Un projet immobilier verra le jour dans un parc de Varennes

Un projet immobilier de 127 unités résidentielles sera réalisé dans le parc municipal de Varennes.
Photo: Régent Boucher Un projet immobilier de 127 unités résidentielles sera réalisé dans le parc municipal de Varennes.

Des citoyens de la municipalité de Varennes, sur la Rive-Sud, ont beau s’opposer à la réalisation d’un projet immobilier de 127 unités résidentielles dans le parc Saint-Charles, l’administration du maire, Martin Damphousse, n’entend pas reculer.

Lors de l’assemblée du conseil municipal le 9 septembre dernier, le Comité pour la sauvegarde du parc Saint-Charles a bien tenté d’obtenir du maire que la Ville renonce à autoriser le projet immobilier, mais en vain.

Les élus ont toutefois entériné une résolution qui réduira la superficie construite et approuvé la protection perpétuelle de 2,4 millions de pi2 du parc Saint-Charles qui borde la rivière du même nom. Mais pour le comité citoyen, ce n’est pas suffisant.

Membre du comité citoyen, Laura Boudreau reconnaît qu’il est trop tard pour les deux premières phases du projet qui prévoient la construction d’une maison pour adultes autistes par la Fondation dirigée par Véro & Louis ainsi que la construction de deux immeubles de 32 logements chacun. Mais selon elle, la Ville pourrait renoncer à la vente d’un troisième terrain destiné à accueillir 63 maisons de ville. « L’acte [de l’entente] n’est toujours pas notarié », signale-t-elle.

Le problème pour le comité, c’est que le zonage dans cette section du parc a été modifié en 2015 sans protestation citoyenne. C’est pourquoi le projet immobilier de JMJ Immobilier a pu être autorisé. « C’est immoral. C’est illogique, mais il n’y a rien d’illégal », Laura Boudreau.

Les règles du PMAD

L’administration du maire Martin Damphousse n’a pas l’intention de faire marche arrière. Le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) adopté par les élus de la grande région de Montréal en 2011 stipule que les zones entourant les stationnements incitatifs doivent être densifiées selon les critères TOD (Transit-Oriented Development), soutient-il. C’est dans cette optique que Varennes a donné le feu vert à du développement autour du stationnement existant situé dans le parc.

« Un parc, c’est sensible », reconnaît Martin Damphousse. « Mais sur les 3,8 millions de pieds carrés du parc, la portion du développement prend 275 000 pieds carrés, donc, 6 % de la superficie totale du parc. »

Le maire ajoute que la Ville n’est pas en mesure de se retirer de l’entente signée avec le promoteur, car les conséquences financières pourraient être importantes. « Si on avait pu se retirer de l’entente avec le promoteur sans risques financiers, on l’aurait fait », soutient M. Damphousse. « Mais ce qu’on a négocié avec le promoteur, c’est une réduction de la densité de la 3e phase et une réduction de la superficie du projet qui est passé de 86 à 63 portes. »

La vigilance

Le comité citoyen n’entend pas baisser les bras et il continuera de récolter des signatures pour sa pétition. « Nos espaces verts, il faut les protéger », estime Laura Boudreau.

Elle reconnaît toutefois que cet événement démontre l’importance pour les citoyens d’être vigilants même dans une ville comme Varennes. « Ce n’est pas parce que nos taxes n’augmentent pas qu’il ne se passe rien. À force d’être confortable dans ses pantoufles, c’est facile de se faire endormir », dit-elle en évoquant le gel des taxes résidentielles dont ont bénéficié les résidents de Varennes depuis trois années.

Le salaire du maire Damphousse

Même si Varennes ne compte que 21 000 habitants, le maire, Martin Damphousse, touche un salaire de 191 673 $, soit davantage que la mairesse de Montréal, Valérie Plante (188 623 $), et le maire de Québec, Régis Labeaume (174 420 $), rapportait récemment Le Journal de Montréal.

En entrevue au Devoir, Martin Damphousse tient à préciser que le salaire qu’il touche comme maire de Varennes se limite à 82 833 $, auquel s’ajoute une allocation de dépenses non imposable de 16 595 $. Il reçoit cependant une rémunération de 35 000 $ comme membre du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et 22 339 $ à titre d’administrateur à l’Autorité régionale de transport (ARTM). Le maire de Varennes siège aussi au sein de divers organismes comme la MRC Marguerite-D’Youville ou la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent.

« Les gens sous-estiment très souvent le rôle qu’on a à jouer, au-delà d’être maire, dans l’aspect régional », indique Martin Damphousse tout en rappelant que ses fonctions à portée régionale pourraient lui être retirées à tout moment,

S’il gagne davantage que la mairesse de Montréal, c’est que l’administration Plante a adopté un règlement qui plafonne les salaires des élus montréalais, ajoute-t-il : « C’est leur choix, leur décision ».