Port du masque: qui fera respecter le règlement  dans les transports en commun?

Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun au Québec à compter du 13 juillet, mais les sociétés de transport ignorent encore comment elles s’y prendront pour faire respecter les nouvelles consignes. À Toronto et à Ottawa, où les masques sont de rigueur, les usagers voyageant à visage découvert ne seront pas pénalisés, contrairement à ceux du Québec.

Mardi, le premier ministre François Legault a annoncé que le masque sera obligatoire dans les transports collectifs dans moins de deux semaines. Jusqu’au 27 juillet, les usagers bénéficieront d’une période de grâce, mais après cette date, les passagers âgés de 12 ans et plus qui se présenteront sans masque ne pourront monter à bord des autobus ou du métro.

Qui contrôlera les entrées ? Qui se chargera d’expulser les passagers sans masque à bord des autobus ? Les chauffeurs ? Les inspecteurs ?

Si elles accueillent favorablement la décision du gouvernement au sujet du masque, les sociétés de transport ne savent pas encore comment les nouvelles règles s’appliqueront. La Société de transport de Montréal (STM), la Société de transport de l’Outaouais (STO) de même que celles de Longueuil et de Laval attendent la publication de l’arrêté ministériel avant de dévoiler les modalités à cet effet. D’ici là, elles continueront la distribution de couvre-visages dans leurs réseaux.

Des questions sans réponses

Dans les rangs syndicaux, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Président de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM, Kevin Grenier se demande quel rôle les 180 inspecteurs membres de son syndicat seront appelés à jouer. « C’est une bonne nouvelle en soi et il était temps, mais dans l’application, c’est autre chose, explique-t-il. Au nombre qu’on est, on ne pourra pas être partout. Quand tu imposes quelque chose, il faut avoir les moyens de le faire appliquer. »

Le gouvernement ne prévoit pas d’amende pour les passagers qui ne porteront pas le masque. Kevin Grenier espère que Québec proposera des règles claires et que les utilisateurs du transport collectif seront tolérants les uns envers les autres, car il craint qu’à l’occasion la situation tourne au vinaigre.

De son côté, le Syndicat du transport de la STM, qui représente les chauffeurs d’autobus, réclamait depuis le début de la pandémie l’imposition du masque obligatoire. « Nos membres ne joueront pas à la police du masque », a toutefois prévenu Daniel Leroux, président par intérim du syndicat, dans un courriel. « Ce n’est pas à nos membres de gérer qui a un masque et qui n’en a pas ni de restreindre l’accès au transport en commun. »

Valérie Plante estime que le port obligatoire d’un couvre-visage dans les transports collectifs s’imposait compte tenu de la faible adoption du masque parmi les usagers. Elle s’attend toutefois à des précisions de la part du gouvernement sur la manière d’appliquer les règles. « Il faut savoir qu’un chauffeur n’a aucun pouvoir coercitif autre que d’arrêter son autobus. Il peut difficilement dire à quelqu’un : “Tu n’as pas de masque, tu ne rentres pas” », a-t-elle expliqué lors d’une entrevue à Radio-Canada. Quant aux inspecteurs, ils ne sont pas assez nombreux pour être déployés dans tous les autobus. « Pour moi, un bon règlement est un règlement qui s’applique. »

Les voisins de l’Ontario

Depuis le 15 juin, le masque est obligatoire dans le réseau d’OC Transpo, à Ottawa. Il s’agit d’ailleurs de la première ville canadienne à être allée de l’avant avec cette mesure. Dès le départ, la société de transport a statué qu’elle ne limiterait pas l’accès à son réseau aux usagers sans masque et qu’elle ne délivrerait pas de constats d’infraction aux récalcitrants.

La Commission de transport de Toronto a aussi rendu obligatoire le port du masque à compter du 2 juillet. Seuls les enfants de moins de deux ans et les personnes ayant une condition médicale qui les empêche de porter un masque en seront exemptés. Mais elle ne refusera pas l’accès au métro et aux autobus aux usagers qui n’ont pas le visage couvert.

Avec Marie Vastel

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1 commentaire
  • Denis-Émile Giasson - Abonné 2 juillet 2020 09 h 28

    À Montréal...

    ... l'intelligence dans le diagnostique ne s'y traduit pas toujours dans le remède.
    Exemple: la distanciation sociale. La directrice de la la Santé publique de Montréal dit «2 mètres», la mairesse répond oui 2 mètres mais ça peut être moins, c'est pas facile pour ces bonnes gens qui habitent dans un cadre de vie où le choix politique est d'augmenter la densité. Alors on laisse aux forces de l'ordre la responsabilité d'appliquer la mesure au cas le cas.
    Exemple: on piétonise l'avenue du Mont-Royal pour mettre les piétons dans la rue. Au royaume du vélo cela peut s'avérer difficile d'autant plus que les chevaliers de la pédale ne descendent pas facilement de leur Shimano. Comme il faut ménager nos électeurs ombrageux, le pictogramme annonçant la mesure n'est pas un cercle rouge avec barre transversale sur un cycliste, mais un cercle vert avec un cycliste marchant à côté de son vélo. Sur Mont-Royal, comme si de rien n'était, 9 cyclistes sur 10 y roulent entre les piètons. Interpelés, ils affirment que rien ne les empêche de pratiquer leur transport actif.
    Exemple: le port du masque. Haro sur Québec et le dr Aruda. Et oui, le port du masque est non seulement indiqué comme en début de pandémie mais maintenant considéré essentiel. Depuis plus d'un mois, Québec est d'accord mais doit freiner sa décision car la Métropole ne sait pas comment faire. Le veut-elle? Le peut-elle? Réglementer sans contraindre ne fait qu'accroître les risques associés au laisser-faire. Fera-t-on comme à Toronto où le port du masque est obligatoire pour ceux qui le veulent bien, les sans masques ayant accès sans problèmes au réseau de transport publique.
    Et si chez-nous ce qui manquait pour vaincre la Covid-19 ne serait pas tant les décisions de Québec mais bien le manque du sens responsabilité civique du pouvoir politique municipal? Nombreux houspillent Trump mais se conduisent comme lui : «Le virus n'est pas dangereux pour moi. Comme tout virus, il va s'éteindre. Le masque: BOF»