y a eu des pertes de contrôle et des sorties de routes », résume le directeur de la Fondation.

La Montérégie, la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Montréal figurent parmi les régions qui ont affiché le pire bilan durant ces 75 jours les plus meurtriers.

CAA-Québec conseille également aux automobilistes d’allonger la distance entre les véhicules pour un meilleur temps de réaction et de toujours garder son attention sur la route. Lors de longues distances, il est recommandé de faire de courtes pauses aux deux heures pour diminuer la somnolence au volant.

Boucler sa ceinture demeure aussi un geste, non seulement obligatoire, mais important pour sauver jusqu’à 35 vies par année, souligne CAA-Québec. Dans son bilan 2020, la SAAQ évoquait que le non-port de la ceinture était associé à près de 35 % des décès. Une omission que M. Harrison a du mal à expliquer alors qu’attacher sa ceinture en voiture est obligatoire depuis 40 ans au Québec.

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