Est-ce que les chats peuvent être des vecteurs de transmission?

Les données scientifiques actuellement disponibles n’indiquent toujours pas de risque de transmission directe du coronavirus du chat à l’humain.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les données scientifiques actuellement disponibles n’indiquent toujours pas de risque de transmission directe du coronavirus du chat à l’humain.
Depuis le début de la pandémie, plusieurs questions ont été soulevées sur la transmission de la COVID-19 dans le règne animal, d’où provient très probablement le virus qui avait déjà fait plus de 386 000 morts, en date de ce jeudi.

À la mi-avril, dans le Courrier du coronavirus, nous écrivions qu’il n’existait pas d’études scientifiques démontrant que les chats puissent être un vecteur de transmission de ce nouveau coronavirus à l’humain. Il existait alors, en outre, peu de cas démontrés d’infections à la COVID-19 chez nos félins de compagnie.

Malgré tout, l’Association britannique des vétérinaires (BVA) recommandait alors aux gens qui étaient en confinement ou qui présentaient des symptômes d’infection au coronavirus de garder leur chat «à l’intérieur». Une mesure qui doit être appliquée seulement «si le chat est heureux de demeurer à l’intérieur». «Il est important de ne pas paniquer à propos des animaux de compagnie. Il n’existe pas de preuves qu’ils puissent transmettre la maladie aux humains», précisait alors la présidente de la BVA, Daniella Dos Santos, dans une déclaration publiée sur le site du regroupement.

Les données scientifiques actuellement disponibles n’indiquent toujours pas de risque de transmission directe du coronavirus du chat à l’humain, par exemple son propriétaire, avec lequel il peut évidemment être fréquemment en contact. Mais une étude publiée à la mi-mai par des chercheurs de l’Université du Wisconsin et de l’Université de Tokyo démontrerait que les chats infectés par le virus peuvent le transmettre à d’autres chats, et ce, dans les jours suivant une infection.

Fait à souligner, dans le cadre de cette étude, les chats devenus des agents de transmission du virus à d’autres chats ne présentaient aucun signe apparent de contamination, par exemple une température corporelle plus élevée ou une perte de poids importante. 

Il est toutefois important de rappeler que jusqu’à présent, les travaux menés par les scientifiques ne permettent pas de conclure qu’il existe un risque de transmission de la COVID-19 du chat à l’humain. Selon les analyses pulbiées à la mi-mai, il est toutefois possible qu'un humain atteint de la COVID-19 puisse contaminer son chat, préviennent les chercheurs.

«Devant le besoin de freiner la pandémie de la maladie de coronavirus 2019 à travers différents mécanismes... une meilleure compréhension du rôle des chats dans la transmission du SRAS-CoV-2 aux humains est nécessaire», ont néanmoins écrit les chercheurs, dans une lettre au New England Journal of Medicine.

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