Un médicament efficace chez les patients les plus durement touchés

Le tocilizumab est un médicament pouvant bénéficier aux malades les plus durement affectés par la COVID-19, comme cette patiente de l’hôpital Saint-Camille, à Bry-Sur-Marne, en France.
Photo: Anne-Christine Poujoulat Archives Agence France-Presse Le tocilizumab est un médicament pouvant bénéficier aux malades les plus durement affectés par la COVID-19, comme cette patiente de l’hôpital Saint-Camille, à Bry-Sur-Marne, en France.

La plus grande étude clinique menée jusqu’à présent sur le tocilizumab confirme l’efficacité de ce médicament utilisé pour soigner les patients les plus durement infectés par la COVID-19.

Le tocilizumab est un anticorps monoclonal qui bloque l’action des récepteurs de l’interleukine 6. Son effet « immunosuppresseur » vise à calmer les « tempêtes de cytokines » dont souffrent certains des plus grands malades du coronavirus. Dans la dernière année, des études à son sujet ont mené à des résultats contrastés. La plupart contenaient trop peu de participants pour pouvoir tirer une conclusion.

Or, voilà que le 1er mai étaient publiés dans la revue The Lancetles résultats de l’essai clinique RECOVERY. Des milliers de Britanniques hospitalisés en raison de la COVID-19 ont été recrutés dans le cadre de cet exercice. S’ils avaient un déficit d’oxygène dans le sang et une inflammation systémique, ils étaient admissibles à l’étude sur le tocilizumab. 2022 d’entre eux (choisis aléatoirement) ont reçu ce médicament anti-inflammatoire. 2094 autres ont reçu des soins réguliers. Dans les deux groupes, la majorité des participants se sont vus administrer des corticostéroïdes.

Après 28 jours, 35 % des patients ayant reçu les soins réguliers sont décédés. Dans le groupe du tocilizumab, 31 % avaient succombé à leur maladie. La différence, qui peut sembler marginale, est en réalité significative d’un point de vue statistique. Dans un commentaire accompagnant la publication, deux médecins de l’Université Harvard notent que ces nouveaux résultats offrent « la preuve la plus définitive jusqu’à présent » permettant d’affirmer que le tocilizumab mérite sa place dans la pharmacopée anti-COVID.

Plus tôt cette année, une autre étude d’ampleur considérable sur le tocilizumab avait été publiée en ligne, puis dans le New England Journal of Medicine. Cet essai clinique appelé le REMAP-CAP, qui comptait 803 participants, montrait également un bénéfice pour améliorer les chances de survie des malades. Toutefois, l’étude se limitait aux patients en état « critique », nécessitant par exemple un respirateur artificiel.

Au Québec, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) recommande l’utilisation du tocilizumab dans certaines circonstances contre la COVID-19. Son dernier avis, daté de la fin mars, était notamment fondé sur les résultats préliminaires des études RECOVERY et REMAP-CAP.



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