L’Inde aux prises avec un nouveau variant de la COVID-19

L’Inde est aux prises avec une deuxième vague de coronavirus qui emprunte une trajectoire exponentielle. Dimanche, plus de 270 000 nouveaux cas de COVID-19 ont été recensés dans le pays. En parallèle, un variant nommé B.1.617 se retrouve dans de plus en plus d’échantillons analysés dans les laboratoires indiens.

Une quinzaine de mutations caractérisent cette nouvelle version du SRAS-CoV-2. On le qualifie parfois de « double mutant », car il allie deux mutations à des positions importantes dans la séquence d’acides aminés des petits pics du coronavirus.

Comme le variant californien, il possède la mutation L452R, dont l’effet est encore mal compris. Et comme les variants sud-africain et brésilien, il possède une mutation à la 484e position de cette même séquence d’acides aminés. Contrairement à ses cousins d’outre-mer, il ne s’agit pas de la mutation E484K, mais bien de E484Q. Beaucoup de questions demeurent à son sujet, mais on sait en contrepartie que E484K (surnommée « Eek » par les scientifiques) est associée à un certain contournement des défenses immunitaires procurées par la vaccination.

« Personne ne connaît à ce stade la dangerosité du B.1.617, ni sa résistance ou non aux vaccins. Une étude est en cours au sein de trois laboratoires, on en saura davantage dans une huitaine de jours », a déclaré le généticien Rakesh Mishra, directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire (CCMB) basé à Hyderabad, cité ce lundi dans un article du journal Le Monde.

Dans l’État du Maharashtra, où se trouve Bombay, B.1.617 représente actuellement environ 55 % de la transmission du virus. Ailleurs au pays, la prévalence de variant varie de 2 % à 10 %. Du Royaume-Uni à l’Australie, en passant par les États-Unis et la Namibie, des laboratoires de tous les continents ont déjà repéré ce variant dans leurs échantillons.