En savons-nous plus sur la transmission par les objets?

Six mois après l’explosion de l’épidémie dans nos contrées, comment la science a-t-elle évolué? Notamment, en sait-on davantage sur la survie du virus sur les surfaces? Le 23 mars, on vous rapportait dans cette infolettre que le SARS-CoV-2 survivait jusqu’à trois jours sur certaines surfaces, dont le métal et le plastique. On ajoutait que le virus s’y dégradait exponentiellement au fil des heures. Ces informations étaient issues d’une publication du New England Journal of Medecine.

Dans les derniers mois, plusieurs études ont rapporté des résultats similaires, selon l’Institut national de santé publique du Québec. Toutefois, peu de conclusions claires ont émergé quant au rôle des surfaces et des objets dans la transmission de la COVID-19.

«Malgré l’existence de preuves concordantes quant à la contamination des surfaces par le SRAS-CoV-2 et à la survie du virus sur certaines surfaces, il n’existe pas d’étude démontrant directement la transmission par les objets infectés», expliquait d’ailleurs l’Organisation mondiale de la santé sur son site Web en juillet. L’agence onusienne notait du même coup de clavier que les personnes exposées à des objets infectés sont souvent aussi en contact physique rapproché avec des malades, ce qui rend difficile la distinction entre les deux voies de transmission. Malgré tout, elle considère la transmission par les objets comme une avenue plausible de contamination.

Dans une récente publication scientifique, le professeur de microbiologie américain Emanuel Goldman estimait que les preuves actuelles ne justifiaient pas de grandes craintes à l’endroit des objets infectés. «Bien que la désinfection périodique des surfaces et l’utilisation de gants soient des précautions raisonnables, en particulier dans les hôpitaux, je pense que les objets qui n’ont pas été en contact avec un porteur infecté pendant de nombreuses heures ne présentent pas de risque mesurable de transmission dans les milieux non hospitaliers. Une perspective plus équilibrée est nécessaire pour limiter les excès qui deviennent contre-productifs», écrivait-il en juillet dans The Lancet Infectious Diseases.