Les compagnies pharmaceutiques prennent des précautions face au nouveau variant

<p>Une dame recevant le vaccin de Moderna à Le Cannet, dans le sud de la France, jeudi dernier.</p>

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Photo: Daniel Cole Archives Associated Press

Une dame recevant le vaccin de Moderna à Le Cannet, dans le sud de la France, jeudi dernier.

 

Le coronavirus a joué un joker dans sa partie contre les vaccins. De nouveaux variants, qui disposent de mutations génétiques les rendant plus transmissibles, circulent dorénavant dans plusieurs régions du monde. Il est théoriquement possible que ces souches émergentes échappent — en partie, du moins — à la protection procurée par les vaccins. Même si de premières études envoient un signal rassurant, les compagnies pharmaceutiques prennent des précautions pour prévenir toute mauvaise surprise.

Ce lundi, l’entreprise américaine Moderna a annoncé qu’elle travaillait à créer une dose de rappel spécifique au variant sud-africain (B1351) du coronavirus. Cette initiative, prise en vertu d’une « grande prudence » selon le p.-d.g., Stéphane Bancel, se met en branle immédiatement avec des essais cliniques de phase I aux États-Unis. L’architecture des vaccins à ARN messager — la technologie choisie par Pfizer et Moderna — facilite grandement la modification d’un vaccin pour l’adapter à un variant génétiquement différent. En gros, il suffit de changer le « code » du virus dans le vaccin.

Le variant sud-africain comporte 10 mutations dans le spicule du SRAS-CoV-2. Tous les vaccins majeurs ciblent cette protéine qui constitue la « clé » permettant au virus de pénétrer dans les cellules humaines. Selon Moderna, des expériences en laboratoire ont montré que des échantillons de liquide sanguin (sérum) prélevés chez des personnes vaccinées ont généré six fois moins d’anticorps neutralisants lorsqu’elles sont exposées au variant B1351. Le niveau mesuré d’anticorps demeure néanmoins au-dessus du niveau considéré comme suffisant pour protéger contre la maladie, note l’entreprise dans un communiqué de presse.

Quant au variant britannique, aucune réduction du niveau d’anticorps n’a été mesurée dans les échantillons de sérum exposés au virus. Notons que les anticorps ne sont qu’un indicateur partiel de la protection contre la COVID-19. Au fil des mois suivant une infection, leur abondance diminue naturellement, mais le système immunitaire développe en parallèle d’autres armes spécifiques au SRAS-CoV-2. Les vaccins génèrent le même type de bouclier à plusieurs facettes.