Mont-Royal propose un développement urbain dans la trajectoire du REM

La Ville de Mont-Royal insiste pour que le tronçon du Réseau express métropolitain, qui verra passer quelque 550 trains par jour dans ce secteur, soit recouvert.
Photo: Réseau express métropolitain La Ville de Mont-Royal insiste pour que le tronçon du Réseau express métropolitain, qui verra passer quelque 550 trains par jour dans ce secteur, soit recouvert.

La Ville de Mont-Royal insiste pour que le tronçon du Réseau express métropolitain (REM), qui verra passer quelque 550 trains par jour dans ce secteur, soit recouvert. Elle avance même que cette opération pourrait se faire à coûts presque nuls si la Caisse de dépôt et placement du Québec vend les droits aériens pour favoriser le développement immobilier.

L’arrivée du REM fera passer de 55 à 550 le nombre de trains qui traverseront tous les jours ce secteur résidentiel et risque de nuire à la quiétude des citoyens, une perspective que le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, juge inacceptable.

Depuis des mois, l’administration de Mont-Royal tente de convaincre CDPQ Infra, la filiale de la Caisse responsable du REM, de revoir ses plans afin d’aménager les rails en tranchées et de les recouvrir afin de rendre possible la construction d’édifices commerciaux, de bureaux et d'unités résidentielles en surface.

La municipalité est même allée jusqu’à embaucher un architecte, Robert Thibodeau, pour imaginer l’aménagement des lieux. La section recouverte comporterait des immeubles à usage mixte jusqu’à sept étages dans la partie sud, une place publique au centre et un parc au nord, selon les plans rendus publics mercredi par la Ville.

Question de coûts

Le maire Philippe Roy rejette les coûts évoqués dans une étude commandée par CDPQ Infra qui évaluait à 240 millions le recouvrement du tronçon situé entre le tunnel Mont-Royal et l’autoroute 40. « On n’a pas besoin de creuser à une profondeur 15 mètres. Ça pourrait être de 4 à 6 mètres », soutient Philippe Roy.

Mais surtout, la création d’un quartier TODD (Transit-Oriented Development) permettrait de réaliser le recouvrement à des coûts « quasi nuls », car CDPQ pourrait vendre les droits aériens du site et permettre de nouvelles constructions en surface, affirme M. Roy. « La Caisse ferait aussi des économies, car elle n’aurait pas à construire de passages piétonniers ou un mur antibruit », souligne-t-il.

Le maire Roy croit aussi que les trois ans qui restent avant la mise en service du REM laissent le temps à CDPQ Infra de revoir ses plans. « C’est une occasion qu’il ne faut pas manquer », dit-il.

« Nous maintenons le dialogue avec la Ville, ses résidents et toutes les communautés desservies par le REM », a indiqué par courriel Harout Chitilian, directeur aux Affaires corporatives et développement pour CDPQ Infra, en promettant d’« assurer une intégration exemplaire du REM tant dans sa phase de construction que d’opération ».

La Ville de Mont-Royal n’a pas le pouvoir de bloquer le projet du REM, pour lequel elle est par ailleurs favorable, et pour l’instant, elle n’envisage pas le recours aux tribunaux.